Christine Eckelmann (centre) et Karin Mollinger (à droite) encourageaient fièrement «leur» équipe, dimanche, au Pub Galway, sur l'Avenue Cartier.

Mondial 2014: l'Allemagne crie Prost!

Il était facile de repérer les Allemands au Pub Galway, dimanche, pour la finale de la Coupe du monde. Les Allemandes, devrions-nous dire. Car il n'y avait que Karin, Silvia et Christine qui pouvaient se targuer d'être natives de la nation victorieuse. Et elles se sont fait entendre!
«Los Deutschland! Los Deutschland! Los Deutschland!» Les Allemandes d'origine crient «go» à leur équipe, celle qui passera à l'histoire pour avoir lessivé le Brésil 7-1 en demi-finales.
La finale n'a pas été aussi facile pour l'équipe allemande, ni pour ses supporteurs qui étaient tous assis au bout de leur chaise au Pub Galway.
Dans le pub de l'avenue Cartier, Karin, Silvia et Christine sont visibles dès l'entrée, où s'agglutinent ceux qui sont arrivés trop tard pour avoir une place assise. Équipées de leurs drapeaux noir-rouge-jaune, elles poussent des cris d'encouragement même dans les temps morts, sans doute pour nourrir l'espoir de points gagnants. D'autres partisans de l'Allemagne sont bien visibles dans le pub surpeuplé, mais jamais aussi animés que notre trio de dames à l'avant.
Karin et Silvia ont invité Christine à se joindre à leur groupe d'amis quand cette dernière est apparue dans l'entrée. En visite à Québec pour quelques jours, Christine Eckelmann s'est fait conseiller par le chauffeur de son autocar touristique - dont la femme est aussi Allemande - d'aller faire un tour au Pub Galway. Elle ne l'a pas regretté. «Hier, je revenais avec ma fille de Tadoussac et je me suis dit : "Mince, il faut que je regarde ce match." Parce que ça n'arrive pas tous les jours», exprime la psychiatre qui a appris la langue de Molière en France.
Mme Eckelmann, qui n'est pas particulièrement fanatique de soccer, n'a pas manqué sa chance de voir «son» équipe sortir grande gagnante du Mondial. Ce qui n'était pas arrivé depuis 1990.
Fierté nationale
«Y'étaient dus!» lance Karin Mollinger, en exhibant son foulard sur lequel sont inscrits les trois années où l'Allemagne a remporté la Coupe du monde : 1954, 1974, 1990, et 2014, que Karin devra broder elle-même si elle veut rester au goût du jour.
La professeure d'allemand à l'Université Laval, établie à Québec depuis 22 ans, parle du match «le plus intense» du tournoi en jetant un oeil sur son iPhone, puisqu'elle échange des textos avec des membres de sa famille en Allemagne. «Très forts ces joueurs allemands. Prost!» écrivent-ils. Prost comme dans «à ta santé». Mais Karin et son amie Silvia n'ont pas besoin de commander une tournée pour célébrer.
Elles n'ont qu'à revoir le but gagnant de Mario Goetze, que la chaîne télé repasse quelques minutes après la fin du match, pour s'exclamer et se faire entendre de nouveau. Pendant ce temps, le bar se vide des fidèles de l'Argentine à la mine basse.
Silvia Mercier exprime sa compassion pour les partisans argentins qui lui faisaient dos pendant la partie. «On s'est donné des high five à la fin. C'était très juste et amical», précise celle qui porte fièrement le nom de son conjoint québécois.
«J'ai trouvé le match très, très difficile. C'est juste par la chance que l'Allemagne a gagné, si on veut. Les deux équipes étaient à égalité», estime la programmeuse-analyste.
Karin y va de son analyse sur la performance de l'attaquant Mario Goetze : «Ils l'ont gardé pour la fin, pour qu'il soit en forme.»
Les conjoints des deux amies se mettent de la partie pour décortiquer la finale, et affirment que «c'est la deuxième fois que le coach remporte une Coupe du monde après avoir effectué un changement sur le terrain».
On demande à Silvia, qui se qualifie de «grande fan de soccer», si les deux hommes sont aussi fervents qu'elle. «Les Québécois sont plus calmes. Nous, on est plus expressifs.» Nos oreilles le confirment.