Marc-Andre Bédard, organisateur des courses Northman, a fabriqué pas moins de 4000 médailles de bois dans sa maison de Stoneham.

Marc-André Bédard, le «moine» bûcheron!

Créateur du concept et des obstacles, directeur de course, inspiration pour le nom de l’événement… Un peu plus et Marc-André Bédard produirait lui-même les 4000 médailles de bois distribuées lors des trois courses Northman de l’été! Attendez un peu…

Oui, c’est bien ce qu’il fait! Soyons honnêtes, il a de l’aide. La coupe des arbres et des rondins est effectuée par d’autres, mais Bédard, chez lui, marque au fer rouge chacune des récompenses remises aux participants des épreuves à obstacles inspirées de l’époque des bûcherons, dont la première aura lieu le 19 mai, au mont Sainte-Anne.

«Mon père rit de moi. Il dit que c’est une job de moine», rigole cet ancien biathlonien devenu coureur. Un travail de moine, oui, mais surtout un travail de bois. Et c’est ce qui réjouit Bédard.

Le Soleil l’a rencontré dans son nouveau «domaine», à Stoneham. Un immense terrain à flanc de montagne, en pleine forêt. La maison est plus chic qu’une cabane en bois rond, mais Bédard, avec sa barbe fournie, a toutes les allures d’un bûcheron.

Dans son établi, par les temps qui courent, il passe ses temps libres à confectionner des médailles. Après les avoir estampées du logo Northman, il perce un trou où sera inséré le ruban et dépose une couche d’huile des deux côtés. Les récompenses se ressembleront toutes, mais chacune sera unique. Par manque de temps, l’an dernier, il s’était tourné vers la Chine... et le métal. À contrecœur, comprend-on.

«Être dans le bois, c’est ma job de rêve», dit Bédard. Un travail qu’il s’est lui-même créé, en quelque sorte. Lorsqu’il travaillait pour la défunte entreprise américaine Battlefrog, celle-ci a tenté une percée au Canada. Les course organisées alors étaient de type militaire, mais les Canadiens n’ont pas un rapport aussi étroit avec l’armée que leurs voisins du sud, soutenait déjà Bédard, surnommé «Northman» par des collègues. L’idée lui est venue de créer une saveur canadienne, «plus de bois et du carreauté».

Hommage à un passé oublié

Avec ses épreuves comme le lancer de la hache et le sciage de billot, la course Northman se veut une façon originale de faire bouger jeunes et moins jeunes, mais aussi un hommage aux ancêtres de tout ce beau monde. Un passé trop oublié au goût de Bédard.

«On fait des courses à obstacles où on pense aux Spartiates, avec qui nous n’avons aucun lien. Mais tu n’as pas à regarder il y a 2000 ans. Ton grand-père ou ton arrière-grand-père était peut-être la personne la plus bad ass que tu connais. Si [ta famille] habite en Amérique du Nord depuis une couple de générations, c’est presque assuré que t’as du bûcheron dans le sang», s’enthousiasme Bédard, lui-même petit-fils d’un travailleur de la forêt.

Les courses Northman en sont à leur deuxième année d’existence. Pour celle du 19 mai, l’organisation a dépassé les 1000 inscriptions, déjà mieux que les 740 participants de l’an dernier.

Aux gens moins en forme qui hésitent à se lancer, Bédard envoie cette remarque : «Si t’es capable de marcher une heure et demie dans le bois, t’es capable de faire la course.» Car lors des épreuves du matin, plus familiales, chacun y va à son rythme. Sans chronomètre, sans pénalité si vous contournez un obstacle trop ardu. L’idée est de s’amuser en bougeant. Ou l’inverse.

L’après-midi, place aux membres de l’élite, catégorie appelée Timber pour l’occasion. On y court pour gagner, bourses à la clé. Nouveauté cette année, la tenue d’un marathon, une épreuve de 42 kilomètres ponctuée de plusieurs challenges et obstacles.

La Northman Race fait partie de la série JustRun, qui organise une cinquantaine de rendez-vous de course à pied au Québec, sur piste ou sur route. Pour plus de détails, consultez le https://tickets.justrun.ca/.