Marie-Michèle Gagnon durant la première manche

Marie-Michèle Gagnon brise la glace à Sölden

Elle n’a pas réussi à participer à la seconde manche du slalom géant de Sölden, en Autriche, mais Marie-Michèle Gagnon a franchi un grand pas, samedi matin, en participant à sa première course officielle après une pause forcée de près d’un an à cause d’une déchirure ligamentaire au genou droit.

«Je suis contente d’avoir pris le départ, la sensation était bonne de se retrouver à nouveau dans un portillon de départ en Coupe du monde. La glace est brisée», disait la skieuse de Lac-Etchemin lors d’un entretien avec Le Soleil, quelques heures plus tard.

Cette première étape du Cirque blanc se voulait un apéro à la saison 2018-2019 qui se met véritablement en branle à la fin du mois de septembre. La représentante de l’équipe canadienne de ski alpin avait hésité à prendre le départ, il y a quelques jours, pour finalement s’élancer du haut de ce parcours difficile.

«Il y a une semaine, je n’étais pas certaine de le faire. Et ce n’était pas à cause de mon genou, qui se porte très bien. Mais la piste de Sölden est vraiment à pic, c’est un parcours difficile qui n’a jamais été ma force. Mais j’ai décidé d’y aller et je ne le regrette pas. Il est juste dommage d’avoir raté la deuxième manche par 15 centièmes de seconde», racontait-elle.

Gagnon a obtenu un temps de 1:02.29 à la première manche du slalom géant, ce qui lui a valu le 32e rang. Or, les 30 plus rapides accédaient à la deuxième tranche de l’épreuve.

«Je me suis retenue dans la première manche, mais j’ai eu de bonnes sections, ici et là. Je sais que Sölden, qui arrive toujours très tôt dans le calendrier, ne définit jamais ma saison et j’ai hâte à la suite des choses», disait la sportive de 29 ans.

Le 30 novembre 2017, Gagnon avait chuté en descente d’entraînement à Lake Louise. D’abord blessée à une épaule, on avait ensuite diagnostiqué une déchirure ligamentaire, ce qui avait mis un terme à sa saison. Elle n’a donc pas pu participer aux Jeux olympiques de PyeongChang, en février. Depuis, son genou a pris du mieux, au point où elle ne pense plus à le protéger.

«Mon genou va très bien, je dois avoir fait environ 40 jours d’entraînement sur les pentes, j’ai testé toutes les sortes de neige. J’y pensais un peu, ce matin [samedi], mais je savais qu’il allait bien répondre. J’ignore si c’est parce que je ne me mettais pas trop de pression, mais je n’étais pas si nerveuse que ça, j’y allais de mon mieux.»

Marie-Michèle Gagnon laisse les mauvais souvenirs derrière elle et regarde devant. Elle a largué les épreuves de slalom pour se concentrer dorénavant sur les épreuves de vitesse, incluant le slalom géant. Sa prochaine course sera justement un géant, le 24 novembre, à Killington, au Vermont. Et un an jour pour jour après sa blessure à Lake Louise, une descente est au calendrier à cet endroit, le 30 novembre.

Pour l’heure, Gagnon se réjouissait d’abord pour sa jeune coéquipière Valérie Grenier, 11e au slalom géant autrichien.

«Il ne faut pas oublier Valérie, je suis contente de la voir bien performer et attaquer comme elle l’a fait. Elle a ramené le troisième temps le plus rapide de la deuxième manche, c’est très bien. Il est toujours important d’avoir de bons résultats d’équipe. À l’entraînement, on se pousse, et c’est bon signe de savoir qu’on peut s’approcher des meilleures.»

Le premier podium de la saison fut composé dans l’ordre de Tessa Worley (France), Frederica Brignone (Italie) et Mikaela Shiffrin (États-Unis).