Philippe Boucher, entraîneur-chef et dg des Remparts de Québec

Repêchage de la LHJMQ: les Remparts prêts à tous les scénarios

Les assises annuelles de la LHJMQ s'étaient à peine mises en branle que déjà les discussions de corridors étaient lancées, mercredi à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.
L'excitation est à son comble, en amont de la séance de repêchage de samedi, où une cuvée jugée «exceptionnelle» attend les directeurs généraux du Circuit Courteau. Chez les Remparts, la qualité des joueurs disponibles et un choix de première ronde tardif (18e au total) laissent entrevoir une multitude de scénarios auxquels l'organisation dit s'être préparée.
«L'année passée, on avait payé pour s'avancer et repêcher Andrew Coxhead. On aime Andrew. On veut gagner dans les prochaines années et on pense qu'un joueur comme lui, c'est indispensable. Si le même scénario se répète et que le prix est raisonnable, on va le faire», a indiqué Philippe Boucher.
S'il fallait toutefois que plusieurs joueurs jugés talentueux par l'organisation glissent jusqu'au 18e rang et qu'un autre club offre, par exemple, le 20e choix et un choix supplémentaire, le directeur général sera aussi à l'écoute. «Ça reste à voir. Il y a tellement de joueurs intéressants! On parle beaucoup des quatre ou cinq premiers, mais il y a énormément de joueurs intéressants là où on va parler aussi», estime-t-il.
Un défenseur mobile, la priorité
La priorité des Remparts demeure la sélection d'un défenseur mobile, qui sera en mesure de relancer l'attaque. Mais c'est le talent qui dictera le premier choix de l'organisation. «On va voir comment la première ronde va se dérouler. Si, sur notre liste, il y a un joueur d'avant qui glisse, on n'hésitera pas. On adressera alors notre besoin de jeunes défenseurs dans l'organisation avec nos choix de deuxième et de troisième rondes», a fait savoir Boucher.
Chose certaine, ce dernier sera un participant, mais aussi un spectateur attentif, lors d'une première ronde qui s'annonce aussi «excitante» qu'«interminable», selon lui. «Il y a tellement d'équipes qui ont beaucoup de choix de première ronde, alors ça discute. J'ai hâte de voir, même si je pense savoir des choses.
«De mon côté, je ne peux pas vraiment discuter avec les gars qui parlent aux premier, deuxième et troisième rangs. Je l'ai fait quand même, parce que de dire que Jakob Pelletier [SSF] ne nous intéressait pas, ce serait mentir. Alors j'ai parlé à Roger Shannon [Moncton]. Ça s'est fait dans le respect, mais disons que ça va être difficile pour nous de s'avancer là», a admis le dg.
Le grand patron des Remparts profitera en outre de sa présence à Saint-Jean pour tenter de régler la question de ses joueurs de 20 ans. Assuré du retour du défenseur Andrew Picco, Boucher a eu vent que le gardien de but Evgeny Kiselev avait signé un contrat dans la KHL. Il se retrouve donc maintenant avec deux postes à combler.
Océanic: les chaussures chanceuses du dg
L'Océanic de Rimouski devrait sélectionner Alexis Lafrenière au tout premier rang du repêchage de la LHJMQ, samedi, à Saint-Jean.
À moins d'un revirement de situation inattendu, l'Océanic jettera samedi son dévolu au tout premier rang du repêchage sur le joueur le plus convoité de tous les clubs de la LHJMQ : Alexis Lafrenière.
Mardi, à une heure de son départ pour Saint-Jean, le directeur-gérant Serge Beausoleil n'avait pas voulu officiellement confirmer que le jeune attaquant de Saint-Eustache serait son premier choix. Mais à la lumière de ses allusions lors d'un point de presse donné avant de partir pour le Nouveau-Brunswick, la déduction était facile à faire.
Beausoleil a fini par admettre qu'il savait où il s'en allait en vue de la séance de repêchage de la LHJMQ, alors que son club possède le tout premier choix. «Il y a une certitude», a-t-il avoué. «On va repêcher le premier joueur au total de cet encan. Il est fabuleux.»
Lafrenière, ce surdoué de 15 ans des Vikings de Saint-Eustache, s'est rendu à Rimouski la semaine dernière. «On a eu une très belle rencontre avec les parents», a confirmé Beausoleil. «On aimerait faire ça avec tous les joueurs. C'est une belle opportunité qu'on a eue de pouvoir échanger et de voir qu'on pouvait avoir des atomes crochus.»
Le pilote rimouskois était fébrile. «Ça fait longtemps qu'on attend pour développer nos cadeaux. On en a parlé beaucoup. Là, on va le vivre! On est très enthousiastes!»
L'Océanic parlera aussi aux 10e et 12e rangs de la première ronde. Et Beausoleil est bien conscient de l'occasion qui s'offre à son organisation.
«Plus on va s'approcher de la date ultime de samedi, plus les choix au repêchage vont prendre une valeur inestimable, parce que repêcher en première ronde, cette année, c'est un luxe que tout le monde ne pourra pas se permettre! Toute décision qui va être prise vise à améliorer le sort de notre organisation. En ayant trois choix de première ronde, ça nous permet de faire une bonne semence.» 
L'Océanic lorgne quelques joueurs des Maritimes qui se laissent désirer, dont Bailey Peach, de Cole Harbour en Nouvelle-Écosse. «Il branle dans le manche. On va essayer de le rencontrer à Saint-Jean pour voir de quel bois il se chauffe.»
Dans ses bagages, Beausoleil a apporté la paire de chaussures qu'il portait lorsque sa formation a remporté la Coupe du Président en 2015 et la loterie du repêchage en avril. Il saura, samedi, si son porte-bonheur est encore efficace...  Johanne Fournier (collaboration spéciale)
Drakkar: «On n'est pas mal pris avec nos choix»
Steve Ahern, dg du Drakkar de Baie-Comeau
Steve Ahern aimerait bien améliorer son rang de parole au repêchage de la LHJMQ samedi à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Mais vous n'entendrez pas le directeur général du Drakkar se plaindre s'il doit «se contenter» des choix qu'il possède actuellement en première ronde, le sixième et le neuvième.
«On n'est pas mal pris avec nos choix», de lancer Ahern, qui se dit toujours à l'écoute des propositions. «On a eu des offres pour s'avancer, des offres pour reculer et on étudie toutes les possibilités, mais c'est un peu comme ça à chaque année, ça ne bouge pas vraiment avant la veille du repêchage», ajoute-t-il.
S'il conserve son sixième choix, Steve Ahern avoue qu'il a un faible pour le défenseur Justin Barron, un autre des récalcitrants des Maritimes qui refuserait de s'amener à Baie-Comeau. «Barron nous intéresse beaucoup et on va avoir de bonnes discussions avec son agent [Doug Shepherd]», soutient le dg, qui a en ras-le-bol que l'éloignement de Baie-Comeau ou la prétendue difficulté à y mener des études soient toujours évoqués.
«C'est décevant parce qu'on a un programme scolaire très intéressant et que ce soit un gars des Maritimes ou des États-Unis, il pourra faire de bonnes études ici», fait valoir Ahern, qui comptait dans ses rangs les récipiendaires de trois des quatre derniers titres de meilleur joueur-étudiant de la LHJMQ, soit Jérémy Grégoire (2013-2014, 2014-2015) et Antoine Samuel (2016-2017). «À titre d'exemple, on a Matteo [Pietroniro] un anglophone qui réussit très bien ses études à distance, enchaîne-t-il.
«Quant à la distance, c'est pas mal relatif», a signalé le patron hockey du Drakkar, qui y est allé d'une autre de ses expressions imagées pour conclure : «À chaque fois que je regarde la Lune, que je sois à Baie-Comeau, Halifax ou en Afrique, elle est toujours à la même distance.» À méditer.  Steeve Paradis (collaboration spéciale)