Marathon SSQ Lévis-Québec: surmonter ses handicaps et courir!

Il n'y a pas de limite si tu as de la volonté. Même s'il est complètement aveugle et qu'il est âgé de 78 ans, Jean Bouchard a tenu à participer dimanche au Marathon SSQ Lévis-Québec.
Accompagné par un ami, Guillaume Laframboise, il a traversé l'épreuve de 10 kilomètres en 1h06 min 41,2 s. Il a terminé en neuvième place dans la catégorie des 70 ans et plus. Un bel exploit.
Toutefois, les statistiques importent peu pour le septuagénaire, et ce, même si elles sont très respectables. C'est plutôt le message derrière le geste posé. C'est-à-dire? Montrer aux gens qu'il n'y a pas vraiment de limite, affirme au Soleil M. Bouchard, qui n'en était pas à ses premiers kilomètres en course à pied. C'était d'ailleurs sa deuxième participation à l'événement de dimanche. Il a aussi notamment participé à quelques reprises au 10km du Marathon des Deux-Rives et aussi au marathon de Boston.
Quelques minutes après avoir traversé le fil d'arrivée, le numéro 21187 était tout sourire alors que plusieurs personnes présentes aux abords des clôtures de sécurité le félicitaient pour son exploit. Il faut dire que l'athlète était assez facile à reconnaître avec son chandail : «Jean Bouchard coureur aveugle».
Souffrant de rétinite pigmentaire, M. Bouchard a vu graduellement sa vue baisser à partir de l'âge de 23ans. À 50 ans, les lumières se sont éteintes. «Je suis aveugle total. Je ne vois jamais le soleil ni la lumière. Je suis sourd de naissance, aussi», précise-t-il.
C'est pourquoi il lui faut durant le parcours un accompagnateur, auquel il est relié avec une corde à son poignet. Celui-ci le prévient s'il y a un obstacle sur la chaussée.
Mais malgré ses handicaps, M. Bouchard n'a jamais baissé les bras et a su relever les épreuves. «C'est important de se tenir en santé. C'est aussi bon pour le physique et le moral. Aujourd'hui, j'ai tenu un tempo régulier, mais j'ai été obligé d'arrêter quatre fois pour boire de l'eau.»
Pas question d'arrêter
Résident de Sainte-Foy, M. Bouchard s'entraîne cinq fois par semaine au PEPS de l'Université Laval. Et pas question, pour celui qui a commencé les compétitions en 1977, de manquer un entraînement. «Si on reste à ne rien faire, c'est là qu'on est malade. La santé va diminuer. Il faut se garder en forme. Je fais ça par plaisir», raconte celui qui a récolté jadis 76médailles lors des Championnats canadiens pour handicapés. «Je faisais aussi de la natation», précise-t-il. M. Bouchard a aujourd'hui plus de 250 courses à son actif.
Trois jours par semaine au PEPS, 30 minutes de natation, 20 minutes de vélo et 30 minutes de tapis roulant sont à l'horaire. Les deux autres journées au programme ne sont pas plus relax, la course sur piste à l'extérieur étant au menu.
Tous ses efforts, il les fait avec un but bien précis. Il souhaite participer à l'une des épreuves en 2016 du marathon de Toronto. «Guillaume aimerait bien y aller au mois d'octobre, alors pourquoi pas», conclut avec le sourire celui qui soufflera ses 79 bougies en novembre.