Malgré un tragique accident, Marco Dubé toujours passionné de motocross

Dix ans après un accident en piste qui a failli lui coûter la vie et dont il endure encore des séquelles, l’ancien champion de motocross Marco Dubé laisse aller son fiston de neuf ans en compétition pour la première fois, cette semaine, à Deschambault.

Le petit Alexy a pris le départ de sa première course officielle, mercredi matin, dans le cadre du championnat canadien amateur. «Il voulait tellement... qu’il a frappé la barrière de départ! Il a anticipé... On riait, mais lui était déçu», explique un Marco Dubé dans son élément avec les moteurs et la poussière.

Le Soleil l’a joint au téléphone sur le site de motocross de Deschambault, où les amateurs de tous âges roulent jusqu’à vendredi, dont Alexy Dubé en 65 cc. Avant de voir les gros noms prendre la piste d’assaut samedi pour la seule étape du circuit canadien professionnel présentée au Québec.

C’est justement dans Portneuf que Marco Dubé a fait ses débuts pros en 1994, il y a déjà 25 ans. Le sympathique rouquin a ensuite fait la pluie et le beau temps sur les pistes d’un océan à l’autre durant 15 ans, remportant entre autres deux titres de champion canadien pro.

Un gros accident survenu à l’entraînement, en 2009, à Lévis, a toutefois mis fin à sa carrière. Et presque à sa vie. Une fracture de la colonne vertébrale (vertèbre dorsale D12) et surtout une sévère commotion cérébrale, pas sa première, l’ont ensuite plongé dans sept longues années de douleur.

«La vie est belle, aujourd’hui. Ç’a été dur un bon bout, mais je suis un bagarreur», confirme le résident de Québec de 42 ans. Merci aux spécialistes qui le soignent depuis une décennie, dont l’ostéopathe Anne David, versée en sophrologie. «Je l’appelle “ma deuxième femme”!» rigole Dubé.

Il s’est battu et lutte encore aujourd’hui, estimant avoir retrouvé entre 85 et 90 % de ses capacités d’antan. Ça lui a quand même pris trois ans juste pour remonter sur la selle d’une moto.

«J’ai été pro durant 15 ans et je recommencerais demain matin! Le motocross, je suis piqué creux», illustre néanmoins celui qui possède maintenant son entreprise de distribution d’équipement de protection pour le motocross.

La grosse piste

Et voilà que fiston désire poursuivre la lignée. Si papa le voyait d’abord sur la petite piste à Deschambault, Alexy a sauté tout de suite au plat principal, la grosse piste. Mais le oui final est revenu à maman Isabel, d’abord très réticente de voir Alexy suivre les traces de Marco.

«Elle a fini par dire oui. Il est très persuasif... Il est sur un motocross depuis l’âge de deux, trois ans, il a la piqûre depuis longtemps. Ça faisait trois ans qu’il nous achalait pour faire de la compétition. J’ai bien peur qu’il aime ça! De mon côté, je m’efforce de lui enseigner à se protéger le plus possible, on appelle ça du pilotage défensif.»

Le jeune excelle déjà sur deux roues sans moteur, en BMX. Aux récents championnats canadiens de BMX, à Toronto, junior a fini quatrième et cinquième dans ses catégories. Vendredi, une fois ses épreuves de motocross terminées à Deschambault, les Dubé remballent pour Saint-Bruno où garçon a des courses de vélo.

Quant à la plus jeune de la famille, Nelly, sept ans, elle maîtrise aussi le guidon à moteur, mais se concentre sur la gymnastique.