Le commissaire de la LHJMQ Gilles Courteau
Le commissaire de la LHJMQ Gilles Courteau

LHJMQ: pas de match avant le 17 janvier et possible fin de saison en «bulles»

Ian Bussières
Ian Bussières
Le Soleil
Premier décembre, Joyeux Noël Monsieur Courteau, on se reverra le 17 janvier! C’est le refrain que pourraient entonner les joueurs de la Ligue de hockey junior majeure du Québec (LHJMQ) puisque le commissaire Gilles Courteau a annoncé mardi que les matchs de hockey ne reprendraient pas avant le 17 janvier dans le meilleur des cas.

«Si la pandémie s’est résorbée et que la direction de la santé publique annonce que les équipes peuvent voyager d’une ville à l’autre, nous reprendrons le calendrier comme nous l’avions fait en octobre», a-t-il déclaré en vidéoconférence. Cependant, si ce scénario idéal ne se matérialise pas, le circuit est prêt à terminer la saison en disputant 270 matchs (30 par équipe) dans des «bulles» comme celle qui a accueilli sept équipes au Centre Vidéotron du 17 au 27 novembre.

Les premières «bulles» regroupant chacune trois équipes prendraient place à six endroits différents et permettraient de jouer deux matchs en deux jours du 22 au 24 janvier. Ensuite, trois regroupements de quatre équipes chacun seraient créés au Québec et un autre regroupant les six formations des Maritimes pour disputer six matchs par équipe du 30 janvier au 6 février.

«Après les trois premiers week-ends de la «bulle», on ferait le point avec la santé publique. Si on doit finir la saison dans des «bulles», l’objectif est de disputer 30 matchs de plus par équipe après les Fêtes. C’est certain que si la situation s’améliore pendant cette période de temps et que les équipes ont la permission de se déplacer d’une ville à l’autre, nous retournerions au plan initial», a indiqué Martin Lavallée, adjoint du commissaire.

Période d’isolement

Les joueurs retourneront pour leur part dans l’environnement de leur équipe dès le 3 janvier, histoire de pouvoir s’isoler durant 14 jours avant de reprendre le collier. Le commissaire a cependant dit ignorer pour le moment si les joueurs auraient la permission de participer à des entraînements durant cette période.

Quant aux villes qui accueilleront les «bulles», la LHJMQ a fait parvenir mardi un cahier de charges à ses 18 formations. Celles qui seront intéressées à accueillir des «bulles» devront pouvoir fournir six vestiaires, à savoir deux par équipe, pour répondre aux besoins des trois équipes qui s’ajouteront à l’équipe locale. Les équipes de la LHJMQ devront aussi avoir l’exclusivité de l’aréna.

Gilles Courteau a déclaré que l’expérience de la «bulle» de Québec avait été une réussite puisqu’aucun cas de Covid-19 n’a été détecté chez les membres des équipes participantes. Il est sûr que la direction de la santé publique des quatre provinces de la ligue donne le feu vert à une répétition de l’expérience si la pandémie ne se résorbe pas.

Coûts

M. Courteau n’a cependant pas voulu dévoiler les coûts de l’expérience. «Les coûts des 12 jours dans la «bulle» de Québec seront partagés à l’interne avec les équipes. On parle de plusieurs centaines de milliers $. Les coûts qui s’ajoutent aux coûts normaux de la tenue de matchs de hockey sont les frais de location des arénas et les coûts des tests de dépistage», a expliqué le commissaire. On sait déjà qu’il en a coûté plus de 200 000 $ pour tester à quatre reprises les joueurs des équipes qui ont participé au tournoi dans la «bulle» de Québec.

Quant à la question de la période des transactions et du format des séries éliminatoires, tout serait sur la table. «Notre comité hockey se penchera là-dessus», a déclaré le commissaire, refusant de s’avancer davantage quant aux scénarios envisagés.

Pas d’exode

Malgré tous les obstacles auxquels sa ligue a dû faire face, le Grand Manitou de la LHJMQ assure ne pas regretter d’avoir mis autant d’efforts pour lancer la saison en octobre. Il ajoute qu’il n’a jamais été question d’annuler la saison et se dit content d’avoir réussi à tenir 111 parties de hockey avant les Fêtes. «C’est déjà un exploit en soi, surtout qu’on avait débuté avec des cas positifs chez l’Armada de Blainville-Boisbriand et le Phoenix de Sherbrooke.»

Gilles Courteau a également avoué qu’il voulait éviter à tout prix l’exode de joueurs vers d’autres pays. «On a décidé de lancer la saison en octobre pour faire jouer nos joueurs et les garder dans la structure de la LHJMQ. Vous savez, les ligues de l’Ouest et de l’Ontario (qui lanceront respectivement leurs activités en janvier et en février) ont reçu plusieurs demandes de joueurs qui voulaient s’expatrier aux États-Unis et en Europe. On ne voulait pas ça», a-t-il déclaré, ajoutant n’avoir d’ailleurs reçu aucune demande en ce sens.

Finalement, le commissaire a dit souhaiter que les ligues de l’Ontario et de l’Ouest puissent reprendre leurs activités et que le tournoi de la Coupe Memorial puisse avoir lieu. «Si la Ligue de l’Ontario et la Ligue de l’Ouest ne reprenaient pas leurs activités comme prévu, ce serait extrêmement néfaste», a-t-il conclu.