Biathlète aux Jeux olympiques de Vancouver, Marc-André Bédard ne pensait jamais à sa première participation au Pentathlon, il y a quelques années, que la compétition serait aussi relevée.

Marc-André Bédard: le Pentathlon à défaut de Sotchi

Malgré les sacrifices et les entraînements, le biathlète Marc-André Bédard n'a pas réussi à décrocher la dernière place dans l'avion de l'équipe canadienne qui s'est envolé pour Sotchi. Voilà qui lui permettra cependant de défendre son titre de champion au 10e Pentathlon des neiges qui s'installe sur les plaines d'Abraham dès vendredi.
Originaire de la région de la capitale, Marc-André Bédard est toujours émotif en se remémorant la défaite de décembre qui l'a privé d'un billet pour les Jeux olympiques 2014. «C'est difficile ces semaines-ci.» Après une première expérience en 2010 à Vancouver, il voulait «performer» en Russie. À 28 ans, il ne sait pas encore s'il aura l'énergie pour pousser jusqu'en Corée dans quatre ans.
Le sport est toutefois fort en enseignements, fait-il remarquer. Les défaites sont beaucoup, beaucoup plus nombreuses que les succès. «On se relève et on revient plus fort!»
Il tentera donc de décrocher un nouveau titre masculin au Pentathlon des neiges à l'issue d'une épopée de 15 km de vélo, de 5,5 km de course, de 8 km de ski, de 8,4 km de patin et, finalement, de 5,1 km de raquette! Total 42 km. Une épreuve qu'il a apprivoisée dans la douleur il y a trois, quatre ans : «Le calibre était beaucoup plus élevé que je m'y attendais. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit si difficile. J'ai vraiment souffert... Mais j'ai eu la piqûre.»
Le 8 mars, dernière fin de semaine de la célébration hivernale, Marc-André Bédard tentera également de décrocher les honneurs à la première présentation mondiale de la nouvelle mouture du Triathlon d'hiver sanctionné par l'International Triathlon Union (ITU).
«Le triathlon va être plus dans mes cordes», se réjouit-il. Cette fois, les courageux et courageuses devront compléter «seulement» 5 km de raquette, 12 km de patin et 8 km de ski.
Une première
La compétition internationale se renouvelle à Québec dans l'espoir d'accéder un jour aux Jeux olympiques hivernaux.
«C'est la première fois que l'ITU sanctionne un événement dans ce nouveau format», explique le directeur général du Pentathlon, François Calletta.
Avant, le vélo et la course côtoyaient le ski. L'ITU a toutefois remplacé les deux disciplines estivales par la raquette et le patin tout en conservant le ski, ce qui lui permettra de présenter un véritable triathlon d'hiver admissible aux JO. Plus ou moins 200 professionnels seront sur la ligne de départ.
La présentation de cette épreuve donnera plus d'envergure au Pentathlon des neiges, se félicite M. Calletta. Et lui injectera un peu de pep.
L'organisation entrevoyait d'ailleurs un certain essoufflement. «On s'attendait, cette année, à une décroissance.» La participation poursuit au contraire sa crue.
Ainsi, plus de 5300 inscriptions ont été comptabilisées pour les compétitions professionnelles et amateurs. En 2005, quelque 60 mordus avaient pris part à la première édition.
Au fait, l'an dernier, le Pentathlon n'avait pas pu présenter toutes ses épreuves, la température ayant attaqué son anneau de glace. Cette année, la Ville de Québec a décaissé autour de 700 000 $ pour aménager une patinoire réfrigérée. Le gouvernement du Québec verse, quant à lui, des subventions totalisant 71 000 $.