Pour la septième fois de sa carrière avec le Royal Sélect de Beauport, Michel Mana Nga prendra part au Championnat canadien de soccer senior, un événement présenté cette année à Saskatoon.

Michel Mana Nga: laisser la place aux jeunes

Ça fait plus d’une quinzaine d’années que Michel Mana Nga vit sa passion pour le ballon rond sur les terrains de soccer québécois. Et malgré ses 43 ans, il est loin de penser à la retraite. S’il n’en tient qu’à lui, il jouera tant et aussi longtemps qu’il pourra courir. Encore en excellente forme et dominant sur le terrain, il a cependant décidé, cette saison, de laisser plus de place à ses jeunes coéquipiers.

«À mon âge, je pense que je fais maintenant plus partie du passé», indique le porte-couleurs du Royal Sélect de Beauport. «On a de bons jeunes au sein de l’équipe, il fallait qu’ils jouent et qu’ils prennent de l’expérience. Et j’étais heureux de les accompagner là dedans. J’ai donc dit à Sam [Samir Ghrib] que je serais à tous les entraînements et à tous les matchs, mais que je jouerais uniquement quand il aurait besoin de moi. J’ai dépanné quand il manquait des gars.»

Mana Nga ne cache pas qu’il avait beaucoup moins de stress dans son nouveau rôle. Du même souffle, il ajoute que même s’il joue maintenant un peu plus dans l’optique de s’amuser, il demeure aussi compétitif. Pas question de lever le pied de l’accélérateur quand il est dans le feu de l’action ou pendant les entraînements.

«Être compétitif, c’est difficile de sortir ça de soi. Si on posait la question aux gars, ils diraient même que je suis plus compétitif qu’eux parce que je demeure probablement l’un des gars du club les plus exigeants envers lui-même. Je prends part tous les entraînements avec les gars et je joue avec eux. Je me donne toujours autant.

«Mais malgré mon âge, je ne me sens pas déphasé par rapport à mes coéquipiers. Il y a beaucoup de gars que je connais depuis quelques années, dont certains que j’ai côtoyés à l’extérieur du terrain. Je ne me sens donc pas hors sujet à l’exception des goûts musicaux (rires).»

Avec le Rouge et Or

Natif du Cameroun, Mana Nga, qui jouait au soccer en France, a amorcé sa carrière québécoise en soccer avec le Rouge et Or en 2001. Après un court séjour en France, il a de nouveau enfilé l’uniforme lavallois en 2003 et il a adopté le Québec. 

«Probablement un des meilleurs moves que j’ai fait dans ma vie», explique l’athlète qui en plus de travailler en administration dans la fonction publique (CNESST) œuvre comme directeur technique adjoint à l’Association de soccer de Beauport et comme entraîneur adjoint à Samir Ghrib avec le Royal Sélect. «Le Québec m’a super bien accueilli. Et aujourd’hui, je m’y sens chez moi. Je n’ai pas l’impression de vivre dans un pays où on me juge ou de ne pas faire partie du décor. Je me sens respecté. Les gens me connaissent. C’est valorisant et agréable.»

Le vétéran joueur raconte qu’à sa première année avec le Rouge et Or, l’équipe avait connu une saison difficile. À son retour en 2003, même si les Carabins étaient dominants, les choses avaient été différentes. «À mes deux dernières années, on a fait les canadiens. Nous sommes allés à l’Île-du-Prince-Édouard nous avons bien figuré même si nous avons perdu nos deux matchs. Puis, l’année suivante en Alberta, nous nous sommes rendus en demi-finale où nous avons perdu contre l’Alberta, qui est par la suite devenue championne.»

En plus de jouer dans les rangs universitaires, Mana Nga s’est aussi signalé dans le réseau civil. Il a d’abord joué à Sainte-Foy puis à Beauport où il a aidé le Royal Sélect à faire sa marque sur les scènes provinciale et nationale.

«Je suis fier de ma carrière. Les années que j’ai passées au Québec sont probablement celles que j’ai le plus appréciées. J’ai eu l’impression d’apporter un petit quelque chose de différent au Rouge et Or, au club de Beauport et à la ville même si je n’ai fait que ce que je pouvais faire en montrant une certaine exigence envers moi-même au niveau de la rigueur et du sérieux. Mais elle est devenue contagieuse. 

«Ce fut aussi 15 bonnes années qui m’ont permis de faire plein de belles rencontres et de côtoyer des gens intéressants au niveau du soccer qui m’ont permis d’avoir mes premières vraies jobs ici comme coach.»

Interrogé sur son éternelle jeunesse, le Camerounais a expliqué que dès que sa saison se terminait en octobre, il mettait le soccer de côté. Il continuait à s’occuper des jeunes, mais il ne tapait jamais sur un ballon, et ce, jusqu’en mars. Il préférait s’entraîner en gymnase et faire de la course à pied. «J’ai besoin d’un break. S’il fallait que je joue au soccer en hiver, je crois que j’en ferais une overdose.»

C’est en fin de semaine, à Saskatoon que prendra fin la saison de Mana Nga. Pour la septième fois, il prendra part au Championnat canadien senior avec le Royal Sélect. «Pour moi, c’est toujours aussi excitant. Quand j’entends l’hymne national lors du premier match, j’ai toujours des papillons dans l’estomac.»

Mana Nga est conscient que sa grande expérience pourra assurément aider ses coéquipiers les plus jeunes en Saskatchewan. «Je trouve que c’est important d’être bien encadré. Je l’ai été quand j’ai commencé à jouer et pour moi c’est super agréable de le faire. J’ai vraiment l’impression de les aider.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q  Fait marquant?

R  Ma première participation au Championnat canadien senior avec l’équipe de Beauport. C’était à Saskatoon. C’était la première présence au national de la formation de Beauport, mais aussi la première d’une équipe de Québec. On avait perdu 1 à 0 en finale. Et la finale canadienne de 2012. On a gagné après avoir joué à 10 contre 11 pendant 85 minutes. Même si j’avais eu toutes sortes de prix individuels, je n’avais jamais gagné quelque chose au niveau collectif. C’était génial.

Q  Pire moment vécu?

R  Les défaites que l’on a eues en finale provinciale contre les Carabins de l’Université de contre Montréal à mes premières années avec le Rouge et Or. 

Q  Idoles de jeunesse?

R  J’aimais bien des défenseurs centraux qui étaient calmes comme Laurent Blanc. 

Q  Personnalité marquante?

R  Mon père, malgré le fait que je n’ai pas vraiment vécu au Cameroun. C’était quelqu’un avec une aura, on va dire ça comme ça. Quand il disait quelque chose, tout le monde écoutait. C’était génial.

Q  Tu t’ennuies du Cameroun?

R  Toute ma famille sans exception est au Cameroun. Je m’ennuie, mais je n’ai aucun problème avec ça parce que j’y vais trois fois par année.