Vaincu 4-1 lors du match aller à Barcelone, l’AS Rome a réalisé une remontée miraculeuse, s’emparant du match retour 3-0 pour passer en demi-finale de la Ligue des champions pour la première fois depuis 1984.

Ligue des champions: spectaculaire remontée de l'AS Rome

ROME — L’AS Rome tient sa «salita», sa folle remontée. Et il a fait vivre ce scénario cruel au grand FC Barcelone, battu 3-0 au Stade olympique alors qu’il était jusque-là invaincu cette saison en Ligue des champions.

Jusqu’à mardi, seulement deux équipes avaient réussi à se qualifier avec un déficit de trois buts au match aller. En 2004, La Corogne avait renversé 4-0 l’AC Milan après avoir perdu 4-1 à l’aller. Et en 2017, le PSG, victorieux 4-0 à Paris, avait été détruit 6-1 par... le FC Barcelone.

Les «Remontadas» sont donc loin d’être un classique de la compétition reine. Et voilà le Barça victime à son tour d’un effondrement caractérisé au match retour, alors qu’on pensait l’affaire pliée après son succès 4-1 au match aller au Camp Nou.

Mais Edin Dzeko Dzeko marquait rapidement pour mettre son équipe sur de bons rails (6e). Le Barça, qui avant cette rencontre se prenait déjà à rêver d’un éventuel triplé C1-championnat-Coupe du Roi, était inexistant et un penalty de Daniele De Rossi à la 58e minute mettait vraiment le doute dans les têtes espagnoles.

Le gardien Ter Stegen sauvait Barcelone plusieurs fois, mais centre-arrière Kostas Manolas inscrivait le but décisif de la tête sur un corner à la 82e minute de jeu, semant l’hystérie au Stadio Olimpico. «C’est pour des moments comme ceux-là que c’est si fabuleux de vivre pour ces couleurs», a déclaré l’ex-capitaine de l’AS Roma Francesco Totti sur Twitter, avant d’ajouter «Daje Roma!» (Go Rome!) et deux cœurs rouge et jaune.

Au bout de ce scénario inattendu, l’AS Rome se qualifie pour sa première demi-finale depuis 1984. Le Barça, lui, n’a plus vu le dernier carré de la C1 depuis 2015.

Les attaquants barcelonais Lionel Messi et Luis Suarez n’ont que très peu menacé mardi, tandis que la Roma a dominé la possession de ballon et a contenu les Catalans avec une pression en profondeur. «Ils ont démontré de l’attitude, mais pour une raison ou une autre nous n’avons pas réagi», a confié le milieu de terrain catalan Sergio Busquets. «Pour cette raison, ils étaient les meilleurs sur le terrain ce soir.»

«Ce n’était pas de la chance. C’est ce qui s’est produit», a dit Eusebio Di Francesco, l’entraîneur de l’AS Roma. «Mais ce n’est pas suffisant. Nous ne sommes pas encore satisfaits. Cette équipe doit viser la finale. C’est une équipe extraordinaire. Pourquoi est-ce nous ne viserions pas le championnat?»

Guardiola sorti avant ses joueurs...

Dans l’autre quart de finale du jour, Manchester City, battu une deuxième fois par Liverpool (2-1), n’a pas réussi l’exploit nécessaire en match retour et est sorti de la compétition prématurément, à l’image de son entraîneur Pep Guardiola, exclu du match à la pause. À l’inverse, les Reds de Jürgen Klopp se retrouvent en demi-finale de la compétition pour la première fois depuis dix ans.

Il a fallu près de deux ans et près de 600 millions d’euros (environ 935 millions $CAN) à Guardiola pour construire un City à son image, mais il a suffi de 19 minutes de flottement à Anfield pour faire caler la machine à gagner.

Face à la montagne, le Catalan avait réclamé un «match parfait» de la part de ses joueurs. Cela l’a été... pendant deux minutes. Il a fallu 126 secondes à Gabriel Jesus pour ouvrir la marque et redonner espoir. 

Mohamed Salah (56e) et Roberto Firmino (77e) ont toutefois marqué en deuxième demie pour confirmer la victoire de Liverpool, qui s’était forgé une avance de 3-0 à Anfield, la semaine dernière.

À la pause, Guardiola s’est dirigé vers l’arbitre Antonio Mateu Lahoz pour lui faire part de son mécontentement pour le but refusé à Leroy Sané quelques minutes auparavant, pour un hors jeu contesté. Selon les Mancuniens, le ballon avait été remis en jeu par James Milner (Liverpool).

«Je lui ai dit qu’il y avait but et il m’a exclu. Je lui ai dit que Milner avait passé le ballon à Leroy. Je ne l’ai pas insulté. J’ai juste dit qu’il y avait but. Rentrer à la pause avec 2-0 c’est différent [...] Je le connais depuis l’Espagne. Cet arbitre est un type spécial. Il aime être différent. Quand les ges voient quelque chose, il décide du contraire», a conclu Guardiola