Le nageur Louis Fortier-Morisset

Louis Fortier-Morisset, un dossiste qui a de l'élan

Louis Fortier-Morisset a dominé le circuit collégial de natation, cet hiver. Seize victoires en 16 départs. Et cinq courses records. Comme un poisson dans l'eau pour le cinquième de six enfants d'une famille de Sillery où tout le monde nage.
Les performances de Fortier-Morisset, avec celles de Lily Bellehumeur-Bécham et de Samuel Paquin, entre autres, ont permis à l'équipe de natation du cégep Garneau de gagner le championnat collégial québécois à sa toute première saison de renaissance. Aussi de mettre fin à six ans de règne des nageurs du collège montréalais John-Abbott.
«Aucune équipe collégiale n'avait établi autant de records [7] et aucun nageur autant de records la même année [Fortier-Morisset, 5 records sur 4 épreuves]», insiste l'entraîneur-chef des Élans, Louis-Philippe Noël, qui a relancé le club de Garneau après un hiatus de 11 ans. 
Noël se rappelle que de son temps de nageur cégépien, il y a une vingtaine d'années, Garneau, Sainte-Foy, Limoilou et Lévis abritaient chacun une équipe collégiale de natation. Les Élans font aujourd'hui cavalier seul dans la capitale. 
Sortie de l'école secondaire Les Compagnons-de-Cartier, à Sainte-Foy, Fortier-Morisset termine sa deuxième année en technique informatique. Dans les rangs civils, calibre plus fort que le scolaire, il est passé du club de Natation Sainte-Foy et Haute-Saint-Charles au volet civil du Rouge et Or de l'Université Laval. 
Il est le fils de deux anciens sauveteurs de piscine, son grand frère a participé aux traversées des lacs Saint-Jean et Memphrémagog. Pour sa part, l'athlète de 19 ans excelle à la nage sur le dos en bassin de 25 mètres. 
Place à l'amélioration 
Il doit toutefois s'améliorer en bassin de 50 mètres pour atteindre son objectif de participer aux essais olympiques de 2020, pour Tokyo, aux épreuves de 100 m dos, 200 m dos et 200 m quatre nages. L'an dernier, il aurait pu s'essayer au 100 m dos, il avait réussi le standard en vue des essais de Rio. Mais se déplacer à Toronto pour un seul départ ne valait pas le coût. Aller aux JO? Peut-être 2024, qui sait. 
En décembre dernier, par contre, sa présence dans la Ville Reine a valu la peine quand il a décroché la troisième position du 50 m dos de l'Ontario Junior International en 25,62 secondes, une importante compétition civile réservée aux 18 ans et moins. Ses chronos de 54,88 secondes au 100 m dos et de 2:00,15 au 200 m dos l'ont aussi placé deux fois quatrième, cette fin de semaine là. 
Pour l'anecdote, glissons que lors du triomphe de Fortier-Morisset et de ses coéquipiers des Élans, le 2 avril, le coach Noël n'était même pas sur place! Au lieu d'assister aux finales collégiales à Jonquière, qu'il croyait une cause perdue, il est rentré à Québec en milieu de journée pour venir épauler ses protégés de niveau secondaire, qu'il quittait au terme de la saison. Au moins, ses deux équipes ont gagné!