Après des carrières fructueuses en soccer et en fitness, Marialye Trottier s’est tournée vers le coaching. Elle a fondé sa propre entreprise, qui est aujourd’hui une véritable PME.

Marialye Trottier: d’athlète à entrepreneure

Ses carrières en soccer et en fitness terminées, c’est dans le domaine du coaching personnel que Marialye Trottier avait décidé de gagner sa vie. Elle ne se doutait jamais que ça allait l’amener à fonder son entreprise, Marialye Fitness qui, en l’espace de quelques années, s’est diversifiée et est devenue une véritable PME maintenant connue sous le nom Wondersquad.

«Je ne pensais jamais avoir la fibre entrepreneuriale», explique Marialye, qui a arrêté sa décision de devenir entraîneure pendant un examen. Elle a alors ramassé ses affaires et a quitté l’université où elle n’est jamais retournée. «Mais dans ma tête, c’était clair que je voulais être coach. Et je désirais faire plus que du one on one mais je n’avais aucune idée où cela allait m’amener. J’ai été patiente et j’ai fait ce qu’il fallait pour me faire connaître.

«C’est quand j’ai créé mon entreprise qu’il a fallu que j’engage du personnel parce que je ne pouvais pas tout faire seule. Au début, je me voyais comme une ancienne athlète devenue coach en ligne. C’est après avoir bâti mon site Web, ma marque de commerce, etc. que j’ai réalisé que j’étais devenue une entrepreneure.»

La Québécoise n’a jamais douté qu’elle avait la vocation pour le coaching. Non seulement son passé d’athlète lui permet d’être très à l’aise avec le milieu sportif, mais elle sent le besoin de partager le bagage qu’elle a acquis.

«Toute ma vie d’athlète a été axée sur mes propres performances. En vieillissant, j’ai eu le goût d’aider les gens à atteindre leurs propres objectifs. Et j’ai décidé de m’adresser aux femmes. Au Wondersquad , tout est vraiment focusé sur elles. Je veux que chaque membre prenne conscience de son plein potentiel et de sa force intérieure. Le message de l’entreprise, c’est : «un esprit sain dans un corps sain pour permettre aux femmes de se développer et de se dépasser». Je me suis rendu compte qu’avec le temps, les femmes que j’entraînais prenaient confiance en elles au fur et à mesure qu’elles atteignaient les objectifs qu’elles s’étaient fixés.»

Aujourd’hui, Wondersquad  (wondersquad.co), c’est un site Web où les femmes peuvent trouver des programmes alimentaires et d’entraînement. S’ajoutent la communauté ou les femmes peuvent échanger, un soutien 24 heures sur 24, 7 jours sur 7), une boutique d’accessoires d’entraînement et de suppléments de marque, etc.

«Mon objectif est simple : je veux toucher le plus de femmes possible. Pour le moment, la grande partie de ma clientèle est au Québec et dans le reste du Canada. Mais c’est sûr qu’un moment donné, je compte regarder du côté des États-Unis et ailleurs dans le monde. Il n’y a pas de limites.»

Avec l’équipe du Québec

Marialye avait environ 13 ans lorsqu’elle a été recrutée par l’équipe du Québec de soccer. Mais parce qu’elle devait déménager à Mont­réal, elle a refusé l’offre, ses parents jugeant qu’elle était trop jeune pour quitter le foyer familial. Un an plus tard, cependant, elle prenait la route de la métropole.

«C’est pas mal là que les portes se sont ouvertes. J’ai fait partie des quatre ou cinq filles dépistées par l’équipe nationale. Et après avoir pris part à une douzaine de camps et disputé des matchs contre d’autres pays, j’ai été choisie comme défenseure centrale sur l’équipe qui prendrait part à la CONCACAF. Nous avons fini troisièmes et nous nous sommes qualifiées pour la Coupe du monde disputée en Nouvelle-Zélande.»

À la même époque, Marialye a été remarquée par des dépisteurs d’universités américaines. Elle a reçu plusieurs offres de bourses d’études et est finalement allée à West Virginia, où elle dit qu’elle aurait pu faire une belle carrière.

«Mais j’ai perdu ma passion pour le soccer. Ça faisait 13 ans que je jouais. J’avais pris part à une Coupe du monde junior et à quelques camps avec l’équipe nationale senior. J’avais le goût de passer à autre chose. Et même si, à 10 ans, je disais que j’allais mourir sur un terrain de soccer et que mon but ultime était d’aller aux Jeux olympiques et d’être parmi les meilleures au monde, si tu perds la motivation, tu es foutue. Parce que j’étais passionnée pour le fitness, ma carrière d’athlète ne s’est pas terminée.»

De retour dans la Vieille Capitale en 2012 et s’ennuyant un peu du soccer, Marialye s’est laissée tenter par un retour au jeu avec le Rouge et Or. Elle n’a disputé que quelques matchs avant d’accrocher ses crampons pour de bon.

«J’ai écouté mon cœur. Je pense que j’avais besoin d’avoir la confirmation que je n’avais vraiment plus la même passion pour le soccer. C’est avec l’esprit en paix que j’ai quitté le Rouge et Or.»

Devenue professionnelle en fitness où elle a gagné deux titres canadiens et une compétition à Miami lui ayant permis de mettre la main sur sa carte professionnelle de la WBFF, Marialye a aussi fait pendant quelques mois des arts martiaux mixtes. Des blessures l’ont cependant convaincue qu’elle devait renoncer à ce sport.

«Je suis super contente de la carrière que j’ai eue. C’est grâce à elle que je suis devenue ce que je suis. Et je n’ai aucun regret. Je suis allée au bout de ma passion et même si je n’ai pas pris part aux JO, j’ai l’impression d’avoir fait les bons choix.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q  Faits marquants

R  Quand j’ai appris que j’étais choisie pour aller faire l’équipe canadienne, mais aussi quand j’ai commencé à être appelée par les universités américaines qui m’offraient des bourses d’études; quand j’ai été acceptée dans l’équipe canadienne et qu’ils m’ont donné mon chandail avec mon nom derrière et mon casier avec mon nom dessus; et quand on s’est qualifiées pour la Coupe du monde.

Q  Idoles de jeunesse

R  Tous les joueurs comme Zinedine Zidane, Cristiano Ronaldo, et cie et Christine Sinclair qui était vraiment une bonne joueuse.

Q  Personnalités marquantes

R  Mes parents. Mon père, par exemple, a été un modèle. Il m’a vraiment soutenue dès mon jeune âge. Il savait que j’avais du talent. Il m’a appris la base pour être un athlète et il m’a inculqué ce dont j’avais besoin, comme la discipline et l’importance de ne jamais manquer un entraînement. Mais il n’a jamais eu à me pousser vraiment. J’étais tellement passionnée et une bonne élève que je me poussais moi-même. Et il nous a toujours fait passer, mon frère et moi, avant lui.

Q  Ce qui te manque le plus

R  Performer. Quand je me levais le matin, j’avais l’adrénaline d’aller performer. J’avais toujours une pression de bien faire dans les entrainements ou lors des matchs. Et la compétition.