L'Américaine Bethanie Mattek-Sands a abandonné au deuxième tour après avoir été victime d'une grave blessure au genou droit. La joueuse a dû être transportée en civière à l'extérieur du terrain.

Mattek-Sands se blesse gravement au genou à Wimbledon

Les hurlements de Bethanie Mattek-Sands, blessée au genou droit, ont relégué au second plan les prestations des ténors Novak Djokovic et Roger Federer, jeudi au tournoi de Wimbledon.
«S'il vous plaît, aidez-moi! S'il vous plaît, s'il vous plaît...» L'Américaine de 32 ans, que l'on a régulièrement vu au tournoi de Québec où elle a été finaliste en simples en 2008 et 2010 et finaliste en double en 2010, a hurlé de douleur, allongée au milieu du court, lorsque son genou droit s'est dérobé et l'a contrainte à l'abandon contre la Roumaine Sorana Cirstea (4-6, 7-6 (7/4), 0-0)
La dramatique scène, qui s'est produite au début de la troisième manche, a fait le tour des réseaux sociaux. Alors que la numéro un du double dames reprend ses appuis, à la suite d'une montée au filet, elle glisse et s'écroule sur le gazon du court 17. Elle appelle à l'aide à de multiples reprises si bien que son adversaire se dirige vers elle et appelle à son tour de l'aide avec un visage horrifié.
Le mari de Mattek-Sands a essayé de la consoler pendant que les secours arrivaient, alors que Cirstea, qui avait égalisé à une manche partout, a fondu en larmes. «J'ai paniqué. Je n'avais jamais vu une telle blessure avant, son genou était vraiment dans un sale état. C'est quelque chose que vous ne voyez que dans les films.
«J'ai essayé de la réconforter, mais j'ai paniqué. Je me sentais impuissante [...] Si seulement j'avais pu faire plus. Je ne souhaiterais pas cela même à mon pire ennemi.»
La faute du terrain?
La partenaire de double de Mattek-Sands, la Tchèque Lucie Safarova, avec laquelle elle a remporté cinq trophées majeurs, mais jamais Wimbledon, l'a rejointe en larmes, elle aussi.  «Le temps que les secours arrivent, cela m'a semblé une éternité», a affirmé Cirstea qui dit avoir attendu au moins 10 ou 15 minutes, «sans voir arriver les secours», en compagnie du mari de Mattek-Sands et de son kinésithérapeute.
La Roumaine ne pensait pas pour autant que la blessure était liée à l'état du terrain. «Nous savons tous que l'herbe est plus dangereuse que les courts en dur ou la terre battue. Mais ce qui est arrivé aujourd'hui, c'est de la malchance. Cela aurait pu arriver à n'importe qui.»
D'autres joueuses, comme Kristina Mladenovic, se sont toutefois plaintes. La Française et Alison Riske, qui s'affrontaient sur le court 18, ont toutes les deux demandé à changer de court en raison de l'état de la pelouse.
«Elle tombe, je tombe exactement au même endroit», a expliqué Mladenovic. «J'ai de la chance que ce ne soit pas grave. On arrête le match pour en parler. Au bout du
deuxième jeu, on demande à en parler avec l'arbitre, elle dit qu'il n'y a pas d'autre solution. Donc on a fait avec», a expliqué la numéro un française, qui s'est inclinée 2-6, 6-4 et 6-4.
«La juge-arbitre a pris des photos du court : c'est de la terre, il y a plein de trou, de bosses», a raconté la 14e joueuse mondiale. «On voit bien qu'il n'y a quasiment plus d'herbe. Il fait trop beau, trop chaud, c'est la raison que l'on nous donne [...] «Je finis avec des bobos, je vois tout le monde revenir au vestiaire avec des bobos. Et quand je vois Bethanie...»
Les courts de Wimbledon ont par le passé fait l'objet de polémique. En 2013, la Bélarusse Victoria Azarenka s'était blessée à une cheville après une chute et avait remis en question la qualité des courts. Tombée à plusieurs reprises lors de sa défaite contre la Portugaise Michelle Larcher de Brito la même année, la Russe Maria Sharapova avait eu mal à une hanche et avait jugé le court no 2 «dangereux».
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Raonic frôle la catastrophe
Après un début de match difficile, Milos Raonic est parvenu à atteindre la troisième ronde, jeudi à Wimbledon. Sixième tête de série, il a éliminé le Russe Mikhail Youznhy 3-6, 7-6 (7), 6-4 et 7-5 après 2h40 d'action. Le Canadien de 26 ans a frôlé la catastrophe lors du bris d'égalité du deuxième set. Il est parvenu à sauver deux balles de match en forçant Youzhny à commettre deux erreurs au coup droit. Ce retour a semblé relancer Raonic, qui a enregistré 17 as lors des deux dernières manches, dont 10 lors du quatrième set uniquement. Il a d'ailleurs mis fin au duel grâce à son 27e as du match. Finaliste face à Andy Murray en 2016, Raonic affrontera l'Espagnol Albert Ramos-Vinolas, 25e tête de série, qui a dû venir de l'arrière pour éliminer 7-5, 6-7 (6), 4-6, 6-3 et 6-4. le Russe de 17 ans Andrey Rublev.  AP
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Tomic à l'amende et largué par Head
L'Australien Bernard Tomic et le Russe Daniil Medvedev ont quitté Wimbledon avec un peu moins d'argent que prévu. Le premier a écopé une amende de 15 000 $ pour ses propos après sa défaite au premier tour contre Mischa Zverev. «Je me suis ennuyé sur le court», avait expliqué l'ancien 17e joueur mondial. «Je m'en fous d'atteindre les huitièmes de finale des Internationaux des États-Unis ou de perdre au premier tour. Je vais jouer encore dix ans et je sais qu'après ma carrière, je n'aurai plus jamais à travailler.» Il avait en outre reconnu avoir simulé une blessure pour interrompre le rythme de la partie que l'Allemand dominait. Le montant de l'amende équivaut environ aux tiers de sa bourse. De plus, Head a annoncé qu'il mettait fin à son association avec Tomic. Le fabricant de raquettes avait pourtant maintenu son soutien envers Maria Sharapova lors de sa suspension pour dopage. Quant à Medvedev, il s'est vu imposer des sanctions totalisant 14 500 $ pour avoir lancé de la monnaie aux pieds de l'arbitre en chef dans les instants ayant suivi son revers au deuxième tour, mercredi.  AP et AFP