Phillip Danault a expliqué que les joueurs du Canadien ne travaillaient pas bien en équipe en ce moment. Il a ajouté qu’ils devaient faire des petits ajustements. Des petits détails qui vont faire que l’équipe est 100 fois meilleure.

Manque de cohésion: le Canadien travaille sur «les petits détails»

BROSSARD — Phillip Danault n’a pu s’empêcher de rire, vendredi matin, quand il a utilisé l’expression des «petits détails» pour une sixième fois dans ses réponses concernant les points à améliorer chez le Canadien.

L’équipe en arrache depuis le début de la campagne dans son jeu défensif et de transition, résultat notamment d’un manque de cohésion entre les joueurs sur la patinoire.

Les joueurs ayant affronté les Red Wings de Detroit la veille ne sont pas allés sur la patinoire du Complexe sportif Bell vendredi, se concentrant plutôt sur une séance vidéo pour mettre l’accent sur les «petits détails».

«Nous ne travaillons pas bien en équipe en ce moment, a admis Danault. Nous devons faire des petits ajustements. Ce sont des petits détails qui vont faire que notre équipe est 100 fois meilleure. Nous l’avons vu sur la vidéo ce matin.»

«Nous devons jouer en unité de cinq sur la patinoire, a indiqué Christian Folin, en entrant un peu plus dans les fameux détails. Il faut réduire l’espace entre les attaquants et les défenseurs, travailler en unité de cinq. Si nous y parvenons, nous allons avoir du succès.»

De son côté, l’entraîneur-chef Claude Julien a mentionné qu’il avait aussi fait du renforcement positif. Après tout, le Canadien a récolté au moins un point lors de trois de ses quatre rencontres jusqu’ici.

«C’est simple. Vous démontrez les choses qui font défaut, mais aussi ce qui va encourager les gars à jouer d’une certaine façon, a-t-il expliqué. Ce sont des correctifs, mais aussi du positif. Nous ne voulons pas que les joueurs repartent frustrés d’ici. Nous voulons qu’ils soient motivés à jouer [samedi].»

Quant aux raisons qui peuvent expliquer ce manque de cohésion en début de campagne malgré le retour du même noyau de joueurs, quelques pistes ont été explorées - le long été, les expériences durant le camp, un simple moment moins fort au cours d’une saison. Cependant, les joueurs n’arrivaient pas à mettre le doigt sur une raison en particulier.

«Peut-être que le système n’a pas encore été bien intégré par tout le monde, a dit Danault. Il faut se concentrer avant les matchs. Nous le voyons sur la vidéo, il faut l’appliquer à l’entraînement et durant les matchs. Ce sont des petits détails à régler.

«Nous voulons produire, mais ce n’est pas en pensant que nous allons marquer sans faire les détails que ça va fonctionner. Il faut respecter notre système de jeu. C’est comme ça que ç’a fonctionné la saison dernière, c’est aussi comme ça que ça va fonctionner cette saison.»

La patience avec Suzuki et Fleury

Pendant que le Canadien tente de régler les problèmes de son jeu défensif, il semble que la recrue Cale Fleury devra pendre son mal en patience.

Après avoir gagné un poste pendant le camp et disputé les deux premiers matchs de la saison, Fleury et son partenaire de jeu Brett Kulak ont été laissés de côté lors des deux dernières rencontres au profit de Mike Reilly et Christian Folin.

Questionné au sujet de l’utilisation de Fleury, Julien a répondu qu’il avait «d’autres chats à fouetter» présentement. Il a aussi affirmé que Kulak avait eu de «grosses difficultés» lors des deux premiers matchs et préfère faire confiance à Reilly et Folin, qui ont plus d’expérience.

«Pour l’instant, ils se débrouillent assez bien, a dit Julien au sujet du duo Reilly-Folin. Je ne pense pas qu’ils sont parfaits, comme le reste de nos défenseurs. Ils nous donnent un peu plus d’expérience pour l’instant. Mais ça reste une période un peu plus difficile défensivement. Vous devez vous tourner vers certains vétérans pour qu’ils accomplissent le travail.»

Julien est aussi revenu sur ses propos tenus à l’endroit de Nick Suzuki après la défaite en prolongation face aux Sabres de Buffalo, mercredi. Il avait alors affirmé que l’attaquant recrue devait rehausser son niveau d’implication dans le jeu.

«Je dis parfois des choses que je finis par regretter parce que ça prend des proportions trop grandes, a dit Julien. Suzuki est un jeune de 20 ans avec un très beau potentiel. Il sera un bon joueur dans cette ligue. Il a joué seulement quatre matchs. Quand je parle de son niveau de compétition, je ne dis pas qu’il n’est pas un bon joueur, qu’il ne travaille pas ou qu’il est paresseux. Je dis simplement qu’il doit faire certains ajustements et offrir de la constance.»

Par ailleurs, le défenseur Noah Juulsen a repris l’entraînement depuis quelques jours et il a obtenu le feu vert des médecins pour effectuer son retour au jeu. L’équipe l’a cédé au Rocket de Laval, dans la Ligue américain, pour lui permettre de retrouver la forme. Il devrait être disponible pour disputer le match de samedi contre les Admirals à Milwaukee

Juulsen a ressenti au deuxième jour du camp du Canadien, le 14septembre, des maux de tête et il a rencontré un spécialiste au Michigan pour obtenir une deuxième opinion. Julien n’a pas voulu entrer dans les détails, mais a rappelé que les maux de tête n’étaient pas le résultat d’une commotion cérébrale.

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L'UNITÉ DE DÉSAVANTAGE NUMÉRIQUE INQUIÈTE CHEZ LE TRICOLORE

BROSSARD — Le Canadien a passé le dernier hiver à chercher des solutions pour relancer un avantage numérique anémique. Si cet aspect du jeu ne semble pas un problème en ce début de campagne, c’est plutôt l’unité de désavantage numérique qui inquiète un peu.

Les adversaires du Tricolore ont déjà marqué cinq buts en 15 occasions lors des quatre premières parties.

«De mon point de vue, nous devons être un peu plus vigilants, a mentionné Artturi Lehkonen. Nous ne devons pas laisser la rondelle passer tout proche parce que ça crée des chances de marquer.»

Certaines mauvaises tendances commencent déjà à ressortir.

Jeudi soir, face aux Red Wings de Detroit, Anthony Mantha a pu décocher trois tirs sur réception à la suite de passes transversales dans un intervalle de 72 secondes. La troisième fois a été la bonne et ce but s’est avéré celui qui a fait la différence dans le match.

La veille face aux Sabres de Buffalo, Victor Olofsson avait touché la cible grâce à un tir sur réception après une passe transversale. Lors du premier match face aux Hurricanes de la Caroline, Martin Necas avait marqué en déviant un tir de la pointe après un jeu de passes qui avait commencé avec une passe transversale.

C’est donc dire que trois des cinq buts accordés par le Canadien en infériorité numérique ont été le résultat direct d’une passe transversale.

«La passe transversale est souvent ouverte, a reconnu Phillip Danault. Toutes les équipes ont des joueurs avec de bons lancers -— Mantha, Auston Matthews à Toronto. Ces passes-là sont toujours dangereuses.»

Samedi soir, le Canadien accueillera les Blues de St. Louis, champions en titre de la coupe Stanley. Les Blues ont marqué deux buts en 11 occasions en avantage numérique depuis le début de la campagne.

Le Canadien devra se méfier d’Alex Pietrangelo, posté en position pour décocher des tirs sur réception dans le cercle des mises en jeu à la droite du gardien. Pietrangelo a marqué l’un des deux buts des Blues en supériorité numérique cette saison.

Vladimir Tarasenko se retrouve dans cette même position sur l’autre vague. L’attaquant russe a inscrit 55 de ses 211 buts dans la LNH en avantage numérique, dont 12 l’hiver dernier. La Presse canadienne