Une année après que Michael Mauti (à droite) se soit retrouvé sur la liste des blessés pour se faire retirer le gros intestin, le joueur de 27 ans est devenu une figure triomphale pour ceux qui ont une colite ulcéreuse ou similaire maladie inflammatoire du tube digestif qui rendent le quotidien inconfortable, pas seulement les joueurs professionnels de football.

Mauti a repris son poste... sans son gros intestin

Le secondeur des Saints de La Nouvelle-Orléans Michael Mauti est devenu à ce point craintif de la nourriture dans les dernières années que même la seule pensée des soupers des Fêtes lui donnait de l’anxiété.

Ne voulant pas raccourcir sa carrière dans la NFL qui a commencé en 2013, Mauti a essayé de gérer — avec de la médication et des ajustements à sa diète — la colite ulcéreuse qui détruisait une partie de son tube digestif. Mais la douleur atroce et l’angoisse mentale qu’il en est venu à associer à manger a rendu difficile le maintien d’un physique de joueur professionnel de football, et son poids est descendu à 190 livres, plus de 40 livres plus léger que sa cible.

«L’an dernier, je ne voulais plus manger», a dit Mauti cette semaine, alors que les Saints se préparaient à affronter leurs rivaux les Falcons d’Atlanta dans une confrontation de la veille
de Noël où les enjeux étaient élevés. «C’était tellement douloureux.»

Une année après que Mauti soit allé sur la liste des blessés pour se faire retirer le gros intestin, le joueur de 27 ans est devenu une figure triomphale pour ceux qui ont une colite ulcéreuse ou similaire maladie inflammatoire du tube digestif qui rendent le quotidien inconfortable — pas seulement les joueurs professionnels de football.

Non seulement Mauti a su mener à bien sa réhabilitation afin de pouvoir performer dans la NFL, mais il a aussi surpassé la honte qui peut dissuader quelqu’un de parler librement du fait de devoir aller aux toilettes plus de 20 fois par jour, ou de sa peur fréquente de salir son uniforme sur le terrain durant un match, ou de ce que c’était de s’entraîner en portant un sac de colostomie.

«C’est personnel, mais regardes, du moment où tu passes au travers ce que j’ai vécu, je peux mettre ma fierté de côté di je sais que ça aide des gens», raconte Mauti, qui se rappelle aussi du malaise d’avoir à quitter abruptement des réunions au quartier général des Saints pour courir aux toilettes. «La réponse que j’ai eue est accablante, des gens qui se sont vidé le cœur, disant à quel point ça les avait aidés ou juste inspirés.

Prolongation de contrat

Alors que Mauti n’a pu revenir dans l’alignement de La Nouvelle-Orléans pour la semaine d’ouverture à la fin du camp d’entraînement, il a continué à s’entraîner et a signé une prolongation de contrat le 17 octobre. Il est un régulier sur les unités spéciales — où il a fait sa marque avec un botté bloqué contre Atlanta il y a deux saisons — et a de plus en plus fait des rotations en défense.

«C’est tout simplement remarquable qu’il soit de retour sur le terrain», s’exclame son père Rich Mauti, un ancien receveur des Saints. «Comme parent, je suis même pris de court.»

Il semblait aussi impressionné par la candeur de son fils au sujet de son problème digestif.

«C’est difficile de parler de ce genre de chose. Pour lui, sortir comme ça a été très, très difficile», confie Rich Mauti. «Il y a beaucoup de gens dehors qui l’ont et on ne le saura jamais. Il y a beaucoup de gens qui souffrent de ça, donc il va avoir un grand impact.»

Michael Mauti a découvert sa condition, qui est souvent héréditaire, lorsqu’il jouait à Penn State. Mais la contrôler avec de la médication est devenu de plus en plus complexe parce qu’une colite ulcéreuse tend à être exacerbée par le stress.

«La NFL n’est pas l’endroit le plus calme et relaxant», dit Rich Mauti, qui a joué six saisons avec La Nouvelle-Orléans (1977-83) et une avec les Redskins de Washington (1984). «Le facteur de stress peut dépasser la norme.»

Alors qu’il jouait encore la saison dernière, il avait besoin de fluides par voie intraveineuse tous les jours de pratique ou de match pour minimiser le besoin de manger et boire. Il pouvait passer des heures à l’hôpital les lundis et mardis, souvent dans des salles bondées de personnes atteintes de cancer, à recevoir de la médication intraveineuse dans l’espoir de minimiser les attaques de son système immunitaire sur son colon.

Finalement, il a reçu une colostomie, quand il a appris qu’il ne pouvait plus se passer d’une chirurgie, le forçant à envisager une possible fin à sa carrière dans la NFL. Il pensait déjà à un plan de secours, en suivant des cours d’agent immobilier au moment où il commençait à réhabiliter son corps avec l’espoir de recommencer à jouer.

Mauti a subi trois opérations — la plus récente en avril — pour, premièrement, retirer son gros intestin et ultimement remodeler et rattacher son intestin grêle pour lui donner un semblant de tube digestif. Pour avoir une chance d’être réinvité au camp d’entraînement, il a commencé à s’entraîner avant que ses trois opérations ne soient complétées, ce qui signifie s’entraîner avec un sac de colostomie

Il envoyait des vidéos de son entraînement à l’entraîneur des Saints Sean Payton, qui était pressé de donner à Mauti une chance au camp d’entraînement, mais ne pouvait pas justifier le fait de le garder dans l’alignement quand la saison régulière a commencé.

Oublier le bol de gumbo

Sans son gros intestin, Mauti a tout de même des mouvements intestinaux plus fréquents et parfois plus douloureux que les personnes qui ont un système digestif pleinement fonctionnel. Pour réduire les complications, il évite les aliments acides comme les tomates. Il dit traiter son système digestif comme chez un enfant en bas âge en évitant trop d’ingrédients en même temps.

Le poulet et le saumon cuits sont permis. Mais un séduisant bol de gumbo? Oubliez ça.

«La plupart des gens au pays peuvent ne pas réaliser combien c’est difficile à faire à La Nouvelle-Orléans», plaisante Rich Mauti.

Par essai et erreur, le joueur de 6 pieds 2 a adopté une diète qui l’a aidé à garder son poids autour de 235 livres toute la saison, lui donnant espoir qu’il pourrait prolonger sa carrière dans la NFL. Également, il dort mieux et il peut passer à travers les rencontres et les parties sans avoir à s’inquiéter des douleurs abdominales ou d’urgence toilettes.

«Je me sens mieux que ce que je ne m’étais jamais senti dans ma carrière», affirme Mauti.

«Ç’a été un parcours incroyable», dit Mauti. «Quand ce sera terminé, nous allons nous asseoir et réfléchir, et ce sera certainement émotif.»