Alexandre Alcomar (à gauche) entend faire de son cousin Éric Martel-Bahoéli la future vedette sportive en Côte d'Ivoire.

Martel-Bahoéli, le Drogba de la boxe?

Le gars a le sens de la formule. N'empêche, il a de grands projets et met tout en oeuvre pour faire d'Éric Martel-Bahoéli la future coqueluche sportive en Côte d'Ivoire.
Il n'y a pas plus québécois que Martel-Bahoéli. Né au Jeffrey Hale, sur le chemin Sainte-Foy, il boxe 35 ans et demi plus tard à Québec pour le titre des poids lourds de la World Boxing Union, vendredi soir. Pour un gars qui joue au hockey depuis toujours, vivre son moment de gloire au Centre Vidéotron va de soi.
Mais voilà qu'un autre moment de gloire l'attendrait bientôt sous un ciel pas mal plus chaud. «Éric va devenir le Didier Drogba de la boxe!» lance Alexandre Alcomar. Il est le cousin de Martel-Bahoéli; en fait, le père du boxeur est cousin de la mère d'Alcomar. Et on a beau dire, mais Bahoéli, ça ne sonne pas si québécois que ça.
Son paternel est Ivoirien et a étudié à l'Université Laval. C'est à cette époque qu'il a rencontré Céline Martel. Ç'a donné un beau gros bébé. Le père est ensuite rentré au pays. Élevé par sa mère monoparentale, il garde néanmoins un lien ténu avec papa, à longue distance.
Ce qui s'apprête à changer. Alcomar a grandi en Côte d'Ivoire, mais habite Montréal depuis quelques années. Ancien champion de taekwondo, il veut relancer la boxe dans son pays natal. Et qui de mieux pour le faire que Martel-Bahoéli, le pugiliste aux racines ivoiriennes le mieux coté sur la planète.
Les deux hommes travaillent à l'organisation d'un gros gala de boxe de bienfaisance à Abidjan. Pour juillet, juste avant la tenue des Jeux de la Francophonie dans la métropole ivoirienne, ou encore en décembre prochain, si les délais s'avèrent trop serrés.
La rencontre du président de l'Assemblée nationale de la Côte d'Ivoire à Québec, début février, a été déterminante dans l'avancement du projet. Pure coïncidence, Guillaume Soro était chez nous pour participer à la réunion du Bureau de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie.
Un politicien important qu'ils n'auraient pas pu approcher en Côte d'Ivoire. Il donne maintenant son soutien inconditionnel au projet. Ils auraient aussi l'appui moral du vrai Drogba et de Georges St-Pierre.
«Tout le monde là-bas va attendre Éric! Les enfants vont vouloir le voir, le toucher», s'enflamme celui qui estime que le dernier gala de boxe d'envergure présenté en Côte d'Ivoire remonte aux années 90.
Une pierre deux coups
Martel-Bahoéli espère pour sa part faire d'une pierre deux coups : resserrer les liens avec son père et sa famille et donner un peu d'espoir aux jeunes Ivoiriens qui pourraient voir dans la boxe une nouvelle porte de sortie de la misère. Il aide déjà des jeunes du quartier Vanier à se motiver grâce au noble art. Voilà un projet d'aide dans le même esprit, mais à l'échelle d'un pays.
À l'annonce de leur venue prochaine, l'entraîneur de Martel-Bahoéli, François Duguay, a même déjà reçu des demandes de jeunes Ivoiriens qui veulent être entraînés par lui. Duguay en est maintenant à mettre sur pied un programme qui permettra aux pugilistes en devenir une certaine autonomie, alors qu'un suivi pourrait être effectué à l'aide de visites ponctuelles du duo coach-boxeur sur place dans le futur.
De futur capitaine des Eskimos à ex-taulard
L'ex-entraîneur-chef des Eskimos d'Edmonton, Danny Maciocia, a été surpris d'apprendre qu'Adam Braidwood (à gauche) a passé deux ans en prison.
Danny Maciocia a dirigé Adam Braidwood pendant quatre ans, avec les Eskimos d'Edmonton. Pour dire vrai, il s'attendait plus à voir le nom de son ancien joueur ressurgir dans un avis de décès que sur une carte de boxe au Centre Vidéotron.
«Je n'avais malheureusement pas de nouvelles de lui depuis plusieurs années, pour les raisons qu'on connaît. Quand j'ai vu ça cette semaine, j'étais surpris! Mais surtout content de voir que ça va beaucoup mieux pour lui. Si je l'avais su d'avance, je me serais arrangé pour aller voir son combat à Québec», a affirmé Maciocia au Soleil, jeudi.
Le coach de l'équipe de football de l'Université de Montréal a auparavant oeuvré 15 ans chez les professionnels, dans la Ligue canadienne de football. En 2006, les Eskimos et leur entraîneur-chef Maciocia avaient fait de Braidwood le tout premier choix au repêchage.
Entre sa sélection prometteuse à Edmonton et son combat contre Éric Martel-Bahoéli pour le titre WBU des poids lourds, vendredi, à Québec, Braidwood a entre autres fait deux ans de prison. Les abus de stéroïdes, d'antidouleurs, de cocaïne et d'alcool l'ont mené au fin fond du baril. Le gaillard de 32 ans de Victoria admet avoir tutoyé la mort à plusieurs reprises, dans les dernières années.
«Je n'aurais jamais gagé qu'un gars comme Adam Braidwood allait finir en prison!» s'exclame Maciocia. «Le jeune qu'on a repêché était une bonne personne, venait d'une bonne famille. Je voyais ce gars-là comme un futur capitaine des Eskimos!» poursuit-il.
Travaillant, respectueux des règles et des gens, le plaqueur formé à l'Université Washington State a connu deux saisons du tonnerre dès son arrivée, étant nommé recrue par excellence de l'équipe en 2006. «Ça regardait tellement bien pour lui», se rappelle Maciocia.
Une blessure et des problèmes
Puis survient cette blessure. Ligament du genou. Un jeu anodin, se souvient le coach de l'époque. «C'est arrivé sur une couverture de botté d'envoi. Personne ne l'a touché. Il avait peut-être couru dans un trou ou quelque chose... Ensuite, il est revenu trop vite et ç'a compliqué sa blessure, il a encore arrêté de jouer...
«À partir de sa blessure, on le voyait de moins en moins dans l'entourage de l'équipe. Et c'est là que ses problèmes ont commencé. Il a rencontré du monde pas trop catholique. À un moment donné, il voulait faire des arts martiaux mixtes en même temps que le foot et dans notre contrat, on ne pouvait pas l'empêcher. Ses problèmes avec sa blonde ont aussi commencé à cette époque. Ça brassait pas mal avec elle, des deux côtés.»
L'une des condamnations qui ont mené Braidwood derrière les barreaux concernait une agression sexuelle sur sa conjointe d'alors. Les diverses accusations à l'endroit du joueur ont commencé à surgir à la fin de 2010. Maciocia n'était plus à Edmonton depuis quelques mois.
Six ans plus tard, l'homme de football tentera d'une façon ou d'une autre de faire parvenir un message d'encouragement au boxeur, avant son combat. Il lui souhaite la meilleure des chances.