La Belge Femke Van Den Driessche a été suspendue pour six ans après être devenue, aux Mondiaux de cyclo-cross en janvier 2016, la première cycliste à se faire prendre avec un moteur dans son vélo.

L'UCI passera les vélos aux rayons X pour détecter les moteurs

GENÈVE — Pour démontrer que le peloton n’utilise pas de moteur dans ses vélos, l’Union cycliste internationale (UCI) met en place dès cette fin de semaine un contrôle par rayons X, dans le cadre d’un vaste plan de lutte contre la fraude technologique.

Même s’il n’existe aucun cas avéré de présence de moteur dans un vélo d’un grand coureur actuel — un premier cas prouvé en janvier 2016 aux Mondiaux de cyclo-cross avait valu à la Belge Femke Van den Driessche une suspension de six ans —, l’UCI veut aller plus loin et répondre aux critiques sur la présumée absence de fiabilité de ses systèmes de contrôle utilisés jusqu’à maintenant.

Le Français David Lappartient, qui a succédé en septembre à l’Anglais Brian Cookson à la tête du cyclisme mondial, avait fait du combat contre le dopage technologique une des priorités de sa campagne électorale. Quatre mois plus tard, il passe à l’acte.

«Le rôle de l’UCI, c’est de garantir la fiabilité du résultat, de protéger les athlètes mais aussi de les protéger contre de nombreuses rumeurs», a insisté Lappartient à Genève, lors de la présentation de son plan d’action. «Nous souhaitons démontrer que nos coureurs n’utilisent pas de moteur. Le but est de démontrer qu’il n’y en a pas et que tout le monde se bat à armes égales.»

Pour ce faire, une unité de contrôle des vélos par rayons X va être mise en œuvre dès cette fin de semaine sur une course du WorldTour. Un tel système avait déjà utilisé sur le Tour de France 2010.

«Comme dans un livre ouvert»

Cette unité mobile, sorte de gros cube installé sur une remorque et construit par la société VJ Technologies et dont l’UCI ne possède pour le moment qu’un seul exemplaire, est «une solution indéniable, qui permet de lire dans le vélo comme dans un livre ouvert et évite le démontage», a expliqué Jean-Christophe Péraud, ancien coureur professionnel français et ingénieur en Génie énergétique.

Vice-champion olympique de VTT et deuxième du Tour de France 2014, Péraud a été recruté en novembre par l’UCI pour diriger la Commission matériel et lutte contre la fraude technologique de l’UCI. «Nous serons présents avec cette technologie sur les cinq continents et dans 18 pays. Nous allons couvrir 50 % du calendrier WorldTour, mais aussi d’autres disciplines comme le mountain bike ou la piste.»

L’UCI va continuer dans le même temps à utiliser son système de tablettes magnétométriques, mais souhaite développer avec le Commissariat français à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, un outil plus abordable «à destination des fédérations nationales», a annoncé Lappartient.

«Nous conservons aussi la possibilité d’utiliser les caméras thermiques et on n’exclut pas non plus de faire des démontages physiques des vélos comme on l’a fait aux Mondiaux de cyclo-cross. La crédibilité n’a pas de prix, mais elle a un coût», a relevé le président de l’UCI, précisant que l’instance a pour le moment investi un total de 500 000 euros (près de 800 000 $CAN) dans ce nouvel outil à rayons X, ainsi que sur la recherche fondamentale et sur la future tablette à magnétométrie.