Selon Gilles Courteau, les compensations versées par les formations de la LNH à leurs contreparties de la LCH, pour un joueur junior qui évolue chez les professionnels, atteignent en général 75 000 $.

Trois Européens en uniforme: une question de gros sous

Lorsque Mikhail Grigorenko reprendra l'action dans l'uniforme des Remparts, samedi, il patinera en compagnie de deux autres Européens, soit un de plus que la limite permise. Une première dans la LHJMQ. Considérée comme un avantage compétitif par certains, la nouvelle mesure de la Ligue canadienne de hockey veut surtout protéger les équipes contre de lourdes pertes financières.
Entrée en vigueur la saison dernière, la règle de la LCH concernant les joueurs européens repêchés en première ronde dans la LNH a été instaurée après que les Rangers de Kitchener eurent perdu Gabriel Landeskog au profit de l'Avalanche du Colorado en 2011-2012.
À l'époque, la formation ontarienne avait dû libérer le Suédois afin de repêcher un deuxième joueur européen. Elle s'était ensuite vu refuser les compensations financières pour joueur exceptionnel prévues à l'entente entre la LCH et la LNH, parce que Landeskog ne figurait plus sur sa liste de protection.
Considérables, ces compensations sont versées par les formations de la LNH à leurs contreparties de la LCH, chaque saison où un joueur junior évolue chez les professionnels. Par exemple, les Remparts ont, au cours des deux dernières années, reçu des compensations financières proportionnelles aux absences de Mikhail Grigorenko.
Jusqu'à 100 000 $
«Ça peut aller jusqu'à 100 000$, mais ce qu'on voit le plus souvent, c'est 75 000 $, lorsqu'un joueur évolue à 18 et 19 ans dans la Ligue nationale. On peut parler de 40 000 $ pour la première année et de 35 000 $ pour la deuxième. Ce n'est donc pas des peanuts!» a lancé le commissaire de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, Gilles Courteau, lundi.
Pour éviter que d'autres équipes soient lésées, les commissaires des ligues de l'Ouest, de l'Ontario et du Québec ont décidé de créer un règlement voulant qu'une équipe possédant un joueur européen repêché en première ronde dans la LNH puisse en repêcher un troisième.
«Ce règlement ne découle pas de demandes des équipes, que ce soit Kitchener, Calgary ou Québec. C'est lorsque nous avons vécu la situation de Kitchener que nous, les trois commissaires de la LCH, on a décidé de créer le règlement. [...] On l'a ensuite partagé avec nos équipes pour avoir leur opinion. Dans une forte majorité, elles ont voté en faveur de limiter le règlement aux joueurs repêchés en première ronde», a expliqué Gilles Courteau, tout en ajoutant que la mesure était encore perfectible.
En vertu de cette règle, une formation junior dont l'Européen repêché en première ronde évolue dans le circuit Bettman peut dorénavant recevoir sa compensation pour joueur exceptionnel, tout en continuant d'évoluer à deux Européens. Si le joueur lui est retourné avant la date limite des échanges de janvier, elle doit échanger ou placer au ballottage l'un de ses deux joueurs actifs. Si le joueur lui est cédé après la date limite des échanges de janvier, la formation peut évoluer à trois Européens.
«L'objectif de la règle, c'est de s'assurer qu'un club ne perde pas l'argent prévu pour avoir développé un joueur. Parce qu'il arrive qu'un joueur joue à 17 ans dans la LCH et qu'ensuite il passe dans la LNH. Non seulement l'équipe junior perd son joueur, mais également l'argent prévu à la réglementation», a souligné le commissaire de la LHJMQ
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En vitesse...
Comme les Remparts, les Knights de London ont repêché un troisième Européen cette saison, soit le défenseur allemand Tim Bender, qui est venu remplacer l'arrière finlandais Olli Maatta, promu chez les Penguins de Pittsburgh. L'autre poste d'Européen de la formation est occupé par le défenseur Nikita Zadorov, un espoir russe des Sabres, tout comme Grigorenko.
Selon l'entente entre la LCH et la LNH, un club de la Ligue nationale peut céder un joueur à sa formation junior, en autant que son nom figure sur sa liste de protection, jusqu'à la veille du début des séries dans la LHJMQ. Par exemple, l'Avalanche du Colorado pourrait retourner Nathan MacKinnon à Halifax à la mi-mars. Les Devils du New Jersey pourraient en faire de même avec Stefan Matteau à Rimouski.
Gilles Courteau salue le retour de Mikhail Grigorenko dans la LHJMQ, même s'il dit bien saisir la situation du joueur. «Il y a toujours deux côtés à une médaille. Quand Jonathan Drouin est revenu, il vivait la déception d'être retranché par Tampa Bay. De l'autre côté, il y avait le bonheur de le compter parmi nous. Grigorenko, c'est la même chose. Il a vécu la déception d'être retranché. Et c'est encore pire, parce que c'est la deuxième fois. Je me mets à sa place et je comprends bien sa réaction des derniers jours.»