Lindros et Fraser «invités d’honneur» au Tournoi pee-wee [VIDÉO]

Certains appelleront ça de l’audace, d’autres de l’insouciance ou de la folie, mais l’organisation du 61e Tournoi international de hockey pee-wee de Québec a décidé d’inviter cette année ceux qui sont probablement les deux personnalités les plus détestées des anciens partisans des Nordiques de Québec. L’ancien attaquant Eric Lindros et l’ex-arbitre Kerry Fraser seront en effet à Québec le 15 et le 22 février pour rencontrer les partisans et signer des autographes.

En conférence de presse lundi, Patrick Dom a avoué que c’est la popularité de l’expérience tentée l’an dernier avec les interprètes des célèbres frères Hanson dans le film Slapshot qui avait incité l’organisation à poursuivre dans cette direction et à développer les événements extérieurs aux matchs. «On a fait fureur l’an dernier avec les frères Hanson, on ne pensait pas que ce serait si fort», a-t-il avoué.

L’organisation a donc décidé d’opter cette année pour d’autres mauvais garçons, mais dont le souvenir n’est pas nécessairement bon à l’esprit des résidents de Québec.

Lindros avait refusé de porter l’uniforme fleurdelysé et forcé les Nordiques à l’échanger après qu’ils l’eurent repêché en première ronde du repêchage de 1991

Fraser, quant à lui, avait refusé le fameux but d’Alain Côté le 28 avril 1987 dans le cinquième match de la finale de la division Adams contre le Canadien de Montréal.

Lindros sera sur place le 15 février avec l’ex-Nordiques Owen Nolan et l’ancien gardien de Canadien Ken Dryden, alors que Fraser sera présent le 22 avec Alain Côté et l’ancien dur-à-cuire du Canadien Chris Nilan. Le 16 février, c’est l’ancienne vedette des Islanders de New York Michael Bossy et l’ex-bagarreur du Canadien Dave Morissette qui seront sur les lieux.

Idées folles

«Peut-être qu’on aura besoin de sécurité la journée où Fraser et Alain Côté seront là ensemble. Je crois que Nilan pourra s’en charger!» a lancé Dom à la blague durant la conférence de presse. Questionné concernant l’invitation de deux mal-aimés qui marquent deux des événements les plus sombres de l’histoire des Nordiques, Dom a ajouté que l’idée faisait l’unanimité dans son organisation.

«En rencontre, des fois, on a des idées un peu folles, mais savez-vous quoi? Personne n’a dit non!» a déclaré Dom. «Eric Lindros, je ne crois pas qu’il soit revenu à Québec depuis l’époque et il n’a jamais hésité quand je lui ai demandé», a poursuivi le Grand Manitou du tournoi, qui est convaincu que Lindros sera applaudi par les amateurs de hockey de Québec.

«Je pense qu’il va être applaudi. S’il ne l’est pas, je serai excessivement déçu. Il fait quand même, d’une certaine façon, partie de l’histoire du hockey à Québec», poursuit-il, ajoutant qu’il ne croit pas non plus que Fraser sera hué. «Dans son cas, on verra s’il sera présenté à la foule. Et je crois que les gens ne voudront pas nécessairement son autographe, mais plutôt une photo avec lui et Côté.»

Dom a ajouté qu’il ne savait pas non plus si Lindros et Fraser feraient une mise au jeu protocolaire lors du tournoi. «Mais je ne doute pas de la réaction des gens si on le fait. Si on peut avoir Eric Lindros pour une mise en jeu protocolaire, croyez-moi qu’on n’hésitera pas», a-t-il ajouté.

Le président du Tournoi pee-wee, Michel Plante, semblait un peu moins convaincu que son dg à propos de la possibilité d’une mise en jeu officielle par les deux mal-aimés des partisans des Nordiques. «Je ne sais pas si on ira jusqu’à leur faire faire une mise au jeu. C’est sûr qu’ils représentent un mauvais souvenir pour tout le monde, mais je crois que plusieurs sont passés à autre chose», a-t-il déclaré.

Autres événements

Parmi les autres événements qui agrémenteront le 61e Tournoi de hockey pee-wee, la tournée Hockey d’ici de Rogers sera également sur place les 15 et 16 février alors que les animateurs Ron MacLean et Tara Slone seront à la place Jean-Béliveau avec diverses activités sur le thème du hockey. Des capsules seront aussi présentées durant le match opposant les Maple Leafs de Toronto aux Sabres de Buffalo le 16 février.

Plus d’une quarantaine d’anciens joueurs de la LNH seront également présents durant le tournoi à titre de parents, entraîneurs ou accompagnateurs, dont l’entraîneur des Devils du New Jersey Alain Nasredinne, dont le fils participera au tournoi, l’ancien gardien des Sharks de San Jose Evgeni Nabokov qui fait partie, avec Owen Nolan, du personnel d’entraîneurs des Sharks Jr. de San Jose, l’ex-vedette des Oilers d’Edmonton Jari Kurri, dont le fils s’aligne avec la formation finlandaise des Blues Jr. d’Espoo, et l’ex-défenseur Michal Rozsival, dont le neveu portera les couleurs de la formation des Czech Knights.

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LES RUSSES DE NOUVEAU EXCLUS

Exclue du Tournoi international de hockey pee-wee de Québec de 2016 à 2018, la Russie y avait effectué un retour l’an dernier avec la présence du SKA-Strelna de Saint-Pétersbourg en classe AAA. Ce retour aura été de courte durée puisque les formations du pays des Tzars seront à nouveau absentes cette année malgré la présence d’un nombre record de 20 pays différents.

«Non, nous n’avons pas invité d’équipe russe cette année, car ils ont encore fait des dégâts l’an passé. Ils habitaient dans des chalets à Stoneham et après leur départ, le lave-vaisselle était brisé et il y avait pour environ 2000 $ de dommages. Il ne faut jamais dire jamais, mais pour l’instant, on a décidé de ne pas inviter d’équipe russe», a expliqué Patrick Dom, directeur général, en marge de la conférence de presse du Tournoi pee-wee lundi matin.

«Ce n’est pas la première fois que les équipes russes sont exclues du tournoi pour ensuite y revenir et en être exclues de nouveau», a laissé tomber Dom, un peu dépassé par les événements.

Problèmes récurrents

En 2006, le Tournoi avait contacté les équipes russes à plusieurs reprises au sujet de problèmes survenus dans les familles d’accueil des jeunes joueurs sans que rien ne soit fait pour corriger la situation. Les formations russes avaient ensuite été bannies pour un an et il avait fallu l’intervention du légendaire gardien de but Vladislav Tretiak pour que la Russie revienne au Tournoi pee-wee en 2008. Les jeunes n’étaient cependant plus hébergés dans les familles d’accueil qui refusaient de les recevoir en raison des problèmes du passé.

À son retour à Québec, l’équipe russe avait toutefois encore fait parler d’elle pour les mauvaises raisons, semant la zizanie sur le vol d’Air Canada qui l’amenait au pays. Les adultes avaient apporté leur propre alcool à bord et n’exerçaient aucune autorité sur les jeunes hockeyeurs turbulents. La délégation avait même été accueillie par des agents du Service de police de Montréal à son arrivée sur le tarmac, mais aucune accusation n’avait finalement été portée.

En 2015, Dom n’avait pas apprécié que l’équipe du Russian Centre Select se soit inscrite dans une catégorie trop faible pour elle, où elle avait facilement triomphé de ses adversaires, marquant 35 buts en six matchs et n’en accordant que cinq. La même année, les membres de l’équipe étaient partis sans avertissement d’un match préparatoire présenté à Blainville après deux périodes. Cette année-là, Patrick Dom avait même affirmé que les Russes ne reviendraient plus au Tournoi. «Quand il y aura une équipe russe, c’est certain que je ne serai plus là», avait-il lancé. Malgré tout, le Tournoi pee-wee avait accepté d’accueillir le SKA-Strelna l’an dernier.

Vingt pays

Pour le tournoi qui aura lieu du 12 au 23 février, ce sont 120 équipes représentant 20 pays qui seront sur place. Outre le Canada (56 équipes) et les États-Unis (40 équipes), la France y sera représentée avec quatre équipes, la Suisse avec trois et l’Italie avec deux. L’Angleterre, l’Australie, l’Autriche, le Danemark, la Finlande, la Hongrie, le Japon, la Pologne, la République tchèque, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et l’Ukraine délégueront une équipe ainsi que, pour la première fois de l’histoire de l’événement, la Corée du Sud et la Croatie.

Les équipes de la Greater Toronto Hockey League (GTHL) brilleront de nouveau par leur absence cette année, et ce, malgré le décès cet été de l’ex-président de la Ligue, John R. Gardner, avec lequel les dirigeants du tournoi de Québec étaient à couteaux tirés depuis plusieurs années. «Ceux qui ont succédé à M. Gardner ont été formés à son école... Ils demandent toujours qu’on prenne huit de leurs équipes alors qu’on ne veut pas en accueillir plus de quatre. On avait déjà essayé un compromis à six par le passé, mais ils avaient refusé...» termine Dom.

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OUBLIEZ LES MATCHS EXTÉRIEURS

Si le directeur général Patrick Dom a déjà rêvé de présenter un match de hockey extérieur à l’occasion du Tournoi pee-wee, il a maintenant enterré le projet qui serait trop coûteux pour une organisation comme la sienne. «On n’a pas les moyens des équipes de la Ligue nationale. Il y a tellement de risques qu’un tel match n’est pas assurable. Regardez ce qu’on a eu hier [dimanche]. S’il fallait qu’il y ait une tempête comme ça la journée où nous tenons un match extérieur... poursuit-il. L’investissement est beaucoup trop gros pour tous les dangers qui sont liés à un tel match», a résumé Dom.  

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PEE-WEE POUR TOUJOURS

Même si Hockey Canada a décrété un changement de nom au niveau des catégories du hockey mineur, le Tournoi international de hockey pee-wee de Québec n’a pas l’intention de remplacer le mot pee-wee par U13 ou M13 dans son appellation. «Je ne sais même pas de quoi on parle...» a lancé le directeur général Patrick Dom après sa conférence de presse, lundi matin. «Bien sûr, je blague, mais il n’y a eu aucune pression de la part de Hockey Canada pour nous faire changer notre nom. Il n’y a non plus aucun règlement qui nous oblige à adopter l’appellation U13 ou M13 et, s’il y en avait un, on irait sonner à quelques portes... Ça fait 61 ans qu’on porte ce nom-là. Il y a des choses qu’on peut changer, mais il y a certaines choses qu’on ne change pas», a-t-il expliqué. 

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LIVRE EN VERSION NUMÉRIQUE

Vendu à 3000 exemplaires dans sa version papier l’an dernier, le livre La partie n’est pas terminée : l’épopée du plus grand tournoi de hockey pee-wee au monde de Jean-Pierre D’Auteuil et Jean-Philippe Otis est maintenant disponible en version numérique, en français et en anglais. «Au Québec, 3000 exemplaires, c’est un best-seller, alors nous avons décidé d’aller en traduction pour la version numérique et le livre est donc maintenant disponible partout dans le monde en anglais et en français», a déclaré le directeur général Patrick Dom. Au fil des 287 pages, les lecteurs pourront découvrir des statistiques, anecdotes, moments marquants, citations et plus de 400 photos rappelant les six décennies du tournoi.