Parallèlement à sa carrière de basketteuse avec le Rouge et Or, Marie-Michelle Genois poursuit des études en biochimie moléculaire et cellulaire. Elle complète présentement son postdoctorat au Massachusetts General Hospital.

Marie-Michelle Genois: un lien direct

Les témoignages des bienfaits du mariage du sport et des études sont nombreux. Marie-Michelle Genois, docteure en biochimie moléculaire et cellulaire et complétant son postdoctorat au Massachusetts General Hospital affilié à l’Université de Harvard, est d’avis qu’il existe un lien direct entre et sa réussite scolaire et sa carrière de basketteuse avec le Rouge et Or.

«Le basket m’a vraiment aidé à passer à travers mes études», explique la Capsantéenne. «Il m’a permis d’avoir un équilibre. Ma semaine de travail était divisée en deux. Il y avait du temps pour mes études et du temps pour le basketball. Quand j’étais dans mes études, je ne pensais pas à autre chose. Et quand j’étais au basket, c’est là-dessus que mon focus était. C’était parfait. C’est une période de ma vie que j’ai vraiment aimée. J’ai vécu de belles expériences et rencontré plein de gens.

«Avec le recul, je réalise que ce fut une période très intense. Mais j’avais juste moi à m’occuper au quotidien. Aujourd’hui, ma vie a pris un autre sens. J’ai une petite fille. Avant, c’était les études et le basket. Maintenant, c’est ma famille et mon travail. C’est une question de priorités.»

Ayant excellé tant sur le terrain — elle a été choisie All Canadian à chacune de ses cinq saisons universitaires — que dans ses études — elle a mérité à trois reprises le titre d’étudiante-athlète de l’année de la Fondation de l’athlète d’excellence du Québec — Marie-Michelle a toujours été très exigeante envers elle-même. Elle insiste cependant. Sa conciliation sport-études a grandement été facilitée par la présence de personnes comme Linda Marquis avec le Rouge et Or et Jean-Yves Masson à l’Hôtel-Dieu, et par la Fondation de l’athlète d’excellence.

«Linda a toujours été consciente que l’on était étudiantes-athlètes et que certains jours, on pouvait avoir moins d’énergie. Jean-Yves a aussi été super conciliant. J’ai fait ma maîtrise et mon doctorat dans son laboratoire. À cause du basket, je ne pouvais pas donner autant de temps qu’un étudiant à la maîtrise, mais il m’a permis de continuer ma carrière. Je leur suis très reconnaissante.»

Progression rapide

Marie-Michelle ne se destinait pas à une carrière en basketball. Très sportive, elle avait joué au baseball, au hockey et au soccer, elle avait fait de la natation et du karaté, etc. Elle n’était pas attirée par le basket. Invitée par un coach de son école à prendre part à un entraînement, elle n’a jamais quitté l’équipe. Elle a rapidement fait sa marque et fut invitée au Centre d’excellence à Lévis. «Une période charnière dans ma vie. Mon passage au centre m’a permis de m’améliorer. C’est par la suite que tout a déboulé. J’ai été recrutée par les Dynamiques du Cégep de Sainte-Foy, j’ai été membre de l’équipe du Québec et j’ai été remarquée par la formation nationale. 

«Ma progression a été très rapide. Je pouvais compter sur une bonne génétique et comme je suis une personne qui veut réussir, j’ai travaillé fort. Mais en même temps, j’ai eu la chance de croiser des entraîneurs qui ont vu le potentiel en moi et qui m’ont mise à la bonne place au bon moment.»

Rêvant d’aller aux Jeux olympiques de Londres, Marie-Michelle a finalement accroché ses espadrilles au printemps 2011, au terme de sa dernière campagne à Laval. «Pour être avec l’équipe nationale, il aurait fallu que j’aille jouer pro en Europe. Comme je voulais entreprendre mes études de doctorat, j’ai dû faire un choix. Parce que je m’étais préparée mentalement à prendre ma retraite et que j’étais passionnée par mon sujet de recherche, ma transition s’est bien faite. Ça m’a pris quelques années à réaliser que j’avais vécu quelque chose de gros et d’intense et que je ne serais plus capable d’aller chercher un niveau d’intensité aussi élevé et d’engouement aussi grand. Mais j’étais prête. J’étais rendue à une autre étape de ma vie.»

Son doctorat en poche, c’est à l’Université Harvard où elle fait de la recherche fondamentale et se spécialise dans la reproduction et la réparation des cellules cancéreuses que Marie-Michelle a choisi d’obtenir son postdoctorat. «On est une équipe de 10 chercheurs. Chacun a sa spécialité et on collabore. Le but est de profiter des forces de chacun... comme on le faisait au basket.

«J’ambitionne cependant de revenir au Québec lors de la prochaine année. Je ne sais pas encore quelle avenue va s’ouvrir pour moi, mais la formation postdoctorale nous donne beaucoup d’outils. Je pourrais continuer en recherche ou dans un autre domaine. C’est sûr que je vais rester en sciences.»

Marie-Michelle indique que le basket ne lui manque pas. Récemment cependant, elle a été surprise d’avoir envie de sauter sur un court pour aller lancer des ballons. «Juste pour décrocher et pour dépenser de l’énergie. Mon besoin de compétition, c’est dans la course à pied que j’essaie de le combler. Mais c’est un sport individuel. Et je suis une fille d’équipe. J’ai toujours aimé être avec d’autres pour réaliser des tâches. On peut se motiver et se pousser entre nous. Je préfère donc courir avec quelqu’un d’autre ou en groupe.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q  Fait marquant?

R  L’appui considérable de la Fondation de l’athlète pendant toute ma carrière en me décernant, entre autres, à trois reprises le prix Étudiante-Athlète de l’année. La mission de cette Fondation est louable et mérite encore davantage de reconnaissance.

Q  Plus grande fierté?

R  Avoir complété ma maîtrise en biologie moléculaire et cellulaire en plus d’évoluer pour l’équipe de basketball du Rouge et Or. Un brin de fierté en pensant à mon prix top 8 Académique SIC-Desjardins ainsi qu’à mes nominations parmi le top 10 Canadiens (All Canadian) à chacune de mes cinq années universitaires.

Q  Exploit sportif?

R  Avoir créé toute une surprise lors du Championnat canadien de 2008 avec une victoire contre les favorites (Université Simon Fraser) lors du Championnat canadien.

Q  Regret?

R  Se présenter à chacune de mes années universitaires au championnat canadien et ne jamais revenir avec le titre national.

Q  Personnalités marquantes?

R  Chantal Vallée pour avoir cru en moi dès mes débuts et pour sa vision, Linda Marquis pour sa passion et son humanité et Jean-Yves Masson pour sa rigueur et sa compréhension.

Q  Rêve

R  Partir à l’aventure en VR, avec notre petite Ariane et traverser les États-Unis et le Canada à notre rythme en famille.

Q  Dans 20 ans

R  On ne sait jamais ce que la vie nous réserve, c’est donc difficile pour moi de me projeter si loin…  J’aimerais simplement être capable de profiter le plus longtemps possible d’une belle journée en ski de fond en famille suivie d’un bon souper/soirée

Q  Modèle?

R  Pierre Lavoie a toujours été une inspiration pour moi. Touché de plein fouet par les ravages d’une maladie orpheline (perte de deux de ses quatre enfants), il décide de faire bouger les choses à sa manière pour accélérer la recherche afin d’identifier le gène défectueux de la maladie et d’améliorer les méthodes de détection. Ceci est plus qu’admirable et représente une réelle définition du fameux «Make it happen».