Espoir pour l’équipe nationale olympique, l’avironneuse Marilou DuvernayTardif cumule les heures à la rame et devant ses livres de sciences de la nature pour atteindre ses objectifs.

Marilou Duvernay-Tardif vise les plus hauts sommets

De la gymnastique à l’aviron, Marilou Duvernay-Tardif a le sport dans le sang et vise même les Jeux olympiques de 2020. Son nom de famille vous dit quelque chose ? Normal. Elle est la soeur du joueur de la NFL et futur médecin Laurent Duvernay-Tardif. Et comme son frère et sa soeur aînée, Delphine, Marilou a du talent.

Tout comme Laurent, Delphine étudie en médecine, mais elle vient de prendre sa retraite du ski de fond. « C’est très inspirant d’avoir mon frère et ma sœur en sport d’élite qui réussissent extrêmement bien à l’école, confie Marilou. C’est très motivant d’avoir des modèles comme ça aussi proche de moi. »

Âgée de 19 ans, elle finira dans quelques semaines sa deuxième année de trois en Sciences de la nature au Cégep de Granby. Elle a déménagé ses livres scolaires à l’établissement scolaire de la rue Saint-Jacques, il y a un an, pour se rapprocher des sites d’entraînement intérieur et extérieur d’Aviron Québec, à Lac-Brome.

L’hiver a été long pour l’équipe d’Aviron Québec. Retenus entre quatre murs à ramer sur des ergomètres, ils ont hâte de voir la glace recouvrant le lac Brome disparaître pour reprendre les entraînements sur l’eau paisible. Alors que partout ailleurs au Canada, les équipes sont déjà sur l’eau, le Québec traîne de la patte. Mais Marilou croit que, la semaine prochaine, les avirons pourront sortir.

La saison hivernale « est tout le temps difficile, mais cet hiver ça a bien été, raconte-t-elle en entrevue. C’est sûr que j’ai eu quelques expériences qui m’ont aidée à passer à travers. J’ai eu deux camps d’intégration d’une semaine avec l’équipe nationale du Canada à Victoria. C’était très motivant. Et de savoir qu’Aviron Canada pensait que j’étais assez vite pour aller m’entraîner avec l’équipe nationale, ça m’a donné un peu de confiance et la motivation de revenir au Québec pour m’entraîner fort. »

Ces deux camps d’intégration ont permis à de jeunes espoirs de se frotter aux entraînements d’élite et de voir où ils en sont dans leur développement. « C’était très difficile physiquement et mentalement, avoue Marilou. Comparativement à ici, tous leurs entraînements sont chronométrés, donc il n’y a pas d’entraînements où tu peux relaxer un peu. Il faut tout le temps que tu sois à 100 % et il faut tout le temps prouver que tu es rapide. Ç’a été éclairant et, au bout du compte, ça a bien été. »

Vers les mondiaux
La première compétition de la saison de Marilou Duvernay-Tardif approche à grands coups de rames et se déroulera en Ontario. Elle permettra de sélectionner l’équipe nationale, de catégorie U-23 dans son cas, pour aller aux Championnats du monde en Pologne, en juillet. Si elle y parvient, elle fera alors ses débuts sur la scène mondiale.

« J’aimerais vraiment être sur l’équipe, c’est mon objectif principal. Et il va y avoir les Championnats canadiens à Vancouver où j’aimerais être dans le top 3 chez les U-23. L’an passé, j’ai terminé quatrième, alors je pense que c’est réalisable. »

L’athlète n’en est qu’à sa troisième saison. Et pourtant, elle avoue maintenant rêver d’une qualification olympique pour les Jeux d’été de 2020, qui seront tenus à Tokyo.

Heureux hasard
L’aviron est arrivé comme par hasard dans sa vie. Gymnaste depuis des années, Marilou songeait à prendre sa retraite, mais il était inconcevable pour elle de ne pas s’entraîner presque tous les jours, raconte-t-elle, un sourire dans la voix.

« Mon frère avait fait une saison d’aviron avec McGill et il m’a dit que c’était bon d’être grand dans ce sport. J’ai toujours aimé l’eau. » Elle est donc allée essayer cette discipline au bassin olympique de Montréal.

Comme il s’agit d’un bateau instable, la grande adolescente de 1 m 83 (ou un peu plus de six pieds) s’est retrouvée à l’eau plus d’une fois lors de ce premier essai avant de réaliser quatre tests physiques du programme Ramer vers le podium d’Aviron Canada. Les résultats — qui ne vérifient pas les habiletés dans l’avironneuse, mais plutôt ses capacités physiques — se sont avérés concluants.

« Je pense que, pour tout ce qui est de la puissance, la gymnastique m’a beaucoup aidée et il y a quand même une grosse partie de flexibilité en aviron, considère la jeune femme. Une autre chose que la gymnastique m’a apportée, c’est une conscience de mon corps et de savoir où je suis dans l’espace. Quand mon coach me donne des correctifs, c’est plus facile pour moi de savoir comment changer mes positions. Ce qui me manquait beaucoup, c’était la capacité aérobique et on travaille là-dessus encore beaucoup. »

Programme Fillactive
Reconnaissante de l’appui qu’elle reçoit de sa communauté, Marilou Duvernay-Tardif est devenue ambassadrice pour le programme Fillactive dans son ancienne école secondaire dans le but d’encourager les filles à bouger. Maintenant établie dans la région, elle prépare un projet avec les deux écoles primaires de Lac-Brome pour encourager la pratique de l’activité physique.

Dans son portrait de finaliste au concours de l’étudiant(e) - athlète engagé(e) de l’Alliance Sports-Études, elle souligne avoir reçu beaucoup de la communauté de Lac-Brome. Avant de déménager à Lac-Brome, elle logeait dans des familles du village durant la saison estivale pour optimiser son entraînement.