Un problème les goélands au stade? Parlez-en à cet amateur de baseball qui assistait au match du 7 mai entre les Tigers de Detroit et les A's, à Oakland.

L'indésirable fan ailé...

Comme tous les joueurs, le voltigeur des Giants Denard Span est préoccupé par les vilaines balles courbes et par la perspective de perdre de vue des ballons en raison du soleil. Mais il y a autre chose qui lui fait particulièrement peur : les oiseaux qui lui chient dessus.
«J'ai peur qu'ils me fassent dessus, en utilisant la toilette au-dessus de ma tête», a dit Span. «Ou qu'ils échappent de la nourriture près de moi et qu'ils se mettent à me charger». C'est une possibilité, considérant la fréquence à laquelle des nuées de goélands, qui proviennent de la baie de San Francisco, viennent survoler à basse altitude le stade des Giants.
Les infrastructures sportives à travers le pays luttent sans arrêt pour faire fuir les pigeons, les chauves-souris et les goélands. Mais la proximité de l'eau et des dépotoirs attirent les oiseaux par milliers près des stades de baseball. Le problème est tel au Colisée d'Oakland, où évoluent les A's, que la direction des opérations a décidé d'installer des cerfs-volants en vinyle pour effrayer les oiseaux.
Les goélands se nourrissent généralement dans les dépotoirs, mais des biologistes marins ont indiqué que les efforts réalisés par certains sites d'enfouissement pour accélérer la mise en terre des déchets a contraint les bestioles ailées à chercher une nouvelle source de nourriture : les stades de baseball remplis de frites à l'ail. Mais cela crée de nombreux désagréments, tant pour les fans que pour les joueurs. Sans parler des équipes d'entretien qui doivent se mettre au travail immédiatement après la fin d'un match.
Des faucons cerfs-volants
Les problèmes avec les oiseaux ont contraint les Giants et les A's à tenter de le régler en utilisant des méthodes peu conventionnelles. À Oakland, deux cerfs-volants ressemblant à des faucons ont été lancés pour faire peur aux goélands. Les cerfs-volants ont même hérité de noms affectueux de la part des fans : «Falcon McFalconface» et «Scott Hattebird», en l'honneur de l'ancienne vedette des A's Scott Hatteberg.
«On a enlevé les toiles au troisième balcon pour la première fois en plusieurs années, et ça a semblé ouvrir une porte aux oiseaux», a indiqué David Rinetti, le vice-président aux opérations des A's.
Lors de certains matchs, plus de 300 oiseaux volaient autour du stade. Les joueurs et les fans s'en sont rendus compte, se plaignant des dégâts causés par les oiseaux. Alors Rinetti et son équipe avaient besoin d'une solution... et vite.
«J'ai cherché "éloigner des oiseaux" sur Internet et je suis tombé sur une compagnie qui fabriquait ces faucons, qui, supposément, fonctionnaient très bien», a expliqué Rinetti. «Et ils font le travail jusqu'à maintenant. Le duo ailé a même fait sursauter Donard Span quand le joueur des Giants a joué un match à Oakland, plus tôt ce mois-ci. «J'ai fait le saut. Je pensais qu'ils étaient vrais.»
Au stade des Giants qui donne près de l'eau, quand les partisans partent, une toute nouvelle compétition commence : la chasse aux restants pour les goélands de McCovey Cove. «Ils ramassent la nourriture, la mangent et ils en font du compost», a indiqué le responsable de l'entretien du terrain Greg Elliott. «C'est bien pour nous, mais c'est une vraie plaie pour les joueurs.»
Où est Bruce Lee?
En 2012, les Giants pouvaient compter sur une buse à queue rouge surnommée Bruce Lee pour régler tous leurs problèmes de goélands. Sa seule présence suffisait à maintenir la paix. Selon Jorge Costa, le vice-président aux opérations des Giants, l'équipe a même construit une boîte dans le AT&T Park pour que Bruce Lee puisse y faire son nid. Mais Lee a volé vers d'autres cieux... et les goélands sont revenus.
«Manger les restes est loin d'être bon pour la santé des oiseaux», se désole le biologiste Jim Harvey, le directeur de Moss Landing Marine Laboratories, dans le comté de Monterey. «Ils devraient manger du poisson et des pieuvres, alors manger de la nourriture humaine, notamment de la nourriture de stade, ce n'est pas bon».
Le Dr Harvey, qui est aussi détenteur de longue date de billets de saison des Giants, demeure pessimiste quant aux chances des franchises de baseball de trouver la solution idéale et permanente, puisque les oiseaux s'adaptent constamment. «Il faudrait installer une barrière physique avec filets sur tout le stade, mais ça n'arrivera pas.»
Denard Span espère que les fans vont faire leur part, en ramassant leurs déchets.  «C'est comme un globe de neige, et je suis surpris qu'un oiseau n'ait pas été atteint par une balle», a opiné Ron Wotus, l'un des entraîneurs des Giants.
Mais des oiseaux ont déjà été impliqués dans des accidents. Le lanceur intronisé au Temple de la renommée Randy Johnson a atteint et tué une colombe avec un lancer en 2001. Le désormais célèbre extrait vidéo montre la balle passer à travers l'oiseau, laissant une traînée de plumes blanches dans les airs.
En 1983, le joueur de champ des Yankees Dave Winfield a accidentellement tué un goéland à Toronto lors d'un lancer entre deux manches. Les policiers l'avaient accusé de cruauté animale, mais les accusations ont été abandonnées.
Wotus a ajouté à la blague que si un autre incident avec un oiseau devait arriver, les Giants pourraient en tirer un avantage. «On pourrait faire un double en utilisant un ricochet sur un goéland» a-t-il dit en riant.