Monteurs de taureaux à Québec!

Certains des meilleurs monteurs de taureaux au monde - et des meilleurs taureaux! - démontreront leur savoir-faire au Centre Vidéotron, les 2 et 3 juin, lors d'une compétition majeure de bull riding.
Au lendemain de la Coupe du monde de ski de fond, les dirigeants de Gestev avaient troqué leur tuque pour un chapeau de cowboy, lundi, sur la glace de l'amphithéâtre. L'entreprise spécialisée en organisation d'événements a sorti l'artillerie lourde pour présenter son nouveau projet. Panneau indicateur abaissé, jeux de lumière, vidéo tonitruante, country-pop plein les haut-parleurs...
Son président, Patrice Drouin, était fier de dévoiler les grandes lignes de ce premier rendez-vous, qu'il voit comme une suite logique dans la diversification des activités de Gestev, connu pour son goût du sport extrême (Crashed Ice, big air, vélo de montagne).
Il a lui-même ressenti un coup de foudre en assistant à un tel spectacle au Madison Square Garden, il y a quelques semaines. «J'ai vécu une expérience extraordinaire. C'est ce qu'on veut faire vivre aux gens de Québec. C'est vraiment divertissant, c'est sans arrêt, dynamique», a dit l'homme d'affaires.
Partie prenante du circuit canadien Monster Energy, la compétition de Québec sera l'un des cinq tournois majeurs de la PBR (Professionnal Bull Riders), porte-étendard de ce sport en évolution. Les quatre autres sont présentées aux États-Unis. Les points récoltés à Québec seront comptabilisés pour la PBR World Finals, prévue en novembre, à Las Vegas.
Drouin compte «faire rayonner ce sport, cette culture, dans la ville de Québec». L'entente qui lie Gestev à PBR prévoit déjà le retour de la compétition pour les cinq prochaines années, en incluant 2017.
Ambiance de concert
Pour le président et chef de la direction de PBR, Sean Gleason, la monte de taureau est «le sport le plus excitant au monde emballé dans un environnement de concert rock». 
Environ 11 000 places seront disponibles pour chaque «représentation». Les deux hommes semblent confiants de voir le Centre Vidéotron rempli à pleine capacité chacun des soirs.
«On a déjà au Québec un grand succès dans le milieu country avec le Festival de Saint-Tite. Et il y a d'autres petits festivals très populaires qui germent un peu partout», a exemplifié Drouin.
«Selon le magazine Forbes, nous sommes le sport ayant la croissance la plus rapide aux États-Unis, a relevé Gleason. L'an dernier, nous avons battu 16 records d'assistance. Nous avons fait salle comble du Madison Square Garden [New York] à Anaheim, en passant par St. Louis et un peu partout aux États-Unis.» PBR est aussi implanté au Brésil, au Mexique et en Australie.
RDS détient les droits de télédiffusion des compétitions de PBR dans la province «pour l'instant», a souligné Drouin, dont l'entreprise appartient à Québecor.
Le prix par billet pour une représentation variera de 39$ à 177$. Plus de détails à gestev.com.
Comment ça fonctionne?
Le principe de la monte de taureau est assez simple. Trente-cinq monteurs se verront attribuer au hasard une bête chacun. L'athlète doit d'abord rester huit secondes en selle pour obtenir des points. La tenue de l'homme - son style, son contrôle, etc. - pendant ces quelques secondes étourdissantes vaut pour la moitié du score. L'autre moitié est attribuée pour la tenue... de la bête! Après une ronde le premier soir, une autre sera présentée le deuxième, avec des taureaux différents. Les 15 meilleurs monteurs du cumulatif participeront à la finale pour déterminer le gagnant. La bourse totale est de 100 000 $. Soixante-dix tonnes de sable et plus de 50 taureaux sont nécessaires au bon fonctionnement d'un tournoi Professionnal Bull Riders (PBR). Les bovins sont d'ailleurs traités avec soin, comme des athlètes, a assuré Sean Gleason, grand manitou de PBR.
Un Québécois aux premières loges
Dominic Roy
Il y a ceux qui montent les taureaux, mais il y a aussi ceux qui doivent les distraire lorsque les premiers tombent de leur monture. Un travail tout aussi casse-cou, celui du Québécois Dominic Roy. «Il faut être très téméraire. C'est très dangereux», a dit Roy, lundi, en montrant son bras enrubanné. «On est des gardes du corps. On est là pour les protéger au risque de notre propre vie. [...] S'il y a des coups à prendre et si ça tourne mal, c'est nous qui allons être dans le trouble», a ajouté l'homme de Saint-Paul, qui a grandi avec des chevaux, dans le milieu du country. Même si Roy parle d'une danse lorsque le cowboy enfourche sa monture, l'homme risque sa vie chaque fois, assure-t-il. «C'est tellement extrême. Mais en même temps, l'action, c'est tellement beau à voir...»