Généralement très calme et tenant des propos réfléchis, Marc-André Barriault, qui défendra vendredi son titre des moyens de l’organisation TKO face à Brendan Kornberger, brise les stéréotypes qui associent sports de combat et mauvais garçons.

Marc-André Barriault, le loup-garou bon garçon

«Les gens avec qui je travaille ont de la misère à comprendre que le soir je suis ça, alors que le jour, je suis le Marc-André serviable, aimable. J’ai des bonnes valeurs, je viens d’une bonne famille, mais j’ai quelque chose en dedans qui demande juste à sortir.»

Cuisinier dans les hôpitaux de Québec le jour, combattant en arts martiaux mixtes le soir. Et pas n’importe lequel. Marc-André Barriault (9-1, 6 K.-O.) est champion des moyens (185 lb) de l’organisation TKO. Vendredi soir, il livrera sa première défense de titre contre Brendan Kornberger (9-3, 6 K.-O.), de Vancouver. Le clou d’une soirée de 13 combats au Centre Vidéotron.

Peut-être une dernière prestation sur la scène locale pour l’athlète de 28 ans de Québec, puisque l’UFC, le plus prestigieux circuit d’arts martiaux mixtes au monde, a l’œil sur lui. Son rendez-vous suivant dans l’octogone pointe vers Calgary et l’UFC Fight Night du 28 juillet.

Barriault brise les stéréotypes de mauvais garçon que traînent les sports de combat depuis toujours. Il est plutôt du type poli, calme et souriant, tenant des propos articulés et réfléchis en entrevue sans parler pour ne rien dire. On nous confie qu’il ne s’est jamais battu dans la rue.

«Marc-André, c’est une force tranquille», le décrit son amie de cœur, Jade Masson-Wong, elle aussi combattante effectuant ses débuts dans les rangs professionnels vendredi. «Il est quelqu’un de vraiment calme, terre-à-terre, mais personne ne peut l’empêcher de se rendre où il veut.»

Un Dr Jekyll qui se change en Mr Hyde une fois dans la cage, un genre de loup-garou bon garçon le jour dont les crocs poussent la nuit venue. «J’ai un instinct animal qui fait en sorte que quand c’est le temps de me dépasser, de performer et d’épater, je suis bon pour ça», affirme le principal intéressé, ajoutant être «content de pouvoir être qui je suis dans ce sport-là».

Se dépasser en solo

Originaire de Gatineau, Barriault habite Québec depuis sept ans. Il est venu pour les études et le goût de l’aventure; il est resté pour le sport, l’amour et le boulot, dans l’ordre ou dans le désordre.

Il détient un DEC en diététique et deux diplômes en cuisine. À la maison, c’est lui le patron au département de la bouffe, sa deuxième passion, titre que lui reconnaît avec joie sa compagne. Outre l’entraînement et le travail, leurs trois chiens les tiennent occupés.

«J’ai toujours voulu me démarquer en solo», explique-t-il sur son cheminement vers les arts martiaux mixtes. «J’ai joué au football au secondaire, j’aimais le côté rudesse et le contact physique. Mais je trouvais qu’on était trop nombreux à pouvoir influencer l’issue du match, que ce soit la victoire ou la défaite. Là, j’ai une équipe derrière moi, mais dans la cage, c’est moi. Si je veux me dépasser, personne ne peut m’arrêter et si ça ne me tente pas, c’est mon problème. J’ai trouvé où je dois être.»

Son entraîneur depuis deux ans au Nova Gym, dans Limoilou, Dany Laflamme, souligne à quel point quand Barriault entre dans l’arène, «contrairement à d’autres combattants qui figent à cause de la nervosité, lui est prêt et il se laisse aller. Je le compare à Patrick Côté, il est inébranlable», fait valoir celui qui a dirigé Côté à ses débuts, Icho Larenas et Guillaume DeLorenzi entre autres combattants s’étant démarqués dans l’octogone.

Outre Barriault et Masson-Wong, Laflamme sera dans le coin de trois autres combattants vendredi, soit Larenas, Dany Mallette et Samuel Moisan. Jonathan Meunier, Stéphane Lavoie, Olivier Nadaud, Maxime Soucy et Joé Patry se battront aussi à la maison, tandis que Samuel Giguère vient de Saint-Georges de Beauce.

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LE TKO 43 EN CHIFFRES

- 2 combats de championnats au lieu des 3 annoncés, puisque Jonathan Meunier (170,2 lb) et Menad Abella (171,4) ont tous deux surpassé la limite de 170 lb fixée pour leur duel au titre vacant des mi-moyens de TKO. Le combat a quand même lieu, mais sans ceinture en jeu et pour trois rounds de cinq minutes au lieu de cinq

- 13 combats prévus, à compter de 18h

- 14 des 26 combattants sont nés ou ont habité au Québec, dont 10 dans la région de Québec

- 19 ans, l’âge du plus jeune combattant, Sebastian Ruiz (3-0), appelé comme remplaçant à une semaine d’avis pour livrer un combat de championnat des poids coqs (135 lb) à l’Albertain de 33 ans Jesse Arnett (14-4)

- 37 ans, l’âge du plus vieux combattant, Eduardo «Icho» Larenas (6-5), Argentin originaire de Québec

- 265 lb, le poids d’Adam «Kung Fu Panda» Dyczka (6-0), de Granby, le plus lourd du gala, qui affronte justement Larenas (236 lb)