Les gradins étaient vies lors du match de la médaille de bronze entre la Suède et la Russie.

«Mont­réal, c'est le Canadien de Montréal, point»

Montréal n'est pas une ville de hockey. Pas plus qu'elle n'est une ville de baseball, n'en déplaise à Denis Coderre. Elle est la ville du Canadien de Mont­réal, a expliqué jeudi le patron du hockey mondial, René Fasel, en marge du Mondial junior.
Les organisateurs du tournoi ont tenu leur traditionnel bilan, jeudi. Malgré un enthousiasme poli en façade, Hockey Canada a reconnu que le nombre de spectateurs avait été décevant cette année encore. En fait, les foules ont été encore pires qu'en 2015, lors de la première présentation du tournoi à Montréal et à Toronto.
Dans la Ville reine, la ronde préliminaire a attiré moins de spectateurs qu'il y a deux ans, alors que cette fois-ci l'équipe canadienne était en ville. Mais c'est à Montréal que la situation a été la pire, avec en moyenne seulement 5414 spectateurs en ronde préliminaire.
«Ici, c'est connu, il y a une équipe : le Canadien. Après, il y a le Canadien, le Canadien, le Canadien, et il n'y a plus personne», a lancé Fasel. «Je pense que Denis Coderre veut ramener une équipe de baseball. Il faudra voir. Si l'équipe de baseball est partie un jour, il y a bien une raison. Mont­réal, c'est le Canadien de Montréal, point», a-t-il ajouté avec son accent fribourgeois et son franc-parler habituel.
Hockey Canada assure avoir tiré les leçons de l'épisode de 2015. Cette année, le prix des billets avait baissé de 30 % à Montréal, selon le directeur des opérations de la fédération canadienne, Scott Smith.
Ce n'était visiblement pas assez. À Toronto et à Montréal en 2015, le tournoi avait attiré 366 370 spectateurs et l'édition de cette année n'atteindra pas ce nombre lorsque les chiffres finaux seront annoncés.
Billets trop chers
Si Fasel montre du doigt la monomanie des Montréalais pour le CH - il n'est pas le premier -, il admet sans détour que les billets étaient trop chers à ce Mondial junior. L'entrée pour la finale coûtait de 97 à 257 $, taxes et frais de service non compris.
«Il faut appeler un chat un chat. Les prix étaient trop chers. La foule n'était pas là. Je pense qu'il va falloir revoir le prix des billets en Colombie-Britannique en 2019. Vous savez, je me promène dans l'aréna ici, je me paye un petit popcorn à 7 $, je paye mon billet, je viens avec ma famille, ça fait entre 500 et 600 $ à quatre. Ça fait beaucoup.»
Le prix des billets pour la ronde des médailles était comparable à celui des billets pour un match de la LNH. Mais selon Hockey Canada, ce n'est pas un hasard; c'était ça le plan. «Le Mondial junior de 2012 en Alberta nous a servi de base de comparaison. Le prix des billets an Alberta était comparable à celui des équipes de la LNH dans ces marchés. On a encore utilisé des prix de la LNH cette fois-ci comme base de comparaison», a dit Smith, qui assure que la fédération va faire ses devoirs lors du prochain passage du tournoi en sol canadien.
Même si Mondial junior de cette année fait figure d'échec à voir les gradins, il reste qu'il s'agit du septième en popularité dans l'histoire du tournoi créé en 1977. En Europe, il peine à attirer les foules. Helsinki a établi un record européen l'année dernière avec 215 226 spectateurs, ce qui est beaucoup moins qu'au tournoi de cette année.
Fasel a donc l'intention de maintenir la tradition qui consiste à revenir en Amérique du Nord une année sur deux. «En 1997, le Mondial junior avait eu lieu en Suisse. Il y avait eu en tout 31 336 spectateurs pour tous les matchs. Je me souviens d'un match à Morges où j'ai pu serrer la main de tous les spectateurs. Ils étaient une vingtaine. C'était vide et l'aréna était très froid.»