Capitaine des Huskies de Rouyn-Noranda, Liam O'Brien a récolté 20 buts cette saison.

Liam O'Brien, sans rancune

Choix de première ronde (10e) de Rimouski en 2010, voilà que Liam O'Brien se mesure à une équipe dont l'entraîneur-chef l'a déjà échangé. Il ne faut pas croire que le capitaine des Huskies en veut à Philippe Boucher, bien au contraire.
Le 31 décembre 2011, O'Brien avait été envoyé à Rouyn-Noranda dans un troc qui comprenait aussi des choix au repêchage et une inversion au premier tour de la séance européenne. Quelques mois plus tard, Boucher, qui était alors le directeur général de l'Océanic, avait réussi à mettre la main, notamment, sur Anthony DeLuca et Jan Kostalek, deux joueurs qui rendent encore de précieux services à la formation du Bas-Saint-Laurent.
«Je n'ai pas beaucoup connu Philippe, c'est surtout avec Serge [Beausoleil] qu'on faisait affaire. J'ai quand même le souvenir qu'il était une bonne personne et je trouve qu'il fait un bon job à Québec. Cet échange avait été bon pour moi, ça m'avait donné la chance de jouer plus», racontait O'Brien, hier matin.
Natif de Halifax, il a vécu pendant quatre ans à Montréal lorsqu'il était enfant. Il y a développé une base en français qu'il a ensuite étoffée à Rimouski et à Rouyn-Noranda. En Abitibi, le numéro 28 a joué sous les ordres d'André Tourigny, maintenant adjoint de Patrick Roy au Colorado. Il a découvert un homme compétitif dont l'enseignement lui sert encore.
«André était exigeant, s'il demandait quelque chose, c'est parce qu'il savait que tu pouvais lui donner», racontait-il.
Quand Gilles Bouchard a succédé à Tourigny, il a pris le soin de bien connaître ses nouveaux joueurs, même si on lui avait tracé un portrait adéquat de l'alignement. En novembre dernier, O'Brien a hérité du titre de capitaine.
«Liam ne porte pas le C pour rien, il fait attention à ses coéquipiers, sur la glace comme à l'extérieur. Il est capable de générer de l'offensive, de s'impliquer physiquement, de laisser tomber les gants à l'occasion. Il s'agit d'un type de joueur qui est toujours recherché, il y avait de l'intérêt pour lui à Noël», convenait Bouchard à propos de celui qui a doublé sa production offensive, cette saison, avec 20 buts.
Éviter le piège
Le joueur de 6'1" et 205 livres retrouve aussi Adam Chapman sur son passage, qu'il a bien connu lorsque la peste des Remparts s'alignait à Gatineau. «Son rôle est de déranger, il parle beaucoup et il faut juste éviter de tomber dans le panneau», notait-il sans donner de munitions à l'adversaire.
Pour l'heure, O'Brien ne pense pas à son avenir dans le hockey. Tout ce qui l'intéressait, hier matin, était de remporter le match en soirée. Il se souvient encore de la série de l'an passé entre Québec et Rouyn-Noranda, remportée en cinq matchs par les Huskies. «On peut s'en servir dans une certaine mesure pour établir des points de comparaisons. Ils sont plus forts que l'an dernier, et pour notre part, on doit jouer de la même façon.»
En vitesse
Les réservistes de chaque équipe ont patiné, samedi matin, pendant que les joueurs réguliers étaient invités à revoir quelques facettes de leur jeu en compagnie des entraîneurs... Il était plutôt cocasse de voir les autocars des deux clubs stationnés l'un à côté de l'autre, hier matin. Il faut savoir que les Remparts ont passé une autre nuit dans un hôtel de la région, même s'ils jouaient à domicile... Journée de voyage, aujourd'hui, pour la délégation québécoise, qui roulera vers Rouyn-Noranda... Les Remparts ont effectué quelques changements mineurs à leur alignement en y insérant les noms Tyler Brown, Massimo Carozza et Maxime Chevalier à la place de David Hunter, Marc-Olivier Groleau et Hubert Lamarre.
Productif à 16 ans
En l'absence de deux défenseurs de 19 ans, les Huskies n'ont pas le choix de faire confiance à deux arrières de 16 ans, soit Jérémy Lauzon et Philippe Myers. Le premier n'a pas raté son coup à son tout premier match éliminatoire dans la LHJMQ, vendredi, en marquant deux buts dans la victoire de 5-4 des siens en prolongation. Après le match, l'entraîneur-chef Gilles Bouchard disait que sa recrue n'était pas intimidée à l'idée de jouer contre des gars plus vieux et plus expérimentés que lui. Natif dans la ville voisine de Val-d'Or, Lauzon a été le choix de deuxième ronde des Huskies au dernier repêchage, le premier de l'équipe en fait. «Que je me retrouve face un joueur de 17 ou 20 ans, je garde le même style. J'ai pris confiance, cette saison. Il nous manque deux gros morceaux, mais on ne se laisse pas déranger par cela», disait le jeune homme auteur de 16 points... à 16 ans à sa première saison.