Malgré une saison 2017 modeste et le passage du temps, Bartolo Colon tente encore de se tailler un poste dans le baseball majeur.

L'inusable Bartolo Colon

SURPRISE, Arizona — Le gérant des Rangers du Texas Jeff Banister se souvient de la première fois où il a vu lancé Bartolo Colon. C’était en classe A, en 1995.

«Il lançait plutôt fort et les frappeurs ne semblaient pas particulièrement confortables contre lui», se souvient Banister. Vingt-trois ans plus tard, Colon lance un peu moins fort, mais, à 44 ans, il sait encore comment s’y prendre pour déséquilibrer les frappeurs. 

Jeudi, à ses débuts en Ligue des cactus dans l’uniforme des Rangers, Colon a lancé deux manches contre les Padres de San Diego. S’il a accordé un circuit en solo à Wil Myers, il est loin d’avoir mal fait, alors que 23 de ses 32 lancers ont touché la zone des prises.  «Je crois que Bartolo a encore un haut pourcentage de réussite pour lancer la balle exactement où il veut», dit Banister.

La saison dernière, avec Atlanta et Minnesota, Colon a effectué 28 départs, bouclant la saison avec des chiffres plutôt modestes : une fiche de 7-14 et une moyenne de points mérités de 6,48. Éclaircie dans un ciel sombre, sa victoire du 4 août contre les Rangers a été un match complet, un exploit remarquable à son âge.

Ce jour-là, à 44 ans et 72 jours, Colon était devenu le plus vieux lanceur depuis le légendaire Nolan Ryan — le 4 juillet 1992 à 45 ans et 155 jours — à franchir la distance. 

«Il est arrivé ici en forme et prêt à lancer», ajoute Banister. «Les jeunes frappeurs ont d’ailleurs été rapidement pris de court par son contrôle.»

Gagnant du trophée Cy Young en 2005 avec les Angels, Colon pourrait lancer pour son huitième club dans la Ligue américaine s’il parvient à se tailler à poste.  «C’est phénoménal. À son âge, avoir encore la motivation pour lancer et être capable de bien le faire, c’est incroyable», souligne Banister. 

Des records à portée de bras

Colon, qui compte 240 victoires en carrière, a de plus deux motivations pour se tailler une place avec le grand club. D’abord, il n’est qu’à trois victoires d’égaler Juan Marichal pour le plus grand nombre de victoires pour un lanceur né en République dominicaine. Puis, s’il réussit à porter le compteur à 245, il rejoindrait Dennis Martinez chez les lanceurs latino-américains (Martinez est né au Nicaragua).

Colon ne cache d’ailleurs pas que ces marques sont la raison principale pour laquelle il continue de lancer.  «Je me suis fixé des objectifs personnels et j’espère que l’équipe me gardera pour me permettre de les atteindre», a expliqué Colon par l’entremise d’un interprète. 

«Je me sens bien et je suis encore capable de lancer des prises», poursuit celui qui, jeudi, a enregistré une prise sur le premier lancer contre sept des huit frappeurs auxquels il a fait face.

Alléger la tâche

Le 26 mai 2016, dans l’uniforme des Mets de New York, Colon était devenu, à 42 ans et 349 jours, le plus vieux joueur à frapper son premier circuit dans les majeures. S’il se taille un poste avec les Rangers, il n’aura pas la chance de battre cette marque. Un fait qui ne peine pas le principal intéressé.

«Je veux jouer dans la Ligue américaine parce que je n’aurai plus à me présenter au bâton et, surtout, je ne serai plus obligé de courir», ajoute en riant celui qui fait osciller le pèse-personne à 280 livres. 

Son poids, qui n’est d’ailleurs pas associé à une longue et fructueuse carrière au baseball, n’effraie pas Jeff Banister.  «Il y a plusieurs cadeaux de Noël ou cadeaux de fête qui, de prime abord, ne semblent pas très attrayants lorsqu’on voit l’emballage, mais, lorsqu’on les ouvre, on découvre que ce sont des cadeaux merveilleux», image l’homme de baseball.