Même s’il a inscrit le pire temps de la séance d’essais libres à laquelle il a participé vendredi, le Torontois Nicholas Latifi était heureux d’avoir eu la chance de piloter une F1 sur le circuit Gilles-Villeneuve.

Moment de bonheur pour Latifi sur le circuit Gilles-Villeneuve

MONTRÉAL — Le Torontois Nicholas Latifi était tout sourire après vécu sa première expérience au volant d’une Formule 1 lors d’une fin de semaine de course. Et même le fait d’avoir réalisé le pire chrono de la matinée au volant de la Force India, à presque quatre secondes du meneur Max Verstappen, n’a pas suffi à gâcher son moment de bonheur.

Confirmé pilote réserviste de l’écurie indienne en début d’année, Latifi a pris la place du Mexicain Sergio Perez pendant la première séance d’essais libres de 90 minutes, vendredi matin, sur le circuit Gilles-Villeneuve en prévision du Grand Prix du Canada.

«C’est vraiment une sensation spéciale», a reconnu le pilote de 22 ans. «À mon dernier tour, je pouvais voir les amateurs agiter le drapeau canadien pour moi.»

Il a complété 28 tours, son plus rapide en 1:17,145. Et comme plusieurs pilotes plus expérimentés que lui, il a fait une incursion hors piste, court-circuitant la chicane no 9.

Il avait déjà pris part à des essais sur le circuit espagnol de Catalunya le mois dernier en guise de préparation, mais cette nouvelle expérience lui a permis de goûter vraiment à l’ambiance du grand cirque de la F1. «Il était prévu qu’on m’offre l’occasion d’acquérir de l’expérience lors d’un Grand Prix officiel et cela était logique de le faire à Montréal où je suis né.»

Des étapes à franchir

Si son objectif ultime demeure d’obtenir un jour un volant permanent en F1, Latifi est conscient qu’il lui reste des étapes à franchir. «La chose la plus importante pour l’instant, c’est d’obtenir ma super-licence et pour cela je dois terminer au moins au cinquième rang du Championnat de F2 pour obtenir les points nécessaires. Mes expériences en F1 représentent un extra pour moi, mais je reste concentré sur ma saison en F2.»

D’ailleurs, immédiatement après le Grand Prix du Canada, il retournera en Europe pour poursuivre sa préparation en vue de la cinquième manche du Championnat de F2 au Castellet en France qui sera présentée du 22 au 24 juin.

Membre de l’équipe française DAMS en F2, il occupe le 10e rang du classement après huit courses, lui qui a été limité à un seul podium cette saison; une troisième place en Azerbaïdjan fin avril. Son coéquipier Alexandre Albon est troisième au championnat, avec notamment une victoire. Cette série aligne aussi plusieurs autres espoirs de la F1, dont les Britanniques Lando Norris (McLaren) et George Russell (Mercedes).

«J’attendais beaucoup plus de mon début de saison», a d’ailleurs reconnu Latifi. «Ma priorité d’ici la fin de la saison sera de bien faire en F2.»

Impossible de parler de l’avenir de Latifi en F1 sans évoquer le récent investissement de son père, Michael Latifi, propriétaire du groupe agroalimentaire Safina, dans le groupe McLaren pour plus de 350 millions $US.

«L’investissement de mon père n’a rien à voir avec ma carrière en course automobile. Il s’agit simplement d’une opportunité d’affaires pour lui. Quant à savoir si je vais accéder à la F1, ce sont mes performances en piste en F2 qui vont le déterminer. Et le plus tôt sera le mieux pour moi.»

Dans l’immédiat, il entend continuer à profiter de son week-end de course avec les membres de sa famille, dont plusieurs résident toujours à Montréal, et ses amis.