Le défenseur Mikaël Tam était sur la glace avec les Remparts de Québec jeudi.
Le défenseur Mikaël Tam était sur la glace avec les Remparts de Québec jeudi.

Mikael Tam revient chez les Remparts

Ian Bussières
Ian Bussières
Le Soleil
Il était parti afin d’entamer sa carrière professionnelle en 2012, le voici de retour près de huit ans plus tard. Le défenseur Mikaël Tam était sur la glace avec les Remparts de Québec jeudi. Celui qui évoluait en Chine avec le HC Kunlun Red Star de la Kontinental Hockey League (KHL) se joint au personnel d’entraîneurs de son alma mater pour la saison.

Tam ne sera pas derrière le banc durant les matchs et travaillera plutôt au niveau de l’analyse vidéo en plus d’avoir un rôle d’observateur durant les matchs pour apporter des petits ajustements d’une période à l’autre.

«Je n’avais pas de contrat pour l’an prochain et c’était un peu compliqué en Chine avec la COVID-19 pour les joueurs étrangers comme moi. Ils ont fait un camp d’entraînement avec quelques joueurs russes», expliquait l’ancien capitaine des Diables rouges jeudi matin après l’entraînement quotidien.

Tam est un bon ami de Frédérick Roy, avec qui il a passé cinq saisons à Québec et qui est bien sûr le fils de l’entraîneur et directeur général Patrick Roy. C’est donc de ce côté qu’il s’est informé pour trouver du boulot dans le domaine du hockey cette année.

Comme Roy souhaitait renouer avec son ancien élève, l’organisation a vérifié s’il était possible d’amener le Québécois aux origines chinoises dans le giron de l’équipe. «Ce n’est pas évident. Par exemple (le défenseur des Sharks de San Jose) Marc-Édouard Vlasic voudrait bien s’entraîner avec nous, mais la ligue refuse», explique Roy, qui a cependant vu la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) accepter l’embauche de Tam.

«Mik est un passionné. Je n’ai pas été surpris de sa demande. Justement, je faisais souvent des blagues avec Frédérick en disant que c’était certain que Mik allait «coacher» dans le junior un jour!», poursuit Roy.

Après-carrière

Tam voit d’ailleurs cette nouvelle expérience comme une occasion de préparer son après-carrière. «Ça fait déjà une couple d’années que j’en parle que j’aimerais ça aller vers cette avenue. J’essaierai d’apporter aux jeunes ce que j’ai appris dans le hockey junior et le hockey pro.»

«Quand il jouait avec les Remparts, Mikaël jouait avec beaucoup d’intensité. Il comprend cet aspect-là du jeu et à chaque pratique, il était comme en mission et c’est ça que je veux qu’il amène ici», reprend Roy.

À son premier entraînement, Tam a donné quelques conseils aux jeunes défenseurs des Diables rouges, notamment sur la façon de placer leur bâton, d’attaquer les joueurs adverses.

«J’essaie de transmettre ce que j’ai appris des différents entraîneurs que j’ai eus, notamment Curt Fraser qui dirigeait le HC Kunlun Red Star au cours des dernières saisons et qui a dirigé dans la LNH, ainsi qu’Alexei Kovalev, qui était son adjoint et a pris sa place cette année. Alex était un très bon attaquant dans la LNH, mais comme entraîneur, il apporte aussi de très bons points pour les défenseurs», poursuit-il.

Rêve olympique

Malgré tout, l’athlète de 29 ans n’est pas encore prêt à mettre une croix sur sa carrière de hockeyeur. «Je regarde encore vers Kunlun ou alors en Europe. J’ai vécu une expérience superbe en Chine au cours des trois dernières saisons. Bien sûr, on voyageait beaucoup (pour affronter les équipes essentiellement basées en Russie), mais c’était vraiment agréable d’habiter Beijing, une ville très multiculturelle, et de goûter au calibre de jeu de la KHL.»

Tam aimerait aussi porter l’uniforme chinois lors des Jeux olympiques d’hiver de Pékin en 2022, un rêve que ses trois saisons dans l’Empire du Milieu et les origines chinoises de son père, le restaurateur Tomas Tam, pourraient lui permettre de réaliser.

«C’est encore une possibilité qui est sur la table, mais je n’ai pas encore mon passeport chinois. C’est assez compliqué de l’avoir et nous sommes une quinzaine de joueurs de hockey nord-américains d’origine chinoise à espérer s’en procurer un pour participer aux Jeux», conclut-il.