Alexis Lafrenière, considéré comme le meilleur espoir en vue du repêchage de la LNH, devrait être un rouage très important de l’attaque, après avoir été utilisé sporadiquement en Colombie-Britannique.
Alexis Lafrenière, considéré comme le meilleur espoir en vue du repêchage de la LNH, devrait être un rouage très important de l’attaque, après avoir été utilisé sporadiquement en Colombie-Britannique.

Mondial junior: le Canada voudra se racheter

MONTRÉAL — Le Canada a déçu devant son public au dernier Championnat du monde de hockey junior, mais il pourrait se faire pardonner en remportant la médaille d’or sur un continent où il n’a pas connu beaucoup de succès récemment.

Il y a moins d’un an, à Vancouver, les Canadiens ont été contraints de baisser la tête et d’accepter le sort que la Finlande leur a infligé : une sixième place difficile à digérer.

Les joueurs de l’unifolié devront amorcer le tournoi sur les chapeaux de roues, question d’effacer la déception toujours bien présente.

Comme à son habitude, le mondial de hockey junior se met en branle, jeudi, et le Canada se frottera d’emblée aux États-Unis et ensuite à la Russie, deux formations du Groupe B qui ont tous les éléments pour viser le sommet. 

«Ce sera une nouvelle expérience pour moi parce que les matchs décisifs pour le classement se déroulent habituellement en fin de ronde préliminaire, a mentionné l’entraîneur André Tourigny, qui en est à une quatrième présence comme adjoint. Il faut composer avec le calendrier qui s’offre à nous et nous devrons les affronter d’une façon ou d’une autre. Aussi bien le faire tout de suite.»

Lors des trois derniers tournois disputés en Europe, le Canada n’a pu faire mieux qu’une quatrième position, en 2013 et en 2014, et il a même terminé au sixième rang, en 2016. La mince consolation vient du fait qu’il a mis la main sur la médaille d’or en 2008, quand le tournoi a eu lieu pour la dernière fois en République tchèque.

L’équipe canadienne n’a pas régressé malgré les résultats mitigés de la dernière décennie, mais une chose est sûre, la différence de talent semble moins grande lorsque les 10 pays à se battre pour la suprématie du hockey junior doivent croiser le fer en Europe, où la patinoire est de dimensions olympiques.

«Je n’ai pas l’impression que c’est plus difficile pour les Canadiens de s’adapter à une grande patinoire, mais c’est plus naturel pour les Européens d’y jouer, a exprimé Tourigny. La ligne est mince maintenant et le niveau international est de plus en plus relevé. Il est maintenant difficile de dire quelle est la meilleure équipe sur papier.»

Grâce aux prêts de Barrett Hayton, qui agira comme capitaine, et Joseph Veleno, l’unifolié pourra compter sur cinq vétérans du tournoi de l’an dernier. Les défenseurs Jared McIsaac et Ty Smith ainsi que l’attaquant Alexis Lafrenière sont les autres joueurs à avoir déjà vécu cette expérience. Lafrenière, qui est considéré comme le meilleur espoir en vue du repêchage de la LNH, devrait être un rouage très important de l’attaque, après avoir été utilisé sporadiquement en Colombie-Britannique.

«J’espère pouvoir me servir de cette expérience pour aider l’équipe. Les vétérans doivent guider cette formation et, dans mon cas, je veux être un leader, a indiqué Lafrenière. Plus le tournoi va avancer, mieux notre rôle va être défini. L’important sera de travailler fort peu importe notre temps de jeu et de fournir le plus d’effort possible.»

Lafrenière est l’un des cinq représentants de la LHJMQ et un des quatre Québécois à faire partie de l’équipe canadienne, qui ne comptera aucun entraîneur du circuit Courteau derrière le banc. Tourigny, qui a dirigé longuement dans la LHJMQ, estime toutefois que ces joueurs n’ont pas volé leur place.

«Je suis fier de la LHJMQ et d’être Québécois. Ça n’a pas changé même si je suis dans la Ligue de l’Ontario, a déclaré Tourigny, entraîneur-chef des 67’s d’Ottawa. Les Québécois sélectionnés ont mérité leur place ici et je ne les ai pas défendus plus que d’autres. Ils font partie des meilleurs joueurs au Canada.»

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DIX JOEURS À SURVEILLER 

Alexis Lafrenière

Considéré comme le meilleur espoir en vue du prochain repêchage de la LNH. Alexis Lafrenière en sera à sa deuxième présence à ce tournoi, après avoir eu un rôle limité l’an dernier, à seulement 17 ans. L’ailier de l’Océanic de Rimouski devrait cette fois être un rouage important du Canada et il devrait recevoir plus de responsabilités de la part du personnel d’entraîneurs. Ses capacités offensives pourraient aider la formation canadienne à obtenir une 18e médaille d’or à ce tournoi et une première en Europe depuis 2008.

Alexander Romanov

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Alexander Romanov a fait écarquiller les yeux l’an dernier. Nommé meilleur défenseur du tournoi et au sein de l’équipe d’étoiles, le choix de deuxième ronde du Canadien de Montréal en 2018 cherchera à répéter ses exploits pour guider la Russie vers une première médaille d’or depuis 2011. Son expérience et son calme pourraient stabiliser la défensive russe.

Cole Caufield

Les partisans du Canadien auront également à l’œil le franc-tireur américain Cole Caufield, qui a été sélectionné en première ronde lors du dernier repêchage de la LNH. Caufield est un habitué des tournois internationaux et il a toujours rempli le filet à profusion lors de ceux-ci. L’ailier droit a marqué huit buts en six matchs au Défi mondial des moins de 17 ans et récemment, il a touché la cible 14 fois en sept parties au Championnat du monde des moins de 18 ans.

Lucas Raymond 

Lucas Raymond s’est toujours donné en spectacle pour la Suède lors de tournois internationaux. Rapide, agile et talentueux, le petit ailier a notamment fait parler de lui en avril, quand il a procuré la médaille d’or à la Suède au Championnat du monde des moins de 18 ans, complétant son tour du chapeau en prolongation. Raymond voudra sans aucun doute profiter de ce passage en République tchèque pour relancer sa saison et montrer qu’il est encore à prendre au sérieux pour le top 3.

Mattias Norlinder

Choix de troisième ronde du Canadien en 2019, Mattias Norlinder a en quelque sorte éclos cette saison avec MODO, en deuxième division en Suède. Norlinder a réussi à se tailler une place au sein d’une défensive suédoise talentueuse et expérimentée et il sera intéressant de voir s’il pourra ajouter son grain de sel en attaque. tournoi.

Quinton Byfield

Les yeux des recruteurs de la LNH seront rivés sur Alexis Lafrenière, mais l’attaquant canadien Quinton Byfield retiendra aussi l’attention. Considéré par plusieurs observateurs comme le deuxième meilleur espoir en vue du prochain repêchage, Byfield porte les couleurs de l’unifolié même s’il n’a que 17 ans. Il a le gabarit et le talent pour faire des étincelles à ce tournoi, alors voyons voir si l’entraîneur-chef Dale Hunter lui laissera toute la place pour s’exprimer en attaque malgré son jeune âge.

Rasmus Kupari

La Finlande a gagné trois médailles d’or au cours des six derniers tournois, dont l’année dernière, mais dans les deux premiers cas, l’équipe a éprouvé des difficultés l’année suivante. Aucun attaquant de la Finlande n’a d’expérience à cet événement sauf le joueur de centre Rasmus Kupari, qui y sera pour une troisième année. Capable d’exceller dans les deux sens de la patinoire, le choix de première ronde des Kings de Los Angeles en 2018 aura la lourde tâche d’être le pilier offensif de son pays, qui par chance se retrouve dans un groupe plus faible.

Spencer Knight

Au cours des dernières années, peu de gardiens de 18 ans ont été autant scrutés à la loupe que Spencer Knight le sera à ce tournoi. Sélectionné en première ronde du dernier repêchage de la LNH, Knight devrait être le gardien numéro un d’une équipe américaine qui a tous les éléments pour grimper sur le podium pour une cinquième fois consécutive. La pression sera forte, mais après avoir gagné la médaille d’argent l’an dernier, le gardien originaire du Connecticut tentera de mettre la main sur une première médaille d’or depuis sa conquête au Défi mondial des moins de 17 ans, en 2017.

Tim Stützle

Stützle, qui fêtera son 18e anniversaire de naissance le 15 janvier, ne cesse de grimper dans les classements en vue du prochain repêchage de la LNH et il connaît une très bonne saison dans la Ligue élite d’Allemagne. Capable de déjouer n’importe qui sur la patinoire, l’attaquant de six pieds un pouce et 185 livres devrait être un des joueurs les plus électrisants de l’Allemagne.

Yaroslav Askaro

À l’instar de l’Américain Spencer Knight, l’an dernier, le gardien russe Yaroslav Askarov a été sélectionné par son pays malgré ses 17 ans. Alors que plusieurs observateurs le voient devenir le premier gardien depuis Carey Price, en 2005, à être choisi dans le top 5 du repêchage de la LNH. La Presse canadienne