Employé de soutien chez les Capitals de Washington, Alex Chiasson (39) a amassé deux points en 16 matchs depuis le début des séries éliminatoires.

Marchessault et Chiasson de coéquipiers à rivaux

Ils s’affronteront au sommet de la pyramide hockey pendant le rendez-vous le plus attendu de la saison, dès lundi. Mais il y a 12 ans à peine, Jonathan Marchessault (Cap-Rouge) et Alex Chiasson (Saint-Augustin) étaient coéquipiers à Québec, dans une équipe midget qui évolue dans l’ombre.

Dans quelques jours, l’un d’eux gagnera la Coupe Stanley. Marchessault est l’un des importants rouages des Golden Knights de Vegas, déjà l’équipe la plus surprenante de l’histoire de la Ligue nationale. Chiasson est quant à lui un employé de soutien chez les Capitals de Washington, qui tentent d’enfin s’abreuver à même le grand calice pour la première fois de leurs 44 ans d’histoire.

En 2005-2006, à 15 ans, Marchessault et Chiasson jouaient pour le Typhon du Séminaire Saint-François, au niveau Midget Espoir. Leur entraîneur-chef de l’époque, David Smith, se souvient de deux jeunes garçons mordus de hockey.

«Dans le processus de développement d’un joueur, il y a beaucoup de choses qui entrent en considération. Mais une des choses qu’il faut savoir, c’est s’ils sont passionnés de ce sport-là. On voyait déjà que c’était des enfants passionnés, des joueurs qui s’impliquaient, qui voulaient réussir», a affirmé Smith, joint dimanche par Le Soleil, à la veille du début de la finale de la Coupe Stanley.

«Jonathan a toujours été un gars très social, qui rend l’atmosphère agréable. Il faisait déjà des blagues, il montrait du leadership. C’est sûr qu’il avait beaucoup d’énergie», raconte Smith. «Alex était un petit peu plus réservé, mais on voyait que c’était quelqu’un qui était mature, qui savait où il s’en allait.»

L’équipe comptait alors sur un autre futur joueur de la LNH, le défenseur David Savard, un membre important de la brigade des Blue Jackets de Columbus depuis plusieurs saisons. «On avait un groupe qui se tenait beaucoup», se souvient Smith, qui travaille dans le hockey depuis près de 30 ans avec son frère jumeau, Martin.

Si Chiasson n’a joué qu’une saison dans le Midget Espoir avant de faire le saut avec le Blizzard du SSF dans le Midget AAA, Marchessault y a quant à lui passé deux ans. À sa deuxième campagne, il a récolté 46 buts et 100 points en seulement 44 matchs, sans toutefois recevoir un appel du Blizzard. Signe, peut-être, qu’il était déjà sous-estimé à l’époque, comme il l’a été toute sa carrière ou presque.

Détermination

Smith parle d’un bel exemple de détermination. «À sa deuxième année, il y avait beaucoup de ses amis de notre équipe qui avaient fait le AAA. Lui était revenu avec nous, mais il avait gardé une super bonne attitude. Il avait travaillé vraiment fort. Au repêchage [de la LHJMQ], les gens en parlaient. Finalement, les Remparts l’ont pris et je pense qu’ils ne l’ont pas regretté.» En quatre saisons chez les Diables rouges, Marchessault a récolté 239 points en 254 matchs.

Pendant ce temps, Chiasson poursuivait son parcours à l’Université de Boston, où son jeu inspiré et son solide gabarit lui ont permis de devenir un choix de deuxième ronde (38e) des Stars de Dallas en 2009. Marchessault n’a jamais été repêché par la LNH.

Mais peu importe ces vieilles statistiques face à la grande histoire. Elles seront bien loin dans l’esprit de celui qui soulèvera le précieux trophée; loin aussi chez celui qui séchera ses larmes.