Vincenzo Nibali a maintenant une priorité de sept minutes et 52 secondes en tête.

L'Italien Nibali s'assure la victoire au Tour de France

Vincenzo Nibali s'est à toutes fins utiles assuré de remporter le Tour de France, samedi, gardant plusieurs minutes d'avance au terme de l'avant-dernière étape, un contre-la-montre gagné par l'Allemand Tony Martin.
Quatrième samedi, l'Italien a maintenant une priorité de sept minutes et 52 secondes en tête. Ce qu'il y avait largement à déterminer, c'était l'identité de qui sera avec lui sur le podium au terme de la route menant aux Champs-Élysées, dimanche.
Ce seront des Français avec Jean-Christophe Péraud et Thibaut Pinot, deuxième et troisième, dans cet ordre. Leurs temps ont suffi pour écarter l'Espagnol Alejandro Valverde de la troisième place.
Péraud et Pinot donneraient à l'Hexagone une première présence sur le podium final depuis celle de Richard Virenque, en 1997.
Le dernier Italien à avoir triomphé à la Grande boucle a été Marco Pantani, en 1998. Nibali a signé quatre victoires d'étape et a passé 17 jours avec le maillot jaune du meneur.
Martin, champion mondial du contre-la-montre, a dominé les 54 km entre Bergerac et Périgueux. Son chrono de 1:06,21 a devancé de 99 secondes celui du Néerlandais Tom Dumoulin.
<p>Vincenzo Nibali</p>
«Un Tour presque sur mesure»
Détendu, Vincenzo Nibali a analysé samedi après le contre-la-montre de Périgueux son Tour de France, tracé «presque sur mesure pour moi», selon la formule du champion d'Italie à la veille de gagner pour la première fois.
Q: Quelle comparaison est possible entre votre victoire et celle de Marco Pantani en 1998 ?
R: «C'est difficile de faire une comparaison entre Pantani et moi. Si je ne me trompe pas, il a gagné son Tour dans la dernière semaine. Pour moi, c'est tout le contraire. J'ai pris le maillot jaune après deux journées.»
Q: Est-ce très différent de vos succès à la Vuelta et au Giro ?
R: «C'est la Vuelta (2010) qui m'a donné l'assurance de lutter sur le Giro et le Tour. Le Giro (2013) a été très important, devant le public italien, mais le Tour c'est encore plus. Tout le monde regarde le Tour, c'est plus fort encore, c'est plus beau. Et puis, sans dévaloriser le Giro, le niveau est encore plus haut.»
Q: Avez-vous conscience d'entrer dans l'histoire après tant de champions ?
R: «C'est important pour moi, mais il n'y a pas que le Tour. Ces champions ont gagné d'autres courses. Quand je suis arrivé pour la première fois sur le Tour, ma plus grande émotion était de penser aux Champs-Elysées, à l'Arc de Triomphe, à la Tour Eiffel, au public français, parisien...»
Q: Que reste-t-il de l'enfant qui faisait du vélo avec son père ?
R: «Je le suis encore quand j'en ai la possibilité, quand je vais voir mes parents. Je vais rouler, me promener, avec mon père, avec d'autres personnes. Ils se souviennent de moi quand j'étais petit.»
Q: Le cyclisme italien vit des moments difficiles...
R: «C'est vrai. Malheureusement, je ne pense pas que ce soit un problème de jeunes coureurs, de talents. C'est plutôt lié à la crise économique, aux commanditaires. J'ai vécu ça dans mes anciennes équipes. Pour prendre un seul exemple, mes parents avaient deux petits magasins qu'ils ont dû regrouper en un seul.»
Q: Vous allez gagner les trois grands tours. Que vous reste-t-il à conquérir ?
R: «Il y a encore des courses que je rêve de gagner. Le Tour de Lombardie, où je n'ai jamais eu beaucoup de chance jusqu'à présent, le Championnat du monde, Liège-Bastogne-Liège. Ce sont des courses dans lesquelles j'ai essayé de donner mon meilleur, mais je suis plus à l'aise dans les courses par étapes.»
Q: Après toutes les affaires de dopage, le public veut être convaincu que vous êtes propre. Qu'avez-vous à lui dire ?
R: «J'ai un grand plaisir à raconter mon histoire, mes racines, tous les sacrifices que j'ai consentis pour arriver là. J'en suis très fier.»
Q: Stefano Zanatta (son directeur sportif de l'époque) disait qu'à votre premier Tour, en 2008, vous étiez triste, vous doutiez...
R: «J'étais plutôt déçu, je voulais au moins le maillot blanc. Il y a eu beaucoup de progrès depuis, les contrôles, le passeport biologique. On voit les résultats. S'il n'y avait pas eu tous ces contrôles, je n'en serai peut-être pas là aujourd'hui.»
Q: Comment caractériseriez-vous ce Tour ?
R: «Spectaculaire, magnifique, très différent des précédents que j'ai courus. Il était presque sur mesure pour moi avec des montées déjà difficiles dans la première semaine.»
Q: Aimeriez-vous l'an prochain être confronté à Froome, Contador, Quintana ?
R: «Bien sûr. Et même Wiggins, même si j'ai vu qu'il allait plutôt se consacrer à la piste, mais pourquoi pas...»
Q: Quel regard portez-vous sur votre première partie de saison ?
R: «Elle a été difficile. La naissance de ma fille a été un grand bonheur, ça a ralenti ma préparation, je suis arrivé un peu plus tard aux rendez-vous, mais j'ai continué à m'investir dans l'objectif. Pour la suite de la saison, je n'ai pas encore défini mon programme. Je le ferai dans les prochains jours.»
Q: Avez-vous un message à délivrer à la fin de ce Tour ?
R: «Je n'ai pas de message spécifique, le Tour était fatigant et c'est encore difficile d'expliquer ce que je ressens. Je trouverai sans doute les mots dans quelque temps et je me dirai: 'j'ai vraiment fait tout ça moi...' Je réaliserai peut-être mieux sur les Champs-Elysées.»
Recueilli en conférence de presse par l'Agence France-Presse