Le légendaire Magic Johnson, membre de la célèbre Dream Team des JO de 1992 et l'un des artisans des cinq titres des Lakers de Los Angeles pendant les années 80, vient d'être nommé président des opérations basketball des Lakers, pour tenter de redonner à l'équipe son lustre d'antan.

Magie et patience au menu des Lakers

Malgré une défaite de 119-98 encaissée par leurs favoris dimanche face aux Spurs de San Antonio, les partisans des Lakers de Los Angeles ont retrouvé le sourire depuis la nomination au poste de président des opérations basketball du légendaire Magic Johnson.
Le contraste ne pouvait pas être plus saisissant : d'un côté, les Spurs, considérés comme l'équipe la mieux gérée de NBA qui a remporté cinq titres depuis la nomination de son emblématique entraineur Gregg Popovich en 1996, et de l'autre, les Lakers, à la recherche de leur gloire passée et modèle... d'instabilité avec quatre entraineurs en cinq saisons.
«Si quelqu'un peut redonner du lustre à cette équipe, c'est bien lui», assure Kirk, un partisan acharné des Lakers habillé d'un maillot jaune frappé du nom du quintuple champion de la NBA.
«Mais cela va prendre du temps pour que les Lakers rejouent les premiers rôles, peut-être deux ou trois saisons», estime-t-il.
Pas d'un coup de baguette... magique
Depuis sa prise de fonction, l'intéressé ne dit pas le contraire, à savoir que le retour des Lakers au sommet ne se fera pas d'un coup de baguette... magique. «Je ne veux pas mentir à nos admirateurs : il va falloir du temps, mais mon objectif est de refaire des Lakers une équipe capable de gagner des titres», a insisté l'ancien meneur des Lakers version «Showtime».
Même s'il a fait fortune dans les affaires, notamment dans le sport professionnel avec ses participations avec les Dodgers, l'équipe de basket féminin des Sparks et la future équipe de soccer du Los Angeles FC, Johnson, 56 ans, entre en territoire inconnu.
«Il peut être celui qui va tout changer, car il a été une étoile de cette équipe, il a un charisme incroyable et il peut convaincre des joueurs de renom de porter le maillot de l'équipe, mais il faut se souvenir qu'il n'a pas d'expérience de gestion au quotidien d'une équipe, ce qui n'est pas facile comme le montrent Phil Jackson avec les Knicks et Michael Jordan avec Charlotte», rappelle Mark Medina, le journaliste qui suit les Lakers pour le quotidien Los Angeles Daily News.
Depuis le décès en 2013 du patriarche Jerry Buss qui avait pris le contrôle des Lakers en 1979, la franchise de la NBA la plus connue de la planète est tombée bien bas.
Elle enchaine les saisons catastrophiques sur fond de recrutements surprenants, inefficaces ou sans relief, et de mésentente entre les copropriétaires, Jeanie Buss et son frère Jim.
Orphelins depuis avril dernier de leur dernière super étoile Kobe Bryant, les Lakers sont avant-derniers de la conférence Ouest et devraient manquer les séries éliminatoires pour la quatrième saison de suite.
Place aux jeunes!
La semaine dernière, Jeanie Buss a perdu patience et a donné les pleins pouvoirs à Magic Johnson, revenu au début du mois comme simple conseiller. Elle a coupé au passage les têtes de son propre frère et du directeur général Mitch Kupchak, en poste depuis 2000.
«J'ai pris ces décisions afin que tout le monde tire désormais dans la même direction», a insisté la présidente des Lakers, confirmant ainsi les dissensions au sein de l'ancienne équipe dirigeante.
Pour marquer sa prise de fonction, Magic Johnson a échangé Lou Williams, le meilleur marqueur du club, aux Rockets de Houston contre Corey Brewer et un choix au premier tour du repêchage de 2017.
«Son message est clair : il veut que les Lakers renouent avec la gloire et que nous, les jeunes joueurs, nous prenions nos responsabilités», explique le pivot croate Ivica Zubac.
Même Popovich espère que Magic Johnson réussira. «Je l'ai toujours admiré, pour ce qu'il a fait sur les terrains et en dehors, c'est bien pour tout le monde s'il y a de bonnes équipes dans des grandes villes», a rappelé l'entraineur des Spurs.