Guy Dorval, président du Club La Foulée, apprécie le fait que le Marathon de Québec se déroule entièrement en ville. «C’est un point positif. Il y a beaucoup moins de lignes droites qui peuvent devenir monotones.»

Marathon de Québec: urbain et renouvelé

Aux yeux de Guy Dorval, président du Club La Foulée, la nouvelle mouture du Marathon de Québec qui aura lieu dimanche ne sera ni plus facile ni plus difficile que l’ancien Marathon des Deux Rives, qui de 1998 à l’an dernier étalait ses 42,2 km à Lévis et à Québec.

Professeur de géographie à l’Université Laval, Dorval sait de quoi il parle puisqu’il a organisé en septembre trois sorties de reconnaissance sur le nouveau parcours, qui se déroulera exclusivement dans la capitale. «Je pense que quelqu’un qui a fait souvent l’ancien marathon devrait faire des temps semblables à ceux qu’il faisait sur l’ancien parcours. Par exemple, moi, je vise 2h55», explique le coureur de 58 ans.

Malgré tout, il souligne que le parcours est tout de même différent de celui des années précédentes. Il traverse les huit quartiers de Québec: Limoilou, Saint-Roch, Sillery, Montcalm, Saint-Sauveur, le Faubourg Saint-Jean-Baptiste, la Colline Parlementaire et le Vieux-Québec.

Moins de dénivelés

«Ce sont des secteurs où je cours souvent et que je connais bien. Des gens ont beaucoup parlé de la montée de 4,5 km vers la Terrasse Grey. C’est vrai que le dénivelé positif du marathon de cette année est un peu plus élevé et qu’il y a un peu moins de dénivelés négatifs. Cependant, un dénivelé négatif n’est pas nécessairement toujours bon, car c’est difficile pour les quadriceps», analyse Dorval, citant les cas du Marathon de Boston et du Marathon du P’tit train du Nord, dans les Laurentides, qui a eu lieu pour la première fois l’an dernier.

«À Boston, plusieurs se retrouvent avec les quadriceps gonflés après le dénivelé négatif des 10 premiers kilomètres. Quant au P’tit train du Nord, c’est un parcours en descente tout le long, mais ça ne rend pas l’épreuve nécessairement plus facile. Il y a un impact mécanique important», commente-t-il à propos de l’événement qui se targue d’être le marathon le plus rapide en Amérique du Nord.

Dorval note également que l’idée de placer la montée au 23e kilomètre du Marathon de Québec cette année est une bonne initiative. «C’est excellent, car si c’était plus tard, une grande partie des coureurs seraient déjà trop fatigués. Malgré tout, il faut quand même accepter de concéder un peu de temps dans la montée. Si je garde la même cadence que pour le reste du trajet, je vais me planter.»

Dorval apprécie également beaucoup, pour plusieurs raisons, le fait que le Marathon de Québec se déroule entièrement en ville. «C’est un point positif. Il y a beaucoup moins de lignes droites qui peuvent devenir monotones comme on pouvait en voir sur le boulevard Champlain ou sur la piste cyclable de Lévis, qui étaient en plus des endroits plus sensibles au vent. Le nouveau parcours est beaucoup plus diversifié et beaucoup plus intéressant.»

La version 2018 du Marathon de Québec sera également une boucle alors que ce n’était pas le cas par le passé. «Presque tous les marathons se tournent maintenant vers des parcours en boucle, notamment Toronto, Chicago et Washington. Même le Marathon de Montréal a opté pour un parcours en boucle cette année. Les seules épreuves qui ne le font pas sont des marathons très vieux qui ne veulent pas changer leur trajet, comme Boston et New York.»

Plaisir et découverte

Le géographe en lui avoue aussi qu’il adore cet aspect urbain. «Moi, parmi tous les marathons que j’ai faits à travers le monde, mes préférés demeurent toujours les parcours urbains. On découvre la ville. Moi, je vis en ville et j’adore la ville, alors c’est un véritable plaisir. De plus, j’ai toujours cru que la réussite d’un marathon tenait beaucoup au fait que les gens de la région et de la ville se l’approprient.»

Finalement, le président du Club La Foulée ajoute que le changement de date du Marathon de Québec devrait aussi être lui bénéfique. «L’un des handicaps qu’il y avait par le passé, c’était que ça se passait à la fin du mois d’août et que, quand il faisait soleil, ça devenait un four sur le boulevard Champlain avec le vent dans le dos. Moi, j’aime beaucoup mieux courir à 4 °C qu’à 24 °C. Cette année, on annonce entre 6 et 9 °C, alors c’est encore mieux.»

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PARTICIPATION RECORD

Le Marathon de Québec, qui aura lieu dimanche matin, accueillera un nombre record de coureurs. Jeudi, 1551 inscriptions étaient enregistrées, contre le sommet de 1533 du Marathon des Deux Rives de 2014. «Je crois que c’est dû à un heureux mélange de facteurs, dont la nouvelle date, la curiosité envers le nouveau parcours et l’intérêt des participants à courir dans un décor de carte postale», note Chantal Lachance, vice-présidente de Gestev, producteur délégué de l’événement. Le nombre de pays représentés par les coureurs est également à la hausse avec 20, dont l’Éthiopie, le Kenya, la Chine, le Mexique, l’Irlande et la France, en plus de huit provinces canadiennes et 595 municipalités du Québec. L’organisation n’a pas non plus ménagé ses efforts pour amener le public près de la course, histoire de créer une ambiance pour les coureurs. «C’est la clé pour le développement du Marathon de Québec, l’intégration et la proximité du public pour lui permettre d’encourager les participants.»

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LE PARCOURS EN CHIFFRES

  • 14 m : dénivelé total
  • 2,4 km : descente vers la basse-ville (71 m de dénivelé négatif)
  • 2,5 km : montée vers la haute-ville (78 m de dénivelé positif)
  • 6,7 % : inclinaison de la montée la plus abrupte (côte de la Fabrique)
  • 13,2 % : inclinaison de la descente la plus abrupte (rue des Glacis)
  • 1,1 km : distance sur le pavé
  • 8,4 km : distance sur piste cyclable
  • 275 m : distance dans le pont-tunnel Joseph-Samson