Si Mélissa Baillargeon (à droite) se permet de rêver à une participation aux Jeux olympiques d’ici quelques années, Roxanne Larose-Carignan semble aussi promise à un bel avenir, elle qui, à 15 ans, est déjà quatre fois médaillée d’or aux Championnats mondiaux de la World Karate Federation.

Mélissa Baillargeon, l'athlète rêvée

Elle est le rêve d’un entraîneur. Acharnée, déterminée, organisée, humble, généreuse. Et si elle réalise son propre rêve, elle pourrait devenir l’idole de toute une génération de karatékas.

Pour l’entraîneur Michel Drouin, Mélissa Baillargeon représente à merveille la vraie mentalité des arts martiaux. Parmi ses nombreuses qualités, il s’attarde au cœur à l’ouvrage de sa protégée. «Des fois, je pars le soir, elle est encore en train de s’entraîner. J’arrive le lendemain matin, elle est là. Elle revient l’après-midi. Elle est toujours en kimono! J’ai eu beaucoup de champions dans mon école. Mais elle est dans une catégorie à part», dit Drouin de l’athlète de 20 ans.

Le Soleil a rencontré Baillargeon dans le vieux gymnase du PEPS, vendredi midi, quelques heures avant le début du 38e Québec Open de karaté, qui se terminera samedi après avoir vu passer quelque 2000 athlètes.

En ce moment, elle consacre sa vie au karaté. Et espère en vivre longtemps. «J’aimerais en faire mon métier, c’est vraiment une passion. J’aime beaucoup l’enseignement», souligne Baillargeon, d’une voix qui trahit son naturel réservé. Quelques minutes plus tôt, elle donnait un cours privé.

Objectifs progressifs

Déjà habituée des médailles d’or sur plusieurs circuits — elle a obtenu 111 premières places en 147 occasions en 2017, selon son curriculum vitae sportif —, la spécialiste en kata se bâtit tranquillement une réputation au sein de la World Karate Federation (WKF).

Rien d’anodin. Ce circuit chapeautera les compétitions de karaté présentées à partir de 2020… aux Jeux olympiques. Car oui, le karaté dans sa version traditionnelle fera son entrée aux JO de Tokyo. Et Baillargeon a des visées pour Paris, en 2024.

«C’est un rêve, mais je ne fixe pas mes objectifs là-dessus. J’aime mieux avoir des objectifs un peu plus bas, continuer à avancer et rester motivée que “tout de suite les Olympiques”», explique la native de Neufchâtel.

Elle reste loin du but ultime, d’ailleurs. À Tokyo, seules les 10 meilleures au monde en kata seront en action. Mais si elle poursuit sa progression, tout est possible dans six ans. «Elle est tellement capable. Elle travaille en tabarouette», lance l’organisateur du Québec Open, David Bossinotte, dans un soupir admiratif.

Une présence olympique la transformerait en idole, statut déjà acquis au Studios Unis de Duberger, où elle s’entraîne et enseigne. «Tout le monde s’accroche à elle dans l’école en ce moment», affirme Drouin, propriétaire de l’endroit. «Même mes adultes le disent : elle est un exemple, elle est toujours de bonne humeur. Tout le monde en parle.»

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UNE JEUNE BATTANTE

Son entraîneur David Bossinotte la décrit comme une battante. Elle n’a que 15 ans, mais Roxanne Larose--Carignan gagne un tas de compétitions, enseigne son sport favori et peut se targuer d’avoir déjà mis K.-O. une sévère commotion cérébrale.

En novembre 2016, à Montréal, elle reçoit trois coups à la tête dans le même combat. Elle mène tout de même le duel, poussé en prolongation, lorsque son état de santé la force à abandonner. Elle sera 15 semaines sur le carreau. Une éternité. «C’était difficile pour moi, parce que j’aime mon sport. M’entraîner, c’est ce qui me fait continuer. Faire des compétitions, c’est ce qui me motive.»

Une fois de retour sur le tatami, elle aurait pu être craintive. Que nenni! «Je n’avais pas peur, parce que je savais que j’étais capable de passer par-dessus ça. J’étais tellement contente de revenir que je n’y ai même pas pensé», raconte l’étudiante à l’école secondaire Saint-Jean-Eudes, quatre fois médaillée d’or aux Championnats mondiaux WKC.