Profitant de deux disqualifications pour dopage, Christine Girard est officiellement devenue jeudi, six ans plus tard, la deuxième médaillée d’or du Canada aux Jeux d’été de Londres.

L'or pour Christine Girard... six ans plus tard

MONTRÉAL — La Québécoise Christine Girard a écrit une page d’histoire, jeudi, en devenant officiellement la première médaillée d’or en haltérophilie de l’histoire olympique canadienne.

Le Comité international olympique (CIO) a confirmé par voie de communiqué que l’haltérophile obtiendra l’or des Jeux de Londres en 2012 chez les 63 kg. Elle rejoint ainsi Rosie MacLennan (trampoline), jusqu’ici la seule athlète du Canada à avoir grimpé sur la plus haute marche du podium aux Jeux de Londres en 2012.

«On dirait que je ne le réalise pas encore, parce que je n’ai pas encore la médaille dans mes mains, mais c’est vraiment une journée spéciale», a déclaré Girard au bout du fil. «Je n’ai pas douté une seule fois que j’avais fait tout ce qui était en mon pouvoir pour gagner cette médaille d’or. C’est très important que mes efforts et ceux de mes entraîneurs, de ma famille et de mes supporteurs soient récompensés de la sorte, même si cette récompense vient après six longues années.»

«Elle est une pionnière en haltérophilie; nous sommes extrêmement fiers d’elle», a déclaré la présidente du Comité olympique canadien (COC), Tricia Smith. «Christine a toujours incarné les valeurs du sport et de la compétition exempts de dopage. Nous sommes particulièrement ravis qu’elle reçoive enfin la médaille d’or qui lui revient à juste titre.»

Avant elle, seuls les Canadiens Gerry Gratton et Jacques Demers avaient obtenu une médaille en haltérophilie aux Jeux olympiques. Gratton avait gagné l’argent chez les 75 kg aux Jeux d’Helsinki, en Finlande, en 1952, tandis que Demers avait grimpé sur la deuxième marche du podium chez les 75 kg à Los Angeles, en 1984.

Le COC collabore présentement avec les représentants du CIO pour organiser une éventuelle cérémonie de remise de médailles en l’honneur de Girard. Maintenant âgée de 33 ans, elle est installée en Colombie-Britannique depuis 2008. La mère de trois enfants et son mari Walter Bailey ont fondé un club d’haltérophilie à Surrey.

Quant à savoir à quoi ressemblerait une cérémonie de rêve pour elle, Girard a hésité. «Je ne sais pas trop, je viens tout juste d’apprendre la nouvelle et je ne fais que commencer à discuter avec le COC. Mais c’est certain que je veux quelque chose qui soit plus grand que moi. [...] C’est important qu’on souligne cet événement, et je crois que ça enverra un message fort au CIO ainsi qu’aux diverses fédérations sportives de la planète.»

Deuxième fois!

C’est la deuxième médaille olympique que récupère Girard après le bronze des JO de Pékin, en 2008. Vers la fin de 2016, elle avait reçu sa médaille après la disqualification pour dopage de la médaillée d’argent, la Kazakhe Irina Nekrassova.

Quatre ans plus tard, elle remportait le bronze à Londres. En mai 2016, elle se transformait en argent lorsque la Kazakhe Maiya Maneza avait dû rendre sa médaille d’or à la Russe Svetlana Tzarukaeva... qui se faisait épingler à son tour pour dopage quelques mois plus tard.

«Avant, quand je pensais à ma médaille de Londres, je n’avais que de bons souvenirs», avait-elle dit à l’époque. «Maintenant, il y a un petit côté amer qui vient avec, parce que la cérémonie de remise des médailles, c’était un moment magique, mais ç’aurait pu l’être encore davantage si j’avais su que j’allais obtenir l’or.»