L'Océanic en contrôle de la série

Après deux victoires en prolongation à Rimouski, le troisième match de la série entre les Saguenéens et l’Océanic s’est également décidé par un but et à l’avantage de la formation du Bas-Saint-Laurent. Grâce à une victoire de 4-3, acquise devant 3521 spectateurs au centre Georges-Vézina, les Rimouskois ont maintenant une solide emprise sur la série quatre de sept qu’ils mènent 3-0.

Après deux buts en moins de deux minutes, les Sags étaient pourtant en contrôle de la rencontre avec cinq minutes à faire en deuxième période. Hendrix Lapierre a donné les devants aux siens avec son deuxième de la série. Après avoir été frustré par le poteau en première période, le défenseur Gabriel Villeneuve a pris sa revanche sur le même genre de séquence, logeant la rondelle dans la partie supérieure pour faire 3-1. 

La réponse de l’Océanic a été aussi incisive que rapide pour retraiter au vestiaire avec les devants. Après deux arrêts miraculeux d’Alexis Shank, le meneur offensif de l’Océanic, Alexis Lafrenière, a finalement cassé la glace dans cette série sur un retour. Puis, lors de la 7e attaque massive des visiteurs, le jeune surdoué a récidivé quand son tir a dévié avant de glisser tout doucement derrière la ligne rouge. Cette égalité semblait se transporter en troisième période, mais 38 secondes plus tard, et avec 11 secondes au cadran, Jeffrey Durocher a jeté une douche d’eau froide sur le centre Georges-Vézina.

« On était en parfait contrôle de ce match-là. On n’a pas besoin de chercher de midi à 14 h. Ce n’est pas le travail, le système, les X et les O, loin de là. C’est seulement la première clé dont on avait parlé au début de la série, qui doit être la discipline », a noté, à la fin de son point de presse l’entraîneur-chef des Sags, Yanick Jean, précisant que sur huit pénalités des siens, cinq avaient été prises en territoires adverses et deux en zone neutre. 

« Ce sont des matchs serrés. C’est un troisième consécutif par un but. Dans mon livre à moi, on s’est battus nous-mêmes. On est rendus à 23 pénalités. Un moment donné, il faut arrêter de penser que c’est la faute de l’arbitre et se regarder dans le miroir », de confier le pilote des Bleus. L’Océanic n’a marqué qu’une fois lors de ses avantages numériques, mais les Sags y ont laissé au change beaucoup de momentum et d’énergie. 

«Dans n’importe quel match de hockey, même si tu n’es pas en séries, tu prends sept pénalités et aucune dans ton territoire, c’est sûr que ça n’ira pas bien, a-t-il rappelé C’était la même affaire dans le match numéro 2 quand on a pris quatre pénalités en prolongation. Un moment donné, c’est l’énergie que tu y laisses avec souvent les mêmes qui sont là pour tuer des pénalités. Quand tu reviens pour jouer à 5 contre 5, tu ne peux pas avoir l’énergie optimale.» 

Les visiteurs ont fait leur petite affaire en troisième période, limitant leurs adversaires à seulement six tirs. La menace la plus sérieuse des Sags a été obtenue par Samuel Houde, qui a fendu l’air. Même s’ils ont évolué à six patineurs pendant plus de deux minutes en fin de match, les Chicoutimiens n’ont pas réussi à s’installer sérieusement en territoire adverse. « C’est encore une victoire à l’arraché, une autre par seulement un but, a résumé l’entraîneur-chef de l’Océanic, Serge Beausoleil. On ne voulait pas aller en prolongation ! C’est une belle remontée en fin de deuxième période, et les deux buts rapides (en 38 secondes) nous ont aidés beaucoup. »

En première, l’Océanic a d’abord inscrit un premier but dans cette série à forces égales en temps réglementaire. Après une sortie de zone hasardeuse, le héros du premier match, Jimmy Huntington, a récupéré le retour d’Alexis Lafrenière pour refroidir les ardeurs de la foule, qui a finalement pu se manifester après un court passage à vide. Gabriel Villeneuve a d’abord frappé de plein fouet le poteau, puis quelques minutes plus tard, le vétéran Zachary Lavigne a récupéré un retour pour créer l’égalité.

Les Chicoutimiens ont également connu une soirée difficile dans le cercle des mises en jeu, ne prenant le contrôle de la rondelle que 20 fois en 56 occasions. «Ça été une soirée difficile. On en a perdu beaucoup clairement. On avait mis beaucoup d’emphase là-dessus. C’est une équipe qui a été très bonne tout au long de la saison. Cédric Paré (15 en 18) a été au-dessus de 60% en saison et il est facilement au dessus de 60% dans cette série. Il faut travailler mieux en équipe dans cette facette», de convenir Yanick Jean. 

Les Sags tenteront maintenant d’éviter l’élimination, mercredi soir, encore une fois devant leurs partisans, au centre Georges-Vézina. « On doit continuer sur ce qu’on fait à cinq contre cinq. Tant et aussi longtemps qu’on va prendre des pénalités, c’est ce qui va nous arriver. Si on le fait et qu’on continue de travailler ensemble en évitant le banc de pénalités, on va y aller un match à la fois et on verra ce qui arrivera. On doit avoir une meilleure mentalité que ça», de laisser tomber le pilote des Bleus.

Alexis Shank a eu un match moins occupé que samedi, faisant tout de même face à 34 tirs.

Beausoleil savoure, mais reste clame

Dans le camp de l’Océanic, on savourait cette troisième victoire durement acquise. Serge Beausoleil s’entendait pour dire que la fin de deuxième période a pesé dans la balance.

«C’est encore une victoire à l’arrachée, une autre par seulement un but, a résumé l’entraîneur-chef de l’Océanic. On ne voulait pas aller en prolongation! C’est une belle remontée en fin de deuxième période et les deux buts rapides (en 38 secondes) nous ont aidés beaucoup.»

En retard 3-1 avec moins de quatre minutes à écouler en deuxième, les Rimouskois ont frappé un grand coup avec trois buts, ébranlant du même coup les Sags et leurs partisans.

«J’ai mieux aimé notre troisième période, on a joué avec beaucoup plus d’aplomb et on a donné moins de chances de marquer que lors des deux premières périodes, a ajouté Beausoleil. C’est ce qu’on veut voir de nos gars, qu’ils affichent de la maturité. On a des joueurs qui n’ont pas beaucoup d’expérience en séries et ils apprennent. Ils mettent tout ça en application. J’ai trouvé qu’on avait un bel effort d’équipe en troisième.»

En entraîneur d’expérience, Serge Beausoleil a refusé de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tuée.

«J’ai rien de gagné encore et le troisième match a été très dur à remporter, a-t-il fait remarquer. Vous voyez avec quelle intensité ils jouent l’autre côté. On ne peut rien prendre pour acquis. 

Lafrenière dominant

Incapable de trouver le fond du filet lors des deux premiers matchs de la série, Alexis Lafrenière s’est levé mardi soir en marquant deux fois en fin de deuxième engagement, dont le filet égalisateur. De son propre aveu, le jeune attaquant a offert sa meilleure performance en trois parties, tout en rendant du crédit à ses compagnons de trios, Jimmy Huntington et OIivier Garneau.

«C’était un gros match. On savait qu’ils allaient sortir fort et c’était important de le faire aussi. Je pense qu’on a bien fait ça, mais c’est loin d’être fini. On affronte un adversaire coriace», a analysé le #11 de l’Océanic, conscient que les critiques sont toujours un peu plus dures à son endroit.

«Tout le monde est toujours sévère avec lui, mais ça fait partie de son quotidien, a souligné Serge Beausoleil. Il a joué un très bon match, tout comme Huntington (Jimmy) et Paré (Cédric).»

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POINTES DE PLUME

• Avant la rencontre, Hendrix Lapierre a reçu le trophée Michel Bergeron remis à la recrue offensive dans la LHJMQ. Premier choix au total au dernier repêchage, l’attaquant de 16 ans a cumulé 45 points, dont 13 buts, en seulement 48 rencontres, en plus de maintenir un différentiel de +5. Le défenseur Jordan Spence a quant à lui mis la main le trophée Raymond-Lagacé en tant que recrue défensive. L’un des deux joueurs sera honoré la semaine prochaine au Gala des Rondelles d’or et recevra la coupe RDS comme recrue de l’année. 

• Dans les autres séries, une équipe se retrouve au bord de l’élimination. Les Voltigeurs de Drummondville ont placé les Olympiques de Gatineau au pied du mur en l’emportant en Outaouais. Dans les Maritimes, le Drakkar de Baie-Comeau a gagné 4-3 en prolongation contre les Wildcats à Moncton, prenant une avance de 2-1 dans la série, puis les Screaming Eagles ont signé une première victoire contre les Islanders de Charlottetown, avec une victoire de 1-0. Surpris samedi à domicile, les Huskies de Rouyn-Noranda ont repris du poil de la bête en blanchissant les Cataractes de Shawinigan 5 à 0. En retard 2-0 avant de débarquer à Québec, les Mooseheads de Halifax ont répondu à l’appel avec un gain de 3-1 contre les Remparts. Le Phoenix de Sherbrooke a pris une avance de 2-1 dans la série contre à l’Armada de Blainville-Boisbriand en gagnant 6-3 et finalement, les Foreurs de Val-d’Or ont battu les Tigres de Victoriaville en prolongation, au compte de 4 à 3. Dave Ainsley