Lassi Lappalainen de l'Impact se bat pour la possession du ballon. Il a inscrit l'un des deux buts des Montréalais.
Lassi Lappalainen de l'Impact se bat pour la possession du ballon. Il a inscrit l'un des deux buts des Montréalais.

L’Impact offre une victoire à ses 250 spectateurs sur place

Michel Lamarche
La Presse Canadienne
MONTRÉAL — En visioconférence lundi, Romell Quioto avait insisté sur l’importance de réagir en professionnels dans un contexte où l’Impact de Montréal allait jouer un premier match en un mois mardi soir. Il est passé de la parole aux actes.

Quioto a ouvert la marque tôt en première demie et il a aidé l’Impact à renouer de la plus belle des façons avec son vrai domicile et quelques-uns de ses partisans en défaisant les Whitecaps de Vancouver par la marque de 2-0, au stade Saputo.

Quioto n’a pas fait que marquer ce but. Il a été très visible lors d’autres poussées offensives de l’Impact et mérité les éloges de Thierry Henry.

«Ça fait un petit moment qu’il joue comme ça pour nous. Je ne sais pas ce qui s’est passé avant dans ces clubs, j’ai entendu des trucs, mais avec nous, il est exemplaire. Il travaille dur tous les jours à l’entraînement, il peut arriver avec une motivation énorme et vous le voyez sur le terrain, il se bat sur tous les ballons», a d’abord déclaré Henry.

Lassi Lappalainen, à la 40e minute, a également trompé la vigilance du gardien Thomas Hasal en première demie, sous les yeux de 250 spectateurs éparpillés dans la section sud du stade.

«Déjà, franchement, c’est mieux que quand il n’y a personne. On les a entendus, ils nous ont encouragés, c’était important, ils ont applaudi les mecs, ils ont soutenu les mecs jusqu’à la fin, c’était super important», a noté Henry lorsque questionné sur sa perception de l’ambiance dans le stade.

«Maintenant, vous savez très bien la situation avec la COVID-19. Il faut s’adapter. Est-ce qu’on peut s’adapter. Il y avait du monde aujourd’hui, j’espère qu’il y en aura encore pour le prochain match. Du moment que tout le monde est safe, c’est le plus important. Mais on a senti une cohésion avec le peu de monde, si je puis dire, qu’il y avait dans le stade avec nos joueurs. Et je pense que c’est important qu’ils soient là», a ajouté Henry.

De son côté, le gardien Clément Diop a été peu occupé. Ce n’est qu’au début de la deuxième demie qu’il a effectué son premier arrêt mais tout un, sur un penalty de Lucas Cavallini.

Avec ce gain, l’Impact (3-2-1) consolide sa position au classement général de l’Associaton Est et grimpe au quatrième rang. Il a aussi amassé ses trois premiers points dans la compétition en vue d’une participation à la finale du Championnat canadien.

À ce chapitre, le Toronto FC domine avec deux victoires par blanchissage et six points récoltés face à ces mêmes Whitecaps, qui rentreront chez eux avec leur petit bonheur et une séquence de 379 minutes sans marquer un seul but. Il leur reste trois parties à jouer dans le cadre du Championnat canadien, dont deux contre l’Impact, les 13 et 16 septembre à Vancouver.

En attendant, l’Impact effectuera sa prochaine sortie vendredi soir, de nouveau au stade Saputo, face au Toronto FC.

«Toronto a battu Vancouver deux fois, ça lui donne beaucoup de confiance. Le fait de jouer ici, de ne pas avoir à voyager, de pouvoir rester à la maison le jour du match, d’avoir notre propre routine chacun chez soi, ça fait beaucoup de différence. Ça le fait pour moi. Je pense que ça va être un bon duel», a mentionné Samuel Piette.

Opportunités exploitées

Les joueurs de Thierry Henry n’ont pas dominé la possession du ballon en première demie, mais ça ne les a pas empêchés de décocher sept tirs vers le filet de Hasal, qui remplace le Montréalais Maxime Crépeau, blessé au pouce gauche, contre seulement deux pour les Whitecaps, non cadrés.

Après des tentatives infructueuses de Victor Wanyama et de Zachary Brault-Guillard, Quioto a ouvert la marque à la 18e minute, grâce à un puissant tir de la tête, après une belle passe de Taïder.

Grâce à sa grande vitesse et une longue passe de qualité d’Emanuel Maciel, Lappalainen a doublé l’avance de la formation montréalaise grâce à un tir qui est passé sous la main gauche de Hasal.

Blanchis depuis environ 336 minutes, soit depuis le match du 23 juillet contre le Fire de Chicago lors du tournoi de relance, les Whitecaps ont probablement cru que cette séquence allait enfin se terminer.

Sauf que Diop a bien anticipé le penalty de Cavallini, à la 51e minute, qu’il a stoppé en plongeant à sa gauche.

Diop a réalisé un dernier arrêt pendant les arrêts de jeu pour préserver son blanchissage.

LES SPECTATEURS HEUREUX DE RETROUVER LEUR ÉQUIPE

250 spectateurs ont pu assister au match depuis les gradins.

Stephano Vani et son fils Anthony ont gravi la petite pente menant à la table où des préposés procèdent à la fouille des sacs et effets personnels des spectateurs avant les matchs de l’Impact de Montréal. S’ils n’avaient pas été interrompus par des journalistes, l’exercice n’aurait pris que quelques secondes.

«Habituellement, la file descend jusqu’en bas», a observé en ricanant le père de famille, un détenteur de billets de saison depuis cinq ans.

À 18h30, heure de l’ouverture du stade Saputo pour les spectateurs, il n’y avait effectivement pas cohue autour de la section sud, celle qui allait accueillir les 250 spectateurs en vue du duel de mardi contre les Whitecaps de Vancouver.

Les spectateurs, la plupart vêtus d’un chandail aux couleurs de l’Impact, sont arrivés tranquillement, par très petits groupes. Toutefois, on les sentait heureux de renouer avec leur équipe de soccer professionnel pour la première fois depuis le 10 mars, lorsque l’Impact avait affronté le CD Olimpia dans le cadre de la Ligue des Champions, au Stade olympique.

«Absolument. Je suis content d’être ici», a répondu M. Vani pendant que son fils hochait de la tête.»

«J’ai participé à l’encan et pour être sûr d’entrer, on aurait pu payer 225 $, mais on a entré un prix différent et j’ai été l’un des chanceux», a ajouté M. Vani, qui a précisé avoir versé 70 $ pour chacun des deux billets.

«Je vais tenter ma chance aussi pour le match de vendredi», a également confié M. Vani en faisant allusion à la visite du Toronto FC.

Serge Orzes, un autre détenteur de billets de saison, a payé 90 $ et il ne le regrettait pas.

«Je m’ennuyais de l’Impact», a-t-il lancé.

«Être ici aujourd’hui, c’est une bonne chose. J’aurais aimé qu’ils soient capables de faire entrer un peu plus de personnes. S’il y a une suite, on espère qu’il va y avoir plus de gens.»

De l'ambiance

Malgré le peu de spectateurs, on n’était pas dans une ambiance de salon funéraire. On a pu s’en rendre compte sur le premier but du match, marqué par Romell Quioto, de l’Impact, à la 18e minute.

Dans les secondes qui ont suivi ce but, on a pu entendre les traditionnels tintamarres de la cloche située derrière le filet de la section Est, mais aussi des bruits de foule informatisés.

De plus, l’annonceur maison, comme c’est toujours le cas, donnait le prénom du buteur de l’Impact deux fois, ce à quoi les amateurs, habituellement, répondent en scandant avec coeur le nom de famille du joueur. Évidemment, mardi, la réaction des amateurs était moins audible.

«Afin de bonifier l’ambiance dans le stade, à la télé et à la radio, le club a choisi de pousser une ambiance sonore additionnelle à celle des partisans présents au match. Les sons de foule utilisés ont été puisés d’anciens matchs joués au Stade Saputo, les rendant 100 % authentiques», a expliqué Jimmy James-Bergeron, directeur marketing de l’Impact de Montréal.

«Des matchs contre LAFC en 2018 et versus TFC ont été sélectionnés comme source pour les différents effets sonores (chants, réactions, huées, etc.). Les extraits sonores en banque touchent la majorité des actions liées au match (buts, fautes, arbitrage, chances manquées, etc.). La personne en charge de générer les sons peut choisir parmi une panoplie de sons authentiques.»