Passionnée de sport et de musique quand elle était enfant, Lisa Nolet a d’abord choisi de s’investir dans le soccer. Mais elle a retrouvé sa seconde passion au début de la vingtaine et aujourd’hui, elle mène une carrière en musique au sein du duo Lisa & Simon.

Lisa Nolet: le yin et le yang

Après avoir connu une brillante carrière sur les terrains de soccer avec le Dynamo, l’équipe du Québec et le Rouge et Or, c’est maintenant sur la scène, où elle forme un duo avec Simon Guérin, que Lisa Nolet impose son rythme. Comment peut-on avoir deux passions aussi opposées? «C’est mon yin et mon yang» lance la Québécoise native de Denver, soit le principe chinois qui veut que les deux extrêmes d’un tout coexistent ensemble.

«Je me suis toujours intéressée à toutes sortes de choses», explique Lisa, dont le père Simon a joué une dizaine de saisons dans la LNH et remporté la Coupe Stanley (1974) avant d’être entraîneur adjoint chez les Nordiques, puis recruteur pour les Flyers de Philadelphie. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle a porté le numéro 17 de son paternel. 

«Mais le sport et la musique sont les deux choses les plus dominantes dans mon éventail d’intérêts. Mon affinité pour le sport vient évidemment plus de mon père. Quant à la musique, ça vient plus du côté de ma mère. Je suis bien contente d’avoir eu mon trip sportif quand j’étais jeune. Ça me convient sûrement mieux de composer avec mon intériorité à ce stade-ci de ma vie.»

La musique étant omniprésente chez les Nolet, elle est rapidement devenue une des trames de fond de la vie de la jeune Lisa qui se rappelle quand elle s’amusait à rejouer sur le piano les pièces que sa mère avait apprises, à apprivoiser l’harmonium de ses grands-parents, ainsi que les partys de famille où les gens chantaient en chœur. Mais le sport prenant beaucoup de place, elle a renoncé à sa passion pour la musique.

«C’est au tournant de la vingtaine que j’ai senti le besoin de revenir à la musique et que j’ai suivi des cours de piano et de guitare. Au début de la trentaine, je suis retournée étudier la musique, plus particulièrement le chant pop jazz et le piano, car j’avais envie d’aller chercher des outils théoriques et techniques et de l’aisance. C’est pendant mes études que j’ai rencontré Simon, un guitariste, avec qui j’ai formé un duo. On fait des covers, des reprises de folk, jazz, blues, soul et de la musique brésilienne ou plus actuelle qu’on travaille à notre façon. Ce sont des styles avec lesquels ma voix se marie bien et auxquels mon énergie correspond le mieux et j’aime la richesse du langage musical, les couleurs, les possibilités qu’ils offrent!

«Ça fait sept ans que le duo Lisa & Simon roule. Depuis peu, je travaille lentement mais sûrement sur un projet d’auteure-compositrice-interprète. Je suis en incubation. Mais d’ici la prochaine année, j’aimerais voir quelque chose aboutir.»

Plusieurs premières

S’étant initiée au soccer à Cap-Rouge, Lisa s’est imposée. Elle a rapidement quitté les circuits régionaux pour se retrouver avec le Dynamo avec qui elle a gagné l’argent au national de 1995 avant de décrocher une autre médaille d’argent avec l’équipe du Québec aux Jeux du Canada de 1997. Elle a ensuite joint les rangs du Rouge et Or et a été élue recrue de l’année au Canada en 1998. Capitaine de l’équipe en 2002, elle a été l’une de celles qui ont mené l’équipe à la conquête d’une première médaille au championnat canadien, le bronze. Sa carrière universitaire terminée, elle a joué pour le Canada aux Universiades de 2003 en Corée du Sud. «Une super belle expérience. Ç’a été comme le couronnement de ma carrière de haut niveau.»

Ayant fait son entrée sur le marché du travail après avoir terminé ses études en communication-rédaction professionnelle, Lisa n’a pas renoncé au soccer. Elle a évolué dans des ligues organisées et joué au soccer mixte. En compagnie d’anciennes du Rouge et Or et du Dynamo, elle s’est ensuite retrouvée en 2013 avec le Phénix des Rivières afin de participer au championnat canadien O-35 disputé à Québec, puis à Calgary l’année suivante. Une blessure au genou l’a cependant obligée de mettre fin à sa carrière en 2015. «C’était vraiment la fin, il n’y avait plus de retour possible.

«Ç’a été dur d’arrêter. Surtout que ma blessure me limite dans les sports que je peux pratiquer. Et comme je n’ai pas trouvé de substitut, je l’ai toujours un peu sur le cœur. Il y a plein d’autres choses qui meublent ma vie, mais le thrill de l’esprit de gang et de la compétition pure, je ne l’ai plus.»

En rétrospective, Lisa est consciente qu’à travers sa carrière, elle a écrit la petite histoire du soccer féminin dans la région de Québec et a contribué à ses premiers grands succès. Pour elle cependant, ce ne sont pas ses performances qui ont de l’importance, mais le vaste héritage, les acquis que toutes ses années de soccer lui ont laissé. Elle est maintenant tournée vers l’avenir et sur tous ses projets qu’elle mène en parallèle, soit sa carrière de pigiste en édition, en communication, en traduction, en évènementiel et son autre en musique.

«J’aime pouvoir jongler avec mes différents intérêts. Je ne rêve donc pas de vivre uniquement de la musique. Mon but, c’est de réussir à construire un bel équilibre entre les différents aspects de ma vie et les choses qui m’intéressent.... et de me laisser surprendre aussi. Car je reste ouverte à ce que la vie me proposera.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q Personnalités marquantes

Jérôme Dubé qui m’a coachée à mes débuts à Cap-Rouge et au Cégep de Sainte-Foy, et Maxime Barabé et Helder Duarte que j’ai eus comme entraîneurs à différentes étapes de mon parcours, soit à Cap-Rouge, avec le Dynamo, l’équipe du Québec et le Rouge et Or.

Q Artistes préférés

Je suis vraiment une fan de longue date du groupe britannique Radiohead que j’ai vu pour la première fois à Londres en 1997. C’est un de mes groupes fétiches. J’aime aussi Jack White, Leonard Cohen, l’auteure-compositrice californienne Eleni Mandell et plus près de nous, Daniel Bélanger, Martha Wainwright, et plein d’artistes de la relève, comme Gabrielle Shonk, de Québec.

Q Rêve

R C’est de sortir quelque chose en solo. Je travaille présentement là-dessus, mais à mon rythme. J’aimerais progressivement intégrer du matériel original dans ce que je fais. La prochaine étape serait d’avoir mon matériel à moi et de le jouer. Et je suis en train d’aligner mes trucs dans ce sens-là.

Q Dans 10 ans

J’aimerais continuer à être en équilibre dans les différents aspects de ma vie et les choses qui m’intéressent. J’aimerais aussi que la vie me réserve plein de surprises. Je n’aime pas l’idée de tout savoir d’avance.