Seulement 108 secondes ont été nécessaires pour oublier la défaite crève-coeur en finale de la Ligue des Champions de l’an dernier.

Liverpool défait Tottenham 2-0 en finale de la Ligue des Champions

MADRID — Pas de larmes de douleur cette fois-ci, seulement la rédemption pour Mohamed Salah.

Seulement 108 secondes ont été nécessaires pour oublier la défaite crève-coeur en finale de la Ligue des Champions de l’an dernier.

Une fois que Salah a converti avec succès un penalty contre Tottenham, Liverpool a filé vers une sixième couronne européenne grâce à une victoire de 2-0, samedi.

Et un an après un revers en finale face au Real Madrid, Jürgen Klopp a enfin mis la main sur un premier titre en quatre ans à la tête de Liverpool.

Une blessure à une épaule avait forcé Salah à retraiter prématurément au vestiaire en finale l’an dernier à Kiev.

Cette fois, le bras du milieu de terrain de Tottenham Moussa Sissoko a offert un penalty à Liverpool - quand il a bloqué un tir de Sadio Mane après 21 secondes de jeu - et Salah a fait bouger les cordages.

«J’ai fait beaucoup de sacrifices au cours de ma carrière, a dit Salah. Je suis parti de mon village pour me rendre au Caire. Et d’être un Égyptien à ce niveau, c’est incroyable pour moi.»

Lors d’une soirée chaude et humide à Madrid, Tottenham a pris vie seulement lors des 20 dernières minutes de sa première finale en Ligue des Champions.

Cependant, Liverpool a porté le coup de grâce à la 87e minute de jeu.

Divock Origi était de retour sur le banc même s’il avait fourni deux buts en relève à Salah, blessé, le mois dernier lors des demi-finales. Origi a finalement joué un rôle important comme réserviste dans la capitale espagnole, touchant la cible grâce à un tir bas vers le côté éloigné.

«Chaque joueur s’est battu très fort aujourd’hui, a dit Origi. C’est un moment très spécial.»

Liverpool avait encaissé deux défaites en grande finale depuis son cinquième triomphe en 2005. La victoire de samedi permet aux Reds de grimper au troisième rang parmi les champions européens, derrière le Real Madrid (13 titres) et l’AC Milan (sept).

Peu de partisans - même ceux de Liverpool - voudront regarder à nouveau comment ils y sont parvenus.

Les deux équipes n’avaient pas joué depuis trois semaines et le spectacle en a été affecté.

La cohésion était déficiente et les enchaînements de passes peu fréquents.

«Quand nous allons repenser à ce soir, nous n’allons pas penser à la qualité du match, a insisté l’arrière Trent Alexander-Arnold. Nous allons nous rappeler que nous avons gagné la coupe d’Europe.»

Minuit a finalement sonné pour Tottenham, au terme d’une saison pendant laquelle l’équipe a multiplié les remontées et les victoires complexes.

Un but de Lucas Moura à Barcelone en décembre a permis à Tottemham de se qualifier pour la ronde des 16. Un tour du chapeau du Brésilien le mois dernier a couronné une remontée contre l’Ajax d’Amsterdam. La récompense à Madrid aura été peu satisfaisante.

Harry Kane a été inséré dans la formation partante malgré 53 jours sans jouer. Il avait subi une blessure à une cheville lors de la première manche des quarts de finale contre Manchester City.

L’attaquant a été discret alors que Tottenham, qui a terminé à 26 points de Liverpool en Premier League anglaise, a finalement cadré un premier tir lors de la 73e minute.

Alisson Becker a récupéré un tir courbé de Dele Alli et a réussi des arrêts consécutifs contre Son Heung-min et Moura avec 10 minutes à faire.

Le gardien a fait la différence, venant justifier l’investissement de 85 millions $ du propriétaire John Henry pour remplacer Loris Karius, qui avait commis des erreurs coûteuses en finale l’an dernier.

«Il est un gardien qui donne l’impression que tous les arrêts sont faciles, a dit Klopp. Merci beaucoup.»

Klopp était un homme soulagé après six défaites en finale, incluant son séjour à la barre du Borussia Dortmund.

«Avez-vous déjà vu une équipe comme celle-là? Même quand elle n’a plus de carburant, elle continue à se battre», a dit l’Allemand.

L’avant-dernier match de Liverpool avait vu l’équipe terminer à un point de Manchester City et du titre de la Premier League.

«Nous faisons de bonnes choses, a dit Klopp pendant les célébrations à Madrid, oubliant la disette de 29 ans de Liverpool en Premier League. Les gens me demandent toujours pourquoi je n’ai jamais gagné.»

Ils ne pourront plus le faire.