Si la direction de la Santé publique n’autorisait pas de plan de relance des sports de combat dans un avenir rapproché, la fédération de lutte professionnelle pourrait fort bien être victime d’un compte de trois et ne jamais se relever.
Si la direction de la Santé publique n’autorisait pas de plan de relance des sports de combat dans un avenir rapproché, la fédération de lutte professionnelle pourrait fort bien être victime d’un compte de trois et ne jamais se relever.

Lutte: en manque de revenus, la NSPW de Québec songe à reprendre sans permission

La pandémie s’avère présentement le plus vilain personnage de la North Shore Pro Wrestling (NSPW) de Québec. Si la direction de la Santé publique n’autorisait pas de plan de relance des sports de combat dans un avenir rapproché, la fédération de lutte professionnelle pourrait fort bien être victime d’un compte de trois et ne jamais se relever.

Président fondateur de la NSPW, Steve Boutet, est sur le point de dépenser les derniers dollars disponibles pour maintenir son passe-temps à flot. Le 1er juillet, il devra verser les 2000 $ servant à payer le loyer du local, sur la rue Saint-Vallier, les assurances et tout ce qui l’accompagne. Après, le compte sera à sec.

«Pour nous, c’est une question de survie. C’est plate parce qu’on était vraiment sur une bonne lancée. Depuis cinq ans, on a fait à peu près tous les grands festivals. En 2019, on a fermé le Capitole et on a ouvert le Diamant, ce n’est pas rien, quand même, pour une aventure qui a commencé en 2008, à Pont-Rouge, devant 16 personnes», explique celui dont l’organisme ne reçoit aucun soutien financier gouvernemental.

«Silence radio»

Après avoir eu des échanges courtois avec la direction de la Santé publique de Québec et s’être promené d’un ministère à l’autre afin de trouver une solution au problème auquel fait face son association et quelques autres au Québec, Steve Boutet est confronté depuis deux semaines à un «silence radio». Il est rendu à un point où il pense défier l’interdiction d’ouvrir son école de lutte.

«Je ne les lâche pas depuis le milieu du mois d’avril, mais il ne se passe rien depuis deux semaines. La pression a fonctionné pour le camping, les restaurants, on va tenter notre chance, nous aussi», dit celui qui affirme ne plus avoir rien à perdre.

S’il ouvrait les portes de son local avant de recevoir le feu vert, ce ne serait pas pour y tenir des galas. D’ailleurs, tous ceux prévus pour l’été à travers le Québec ont été annulés. Mais rien n’empêcherait la tenue de cours théoriques pour les futurs lutteurs, selon lui.

«Ce qui bloque, c’est toujours la règle des deux mètres. Je vais aller démonter le ring dans notre local cette semaine, installer des chaises en respectant la distanciation et envoyer des photos à la Santé publique. Ce qu’on veut faire, dans une première phase, c’est de la théorie, du visionnement de combats, donner des cours de promotion et de développement de personnages en se conformant aux règles. Dans une deuxième phase, il pourrait y avoir un retour individuel dans le ring et dans une troisième, de la pratique avec gants et masques. En septembre, on pourrait faire des galas télévisés à huis clos, et en janvier, devant un public. Mais ce n’est pas notre priorité de faire des galas pour l’instant.»


« Je ne les lâche pas depuis le milieu du mois d’avril, mais il ne se passe rien depuis deux semaines. La pression a fonctionné pour le camping, les restaurants, on va tenter notre chance, nous aussi »
Le président fondateur de la North Shore Pro Wrestling, Steve Boutet

Après le 1er juillet, les coffres seront vides en raison de la pandémie, mais il restera encore trois ans à écouler au bail de location du local de lutte fait au nom personnel de Steve Boutet. Environ 40 membres sont prêts à revenir et à payer leur abonnement, ce qui assurerait les frais de base de la NSPW.

«Je sais que le club de boxe Empire ouvre à l’extérieur, dans son stationnement. On n’en a pas, nous, de stationnement. Je ne vis pas de ça, j’ai un autre emploi, et je fais cela bénévolement, par passion. Dès qu’on a un petit profit, il est réinvesti dans de l’équipement. Si je n’ai pas réponse d’ici la fin du mois de juin, je pourrais rouvrir le local, début juillet. On n’a pas d’autre option», ajoutait-il dans l’espoir d’un dénouement positif.