Sept mois après sa lourde chute à l'entraînement à Lake Louise, Marie-Michèle Gagnon a enfin pu reprendre l'entraînement.

Marie-Michèle Gagnon reprend l'entraînement

Sept mois. Marie-Michèle Gagnon n’avait jamais passé une si longue période sans mettre ses skis en 15 ans de carrière. Jamais personne n’a été aussi heureux de voir de la neige en juillet!

Le 30 novembre dernier, la skieuse de Lac-Etchemin s’est déchiré un ligament du genou droit et luxé l’épaule gauche lors d’une chute à l’entraînement, à Lake Louise, en Alberta. La totale. Mardi, c’était enfin le retour sur neige pour Gagnon, qui participe à un camp d’entraînement avec l’équipe canadienne au glacier de Stelvio, dans le nord de l’Italie.

«Je n’avais pas ressenti de douleur durant ma réhabilitation, alors j’avais très bon espoir que ça se passe bien. Mais c’est toujours un test avec les bottes et tout. Ton corps est dans une position différente impossible à reproduire en salle. Et ç’a super bien été, je n’ai eu aucune douleur. Je suis très contente!» a-t-elle affirmé au téléphone mercredi, quand Le Soleil l’a jointe sur le chemin de descente de retour vers l’hôtel.

Aucune douleur. Les mots-clés. Voilà ce que la femme de 29 ans espérait tant après une interminable période à attendre sans se tourner les pouces. À se renforcer, à se rétablir, à travailler chaque jour pour recouvrer sa pleine santé d’athlète de pointe.

«Même qu’aujourd’hui, après plusieurs heures, j’aurais pu continuer», s’est-elle réjouie après sa deuxième journée complète sur les pentes. Mardi en avait été une de ski libre pour simplement retrouver et se réhabituer à ses sensations, tandis que mercredi, sur une neige plus molle, laissait place à de petits parcours marqués pour réaliser des virages.

On est encore loin d’un réel tracé de Coupe du monde avec de véritables portes de compétition. Gagnon doit suivre un protocole de retour très précis où, pour l’instant, elle ne peut effectuer plus que deux jours de ski consécutifs.

Marie-Michèle Gagnon était heureuse de n'avoir ressenti aucune douleur depuis son retour en piste, mardi.

Jeudi, elle sera donc en salle d’entraînement pour continuer à progresser et à corriger certaines petites asymétries développées malgré elle. Le mauvais temps annoncé dans cette région vendredi pourrait aussi la confiner au gym vendredi, puis elle retournera en ski pour deux autres journées collées.

«Sept mois, c’est vraiment le plus long que j’aie eu à vivre. Même quand je me suis cassé la jambe [fracture ouverte à l’automne 2007], ç’avait juste pris quatre mois avant que je ne retourne sur la neige. Mais pour un os, c’est plus simple, tu vois sur la radiographie si c’est bien réparé.

«Un ligament, c’est autre chose», souligne Gagnon. «Tu dois prendre vraiment le temps. Les médecins disent toujours minimum six mois, mais maintenant on recommande huit. Dans mon cas, ç’allait bien après sept et ce que je fais cette semaine est vraiment relax.»

Le deuil coréen

Le moment le plus difficile a bien sûr été de regarder les Jeux olympiques à partir de son salon. PyeongChang aurait été ses troisièmes Jeux, elle qui compte aussi à son palmarès cinq Championnats du monde seniors et trois juniors, en plus de 190 départs en Coupe du monde pour deux victoires et quatre podiums sur le grand cirque blanc.

«C’est sûr que de regarder les JO à la télé, ce n’était pas super. Mais en même temps, cette fois-ci, j’ai vraiment pu voir les Jeux olympiques, alors que quand tu y participes, tu ne les vois pas», fait valoir celle qui fait du positivisme et de l’acharnement au travail les deux qualités qui l’ont toujours portée.

Après deux semaines en Italie, elle rentre un peu à la maison qu’elle partage avec son amoureux Travis Ganong à Lake Tahoe, en Californie. Ganong est aussi skieur alpin d’élite dans l’équipe américaine.

Puis ce sera retour en Europe pour un camp sur glacier, cette fois celui de Zermatt en Suisse. Ensuite, direction le Chili pour tout le mois d’août. Elle passera au Québec quelque part en septembre pour renouer avec Les Etchemins et les nombreux membres du clan Gagnon qui lui est si cher.

Comme elle devrait faire l’impasse sur l’étape autrichienne de Soelden, fin octobre, son retour officiel à la compétition en Coupe du monde devrait se faire le 24 novembre à Killington, au Vermont, course où plusieurs parents et amis viennent chaque fois l’encourager. Soutien qui sera plus que bienvenu.