Pour que les camps reprennent vers la mi-juin et que la saison s'ébranle tôt en juillet, une entente doit être conclue au plus tard la semaine prochaine.
Pour que les camps reprennent vers la mi-juin et que la saison s'ébranle tôt en juillet, une entente doit être conclue au plus tard la semaine prochaine.

MLB: autre conflit entre les clubs et l'association des joueurs

NEW YORK - Les propriétaires des équipes des Ligues majeures de baseball et les joueurs ont retrouvé leurs vieilles habitudes, qui ont mené à huit conflits de travail au cours des dernières décennies.

Les joueurs ont proposé un calendrier de 114 matchs avec des salaires au pro rata lors de la relance des activités malgré la pandémie de coronavirus. Cela leur permettrait de toucher environ 70 % de leur plein salaire.

Cette offre a été déposée dimanche, cinq jours après que le Baseball majeur eut présenté un plan pour une saison de 82 matchs avec des salaires réduits selon différents paliers, ce qui signifierait que les joueurs toucheraient entre 23 et 47 % de leur salaire original, les plus hauts salariés subissant les réductions les plus importantes.

Le Baseball majeur soutient que 640 000 $ seront perdus par match additionnel au calendrier. Le syndicat doute de la crédibilité de ce chiffre et a demandé accès aux états financiers des équipes.

Lundi, le commissaire Rob Manfred a discuté avec les propriétaires de la stratégie à adopter.

Pour que les camps reprennent vers la mi-juin et que la saison s'ébranle tôt en juillet, une entente doit être conclue au plus tard la semaine prochaine.

Les joueurs et les équipes s'étaient entendus le 26 mars pour «disputer la saison 2020 la plus complète et les séries sous une formule économiquement viable» sous trois conditions:

- aucune restriction gouvernementale sur la présentation de matchs devant des partisans en saison régulière.

- aucune restriction pertinente au sujet des déplacements aux États-Unis et au Canada.

- Manfred doit déterminer après des consultations avec le syndicat et des experts médicaux qu'il n'y a pas de risque pour les joueurs, les employés ou les partisans de présenter des matchs devant des spectateurs dans les 30 stades, tout en permettant des discussions entre le Baseball majeur et le syndicat «de bonne foi concernant la viabilité économique de jouer des matchs à huis clos et/ou dans des stades neutres».

Les joueurs soutiennent que l'entente du 26 mars couvre les salaires et qu'ils n'ont pas l'obligation de discuter à nouveau de ce sujet. Le Baseball majeur dit que ce sujet doit être abordé si le plan est de jouer devant des gradins vides, ce qui est actuellement le cas.

Certains joueurs, dont le récipiendaire du trophée Cy-Young dans l'Américaine Blake Snell, a déclaré que ça ne vaut pas la peine de jouer pour moins d'argent. Certains dirigeants ont affirmé que les équipes devraient suggérer un calendrier très court, peut-être même de seulement 50 matchs.

La méfiance entre les parties est à son paroxysme depuis la grève qui a mené à l'annulation de la Série mondiale en 1994.

Salaires

Les salaires des joueurs ont stagné au cours des cinq dernières années alors que l'on estime que les revenus du circuit ont grimpé à un rythme annuel de 4 %, un signe que la convention collective acceptée en novembre 2016 a été plus avantageuse pour les équipes que pour les membres du syndicat.

En 2016, les salaires des joueurs ont atteint un total de 4,08 milliards $, selon les chiffres du bureau du commissaire. Ils sont passés à 4,24 milliards $ en 2017, à 4,23 milliards $ en 2018, à 4,22 milliards $ en 2019 et 4,21 milliards $ cette année, selon les chiffres en date du 28 mars.

La difficulté pour les joueurs vedettes à signer d'imposants contrats via le marché des joueurs autonomes à la suite des saisons 2017 et 2018 a enragé certains joueurs. Même si le marché a été plus normal au cours du dernier hiver, ce ne fut pas suffisant pour apaiser la colère de certains joueurs ou membres du syndicat.

Reconstruction

Les joueurs prétendent que certaines équipes ont volontairement visé les bas-fonds du classement tout en qualifiant le processus de «reconstruction». Ils croient que les équipes non compétitives ne sont pas bonnes pour l'ensemble du sport et que cette situation explique, en partie du moins, la baisse des assistances lors des quatre dernières années.

Manfred affirme que chaque équipe a droit à sa manière de fonctionner et de travailler pour bâtir un club gagnant. Il a pointé vers les titres des Royals de Kansas City en 2015 et des Astros de Houston en 2017 comme exemple d'équipes qui ont eu du succès après avoir sacrifié des vétérans pour reconstruire via le repêchage.

Le syndicat a déposé un grief en février 2018, accusant les Marlins de Miami, les Athletics d'Oakland, les Pirates de Pittsburgh et les Rays de Tampa Bay de ne pas utiliser l'argent obtenu par le partage des revenus de la bonne manière. Selon la convention, les équipes doivent utiliser cet argent «dans l'objectif d'améliorer ses performances sur le terrain».

Le Baseball majeur a défendu ses équipes, disant que l'argent n'avait pas à être utilisé uniquement sur sa masse salariale : des embauches d'espoirs et d'entraîneurs des ligues mineures sont deux exemples d'alternatives. Manfred a aussi noté que les Athletics ont atteint les séries en 2018 et les Rays, en 2019.

Ancienneté

Les joueurs ont accusé à maintes reprises les équipes de manipuler leur ancienneté pour retarder leur accès à l'autonomie ou l'arbitrage salarial.

L'arbitre Mark Irvings a refusé un grief de Kris Bryant contre les Cubs de Chicago, acceptant les explications du dirigeant Theo Epstein pour justifier le rappel tardif du joueur pendant la saison 2015. Irvings a affirmé qu'il n'y avait pas de preuve de «mauvaise volonté».