Mathieu Massé-Pelletier
Mathieu Massé-Pelletier

Mathieu Massé-Pelletier: inspiré par son idole

Carl Tardif
Carl Tardif
Le Soleil
En l’espace d’un mois, Mathieu Massé-Pelletier a fait la démonstration à plus d’une reprise qu’il pouvait connaître autant de succès sur une piste d’athlétisme qu’un terrain de football. Après avoir renoncé à poursuivre sa carrière dans un sport où tout lui était permis, voilà que les portes d’un nouvel univers s’ouvrent maintenant à lui.

Inspiré par Inky Johnson, un ancien joueur de football universitaire maintenant conférencier à la suite d’une paralysie du bras droit ayant mis fin à sa carrière active, le jeune homme de 19 ans a préféré retrousser ses manches au lieu de baisser les épaules lorsqu’il a été mis devant le fait accompli que son rêve de jouer au football ne se réaliserait pas en raison de trop nombreuses commotions cérébrales

Il y a un an, presque jour pour jour, l’avenir sportif du secondeur intérieur de Cap-Rouge développé au Séminaire Saint-François était tout tracé. Il allait terminer sa deuxième saison à l’école secondaire de Woodberry Forest, en Virginie, avant de se joindre à l’Université du Massachusetts, qui venait de lui offrir une généreuse bourse d’études.

Mais voilà, les choses ne se déroulent pas toujours comme on le pense. À l’avant-dernier match de la saison, il se retrouve au sol à la suite par un coup d’épaulière à la tête d’un coéquipier qui tentait de réussir un plaqué double avec lui. Dès lors, il se doute bien qu’il n’enfilera plus jamais un casque de football.

«Je n’ai jamais douté que c’était une commotion, j’étais au sol, incapable de me relever. Même si j’étais ébranlé, j’étais conscient, je le savais parce que j’avais un historique à ce sujet», racontait-il, récemment, tout juste avant sa dernière compétition d’athlétisme de la saison estivale.

Il discutera de son état avec le médecin de l’équipe, de ses aspirations. Sans lui interdire formellement de retourner sur le terrain, celui-ci lui recommande d’arrêter. Ce qu’il décide de faire.

«Jusque-là, mon amour du football avait toujours triomphé. Mais là, je savais que je ne pouvais pas continuer, que c’était la commotion de trop. C’était le dernier avertissement, je devais écouter mon corps. Ce n’est pas facile de renoncer à son monde et à son identité du jour au lendemain, c’était une décision difficile à prendre, mais c’était la bonne.»

Retour à Québec 

Comme il n’a pas encore signé ses papiers à «U Mass», sa bourse d’études ne tient plus. Comme il en coûte environ 25 000 $ par année pour fréquenter cette institution publique, une autre décision logique s’imposait : rentrer à Québec afin de compléter ses crédits lui donnant le droit de s’inscrire en médecine à l’Université Laval.

«En allant à U Mass, le plan était d’avoir une bonne formation scolaire et la possibilité de réaliser mon rêve d’atteindre la NFL. J’aurais pu faire de l’athlétisme en Louisiane, mais je trouvais ça loin et je préférais revenir auprès de ma famille, ma copine, mes amis, qui m’ont toujours soutenu dans tout ce que je fais. Je ne considère pas avoir perdu deux ans à Woodberry Forest, j’y ai vécu ce que j’avais à vivre et je suis fier de mon parcours et ça ne veut pas dire que tout prend le bord lorsqu’il arrive quelque chose d’imprévu», dit celui qui commence ses cours en ligne, à l’Université Laval, ce lundi.

En Virginie, il a aussi découvert qu’il pouvait exceller en athlétisme. Obligé de pratiquer un sport par trimestre, il faisait du football l’automne ainsi que de l’athlétisme en salle (hiver) et à l’extérieur (printemps).

«Je voulais faire de l’haltérophilie, mais on m’avait dit que tous les joueurs de football produits à Woodberry Forest avaient fait de l’athlétisme», explique celui qui ignorait alors que les sports de «piste et pelouse» prendraient le dessus.

Il affiche rapidement du potentiel au lancer du poids, devenant champion scolaire d’État au lancer du poids. De retour à Québec, il a poursuivi dans la même veine, sous la férule de Joey Lussier.

Le 1er août, à sa deuxième compétition avec le club d’athlétisme Rouge et Or, il fait tomber un record québécois junior (poids plus léger) de 1996 avec un lancer de 17,05 mètres. Il a battu son propre record deux fois depuis, dont samedi dernier au PEPS, avec un jet de 18,19 mètres à l’occasion de la dernière épreuve civile de la saison. Il a aussi battu le record au lancer du disque (51,03 mètres) qu’il a fait tomber à cette même soirée Rouge et Or. 

«À chaque fois, j’essaie d’améliorer mes marques, et si ça fait tomber des records, tant mieux. J’ai toujours été ambitieux, mais je vis le moment présent et on verra où ça me mènera. Pour l’instant, je veux seulement profiter de la chance de faire du sport compétitif et amener quelque chose de positif dans l’équipe. Chose certaine, ma blessure n’allait pas dicter comment les choses allaient se passer pour moi», ajoute Massé-Pelletier, qui pourra participer aux épreuves universitaires de catégorie senior à compter du 1er janvier.