L'entraîneur-chef des Chevaliers de Lévis, Éric Bélanger n’est pas un grand amateur de la «nouvelle formule» sans mise en échec. «Ce n’est pas compliqué, on fait du hockey d’été!»
L'entraîneur-chef des Chevaliers de Lévis, Éric Bélanger n’est pas un grand amateur de la «nouvelle formule» sans mise en échec. «Ce n’est pas compliqué, on fait du hockey d’été!»

Midget AAA: Bélanger et Parent ont hâte de faire du «vrai» hockey

Ian Bussières
Ian Bussières
Le Soleil
Les entraîneurs de la Ligue de hockey Midget AAA du Québec se plient de bonne grâce aux nouvelles règles particulières pour leur calendrier hors-concours en raison de la pandémie de COVID-19, mais Frédéric Parent du Blizzard du Séminaire Saint-François et Éric Bélanger des Chevaliers de Lévis avouent qu’ils ont hâte de faire du «vrai» hockey.

Les règles de la cinquième phase de reprise des activités au hockey Midget AAA limitent les parties à trois périodes de dix minutes avec seulement dix joueurs de chaque côté, les mises en échec sont interdites et un protocole sanitaire serré entoure les parties. Les jeunes joueurs ne portent pas le masque sur la glace, mais doivent le faire dans le vestiaire.

«C’est sûr que c’est différent. Au début, on avait certaines appréhensions. C’est surtout l’absence de mise en échec qui est «plate»», avoue Parent, qui trouve plus difficile d’évaluer le côté défensif du jeu de ses protégés sans cet aspect important. «Je plains les arbitres... Les gars s’ajustent, mais ce n’est pas évident quand tu as un paquet de gars de 16 ans qui veulent faire leur place.»

«C’est moins évident sur les jeux serrés dans les coins. De notre côté, c’est plus difficile de pratiquer à un contre un, l’approche porteur, etc. Malgré tout, je ne pense pas que les joueurs perdent leur temps. On fait beaucoup d’exercices d’exécution et de vitesse : sorties de zone, entrées de zone, avantage numérique. Bref, on se concentre plus sur l’offensive», reprend l’entraîneur-chef du Blizzard, qui dit préparer ses protégés pour une saison régulière avec les règles normales.

Du hockey d’été

Éric Bélanger n’est pas non plus un grand amateur de la «nouvelle formule» sans mise en échec. «Ce n’est pas compliqué, on fait du hockey d’été! Tout le monde a hâte de jouer une vraie «game» de hockey et d’arrêter de se casser la tête avec la COVID», lance l’ancien centre de la LNH avec son franc-parler habituel. 

«C’est plus difficile d’évaluer les joueurs dans ces circonstances, car pour certains, c’est quand ça frappe qu’ils se démarquent. Il y en a qui m’ont carrément demandé quand on allait pouvoir frapper», poursuit celui qui a beaucoup de postes de défenseurs à combler et plusieurs jeunes de 15 ans qui tentent de mériter une place.

Frédéric Parent, dont seulement six joueurs de l’an dernier sont de retour cette année, avoue cependant qu’il trouve du bon à la formule à cinq contre cinq avec deux groupes de dix joueurs. «Au point de vue de la sélection, j’aime ça, car tu revois les gars souvent. Et de cette façon, il faut que les gars soient en forme. C’est difficile de te cacher quand tu reviens aux deux tours!» indique-t-il, un point de vue partagé par Bélanger. «Au moins, on voit vite ceux qui ne sont pas en «shape»», commente le pilote des Chevaliers.

Défis logistiques

Bélanger ajoute aussi que la logistique est mise à rude épreuve avec le report des camps d’entraînement des équipes de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). «Les équipes junior auront du 30 août au 6 septembre pour évaluer leurs joueurs et moi, rendu-là, je serai à cinq jours de mon début de saison et j’ai neuf joueurs qui participent à des camps junior», explique-t-il.

Bref, le Chevalier en chef devra conserver des joueurs avec l’équipe au cas où certains de ses protégés demeureraient au niveau junior, quitte à devoir les retrancher par la suite. «Croyez-moi, les entraîneurs n’ont pas plus de «fun» là-dedans», commente-t-il au sujet de ces coupures qui surviendraient quand les études des jeunes joueurs auront repris.

«C’est plate parce que l’école sera commencée, mais les gars et leurs parents sont avisés. Par exemple, mes joueurs de la Beauce commenceront l’année scolaire à Lévis en ne sachant pas s’ils demeureront avec l’équipe», illustre-t-il, ajoutant que la pilule serait plus facile à avaler s’il avait la garantie que la saison commencera bien le 11 septembre. «On n’a pas de garantie que ça parte ou qu’on passe à la phase 6 et c’est «fatigant» un peu.»

En attendant, les jeunes joueurs continuent d’arriver à l’aréna 45 minutes avant le match et de partir 15 minutes après et suivent toutes les nouvelles règles sanitaires qui leur sont imposées en lien avec la pratique de leur sport. «Je pense que la direction de la santé publique veut voir comment ça va se passer avec le retour en classe avant de s’avancer. De notre côté, il n’y a pas eu un seul cas (de COVID-19) dans les camps d’entraînement Midget AAA, alors on se croise les doigts!» conclut-il.