Après sa carrière professionnelle, Gaston Therrien a été à la barre de l'Océanic à ses deux premières saisons, de 1995 à 1997.

«Papi» Gaston Therrien au Temple

Recordman pour le plus de points en une saison par un défenseur chez les Remparts, Gaston Therrien fera son entrée au Temple de la renommée de la LHJMQ, lors du Gala des rondelles d'or, mercredi au Capitole de Québec. Un honneur auquel on ne peut aspirer que «si on est bien entouré», estime le nouvel intronisé.
Montréalais d'origine, Gaston Therrien avait été un choix de première ronde des Remparts en 1977 (4e au total), avant de joindre les rangs de l'équipe pendant trois saisons, dont les deux dernières à titre de capitaine.
«À ma première saison, quand je suis arrivé avec les Remparts, il y avait encore Kevin Lowe, Pierre Lacroix et Michel Goulet qui étaient là, mais les grosses années des Remparts étaient un peu terminées. C'était nous la relève. Et Ron Racette était notre entraîneur. J'ai commencé comme joueur recrue à 17 ans. Tout de suite, j'ai eu un poste régulier», s'est rappelé celui qui est aujourd'hui analyste au Réseau des sports (RDS).
Auteur de 125 points à sa saison record de 1979-1980, il remportait le Trophée Émile-Bouchard du défenseur de l'année et était sélectionné sur la première équipe d'étoiles de la LHJMQ, au terme de sa dernière année dans la ligue. Un palmarès qui lui avait valu d'être repêché par les Nordiques en 1980 (7e ronde).
«On a toujours dit que je faisais 5'10", mais en réalité, je faisais 5'9" 1/2. Je pesais à peu près 175 livres dans des années où on jouait un jeu très robuste. Comme défenseur, j'étais un des plus petits. Mais dans mes années juniors, c'est vrai que la dernière a été une belle saison», a convenu Therrien, qui était alors pensionnaire chez la «fantastique» famille Rioux et sera accompagné - en plus de sa conjointe, de son frère et de sa belle-soeur - de cette dernière, lors de son intronisation, mercredi.
Avec les Remparts en 1979-1980, Gaston Therrien a établi un record d'équipe pour un défenseur avec 125 points.
Au-delà d'un record de points qui tient toujours chez les Remparts (première et deuxième générations), l'ancien défenseur aura réalisé une prouesse dont il n'est pas peu fier : avoir disputé la totalité des six matchs de son équipe dans les séries de 1979! «Je ne suis pas sorti de la glace. C'est un exploit qui serait tellement difficile à refaire aujourd'hui, parce que le hockey est rendu tellement rapide!» a lancé celui dont le partenaire de défense était Dave Pichette.
Né avec l'Océanic
Après une carrière professionnelle qui s'est terminée en France, Therrien a effectué un deuxième séjour dans la LHJMQ à titre d'entraîneur. Il a été à la barre de l'Océanic à ses deux premières saisons inaugurales, entre 1995 et 1997, puis a dirigé les Huskies, les Foreurs, avec qui il a remporté la Coupe du Président en 1998 - et guidé les Bégin, Luongo et Dumont -, puis le Rocket de Montréal.
«J'ai fait quatre équipes en huit ans. Je suis né avec l'Océanic, avec la famille Tanguay, qui avait acheté les Lynx de Saint-Jean et qui m'a fait confiance. Ça aussi, ç'a été un moment marquant dans ma carrière d'entraîneur», a-t-il affirmé, ajoutant avoir également été entouré de bons assistants, en Roland Cloutier, à Val-d'Or, et en Gilbert Delorme et Danièle Sauvageau, à Montréal.
C'est à ce parcours auquel pensera Gaston Therrien au moment de faire son entrée au panthéon mercredi, jour où il est également censé devenir grand-père! «Comme joueur, c'est une école de la vie. Comme entraîneur aussi, parce que tu as quand même une famille de 21 enfants dont tu dois prendre soin. C'est un beau tremplin! [...] Si tu es passé dans la LHJMQ, c'est certain que ç'a marqué ta vie.»
Outre Gaston Therrien, l'arbitre Luc Lachapelle (à titre posthume), le gardien de but Jean-Sébastien Giguère, ainsi que le défenseur Francis Bouillon et l'attaquant Brad Richards entreront au Temple de la renommée de la LHJMQ, mercredi.
Un triste souvenir
Le séjour de Gaston Therrien avec les Remparts n'aura pas été jalonné que par des moments heureux. L'un des événements l'ayant le plus marqué a été le décès tragique de son coéquipier Daniel Richard. «Il avait 17 ans et j'avais 17 ans. Il est mort sur la glace pendant un entraînement. Ça avait marqué l'équipe aussi. On avait enterré Daniel avec son chandail numéro 9. Je me rappelle que Ron Racette était d'une tristesse... Par chance, c'était un entraînement optionnel et personne ne l'avait frappé. Personne n'a eu à vivre en pensant que c'était peut-être à cause de lui qu'il était mort...» a laissé entendre l'ancien capitaine des Remparts.
Traverser pareil deuil à un aussi jeune âge a laissé une forte impression chez Therrien. «J'ai battu des records, mais ces records-là ne représentent pas ce que j'ai appris de la vie en étant un joueur dans la LHJMQ. Ce moment de tristesse-là, parce que Daniel Richard était un très bon joueur de hockey, ça ne peut pas ne pas te marquer...» Richard, un attaquant, a disputé sa seule saison avec les Remparts de Québec, en 1977-1978. En 51 matchs, il avait inscrit 13 buts et 15 passes.