À son dernier combat, en juillet dernier, Éric Martel-Bahoéli s'était battu à Québec pour la première fois en près de trois ans, soutirant une nulle à l'Américain Avery Gibson.

Martel-Bahoéli boxera pour un titre mondial à Québec

Éric Martel-Bahoéli boxera en combat de championnat du monde à Québec, le 24 février, pour le titre WBU.
«Ç'a l'air à ça! C'est incroyable pareil...» a lancé le poids lourd de Québec de 35 ans, mercredi après-midi, peinant encore à réaliser l'ampleur de la chose, même si les discussions datent de plus d'une semaine. Son affrontement contre Adam Braidwood tiendra lieu de demi-finale au combat entre Lucian Bute et Eleider Alvarez, présenté au Centre Vidéotron.
Le sympathique gaillard ne tutoie pas encore les Deontay Wilder, Anthony Joshua et Tyson Fury de ce monde. La World Boxing Union (WBU) s'avère une association marginale moins importante que les WBC, WBA, IBF, WBO ou même IBO. Et Martel-Bahoéli en est pleinement conscient.
«C'est sûr que c'est une association mineure. Mais ça reste un vrai titre et je saute là-dedans à pieds joints», s'emballe-t-il, se voyant, en cas de victoire, pouvoir ensuite boucler sa carrière sur deux bonnes années de défense de titre.
Auteur d'un dossier de 11-6-1 et 7 K.-O., fiche respectable mais sans plus, Martel-Bahoéli hérite de cette belle occasion surtout grâce à Don Collette. Il est le président du Canadian Professionnal Boxing Council (CPBC), association affiliée à la WBU, dont Martel-Bahoéli a été champion en 2013 et n'avait ensuite pu défendre sa ceinture.
«Il m'aime bien et regrettait que je n'aille pu défendre mon titre à l'époque. Et comme Jeremy Williams [inactif depuis 2013] a abandonné le titre [mondial WBU], il trouvait que je le méritais et GYM aussi. Avec mon implication, Centraide et tout ça», explique celui qui travaille à temps partiel comme agent d'intervention au Centre jeunesse de Québec et est l'un des visages de la récente campagne régionale de Centraide.
Martel-Bahoéli est ainsi sur le point de parapher un contrat avec le Groupe Yvon Michel (GYM) pour quatre combats dans quatre galas prévus au Centre Vidéotron en 2017, une première entente de promotion pour lui en plus de huit ans de boxe professionnelle.
Il espère ainsi obtenir davantage d'argent pour ses performances dans le ring. Si son dernier combat lui a rapporté «moins de 10 000 $», il empochera cette fois dans les cinq chiffres.
«Un titre mondial, au Centre Vidéotron, devant mon monde, avec GYM, tout est en place pour que ça devienne gros», espère-t-il, soulignant à la fois sa chance et la patience dont il a fait preuve au fil des années.
Premier choix de la LCF
«Mais pour l'instant, il faut que je me concentre sur le Boogeyman», ajoute-t-il du même souffle, en évoquant le surnom de son adversaire, le croque-mitaine ou ce monstre qui fait peur aux enfants à l'heure du dodo. 
Adam Braidwood (6-1, 5 K.-O.) est un ancien ailier défensif des Eskimos d'Edmonton, produit de l'Université Washington State et tout premier choix au repêchage de la Ligue canadienne de football en 2006. Maintenant âgé de 32 ans, le natif de la Colombie-Britannique a d'abord tâté des arts martiaux mixtes avant de bifurquer vers la boxe.
Mais sa carrière a été interrompue par quelques années de prison pour agression sexuelle, sans compter qu'il a connu de sérieux problèmes avec la drogue et les stéroïdes. Il a toutefois retrouvé le droit chemin depuis et n'a pas perdu depuis son retour entre les câbles en 2015, obtenant cinq victoires en cinq combats et quatre avant la limite.
«Je ne doute pas qu'il cogne dur, mais il n'a pas l'expérience de boxe que j'ai. Je pourrais le battre à l'usure. On a un plan de match», résume Martel-Bahoéli.
À 6'3'' et à 256 livres à son dernier combat, le Québécois rencontrera un rival de même gabarit, soit 6'4'' et 250 livres.
Bouchard affrontera un Mexicain
Sébastien Bouchard (blanc) contre Alejandro Herrera (noir) en juillet dernier au Centre Vidéotron
La carte de boxe du 24 février à Québec commence à prendre forme. Outre le choc Lucian Bute-Eleider Alvarez et le combat de championnat du monde WBU impliquant Éric Martel-Bahoéli, au moins deux autres pugilistes québécois se produiront ce soir-là. Sébastien Bouchard (14-1, 5 K.O.) fera face à Gustavo Garibay (13-7-2, 5 K.O.). Le Mexicain surnommé «Vitaminas» est champion du Mexique et WBC Latino des poids super-mi-moyens (154 lb). Bouchard, de Baie-Saint-Paul et résident de Québec, tentera d'enregistrer une septième victoire consécutive contre un adversaire qui lui ressemble par son style bagarreur. On avait aussi appris en début de semaine que Francis Lafrenière, de Côteau-du-Lac, se mesurera à l'Américain Marcus Willis pour un titre nord-américain WBO (NABO).