L’entraîneur-chef et directeur général de l’Océanic de Rimouski, Serge Beausoleil avoue que, mentalement, il devient difficile de garder les joueurs toujours prêts alors qu’ils ne savent pas quand sera disputé leur prochain match.
L’entraîneur-chef et directeur général de l’Océanic de Rimouski, Serge Beausoleil avoue que, mentalement, il devient difficile de garder les joueurs toujours prêts alors qu’ils ne savent pas quand sera disputé leur prochain match.

LHJMQ: Beausoleil aurait aimé jouer contre le Drakkar

Ian Bussières
Ian Bussières
Le Soleil
L’entraîneur et directeur général de l’Océanic de Rimouski, Serge Beausoleil, ne le cache pas: il aurait bien aimé pouvoir jouer ses deux matchs prévus contre le Drakkar de Baie-Comeau en fin de semaine plutôt que les 30 et 31 octobre.

Même s’il respecte la décision de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) de reporter la suite de la saison au Québec, Beausoleil est un fier compétiteur et il avoue qu’il trouve dommage que son équipe, située dans une zone orange, n’ait pas pu affronter le Drakkar, situé en zone jaune, en fin de semaine.

«Loin de moi l’idée de me plaindre. Je sais très bien qu’on est chanceux de pouvoir faire du hockey. Je ne pense pas qu’on soit infaillible, mais je suis fier de ce que les jeunes font. Ils respectent bien les consignes», déclarait Beausoleil samedi dans un entretien téléphonique avec Le Soleil.

«Hier soir, il se jouait du hockey dans les Maritimes et on n’est pas très loin de là même si, d’une façon, on est très loin. Je crois qu’on aurait pu jouer contre Baie-Comeau... mais en même temps, c’est une réalité différente (au Québec) et il faut faire face à ça», poursuit Beausoleil, qui considère que ses joueurs vivent déjà dans une «mini-bulle».

«Personne ne peut entrer dans les installations de l’Océanic et je sais que c’est la même chose à Baie-Comeau. Et pour ce qui est des pensions où résident les joueurs, ce sont des personnes extraordinaires. Ce n’est pas évident d’ouvrir les portes de sa maison à des athlètes dans les conditions actuelles. J’ai aussi beaucoup de respect pour les arbitres de la ligue. La «bulle» n’est pas parfaite, mais on a vraiment établi une façon pour que les jeunes embarquent dans les directives de la santé publique», enchaîne-t-il.

Santé physique et mentale

L’entraîneur-chef avoue toutefois que, mentalement, il devient difficile de garder les joueurs toujours prêts alors qu’ils ne savent pas quand sera disputé leur prochain match. «On sort d’un camp d’entraînement long où il fallait focaliser les énergies sur la préparation mentale, la nutrition et le respect des consignes. Bien sûr, on peut encore s’entraîner, mais s’entraîner sans jouer, ça fait un temps», résume-t-il, abordant aussi la question de l’impact du sport sur la santé.

«Je ne parle pas seulement pour les joueurs de la LHJMQ, mais pour les jeunes en général. Il faut respecter les mesures sanitaires et continuer à exercer un leadership en matière de santé, mais je crois que le fait que les jeunes puissent bouger en fait aussi partie. Tout ça a un impact sur la santé physique et mentale.»

Optimiste

Beausoleil demeure cependant optimiste. «Je crois quand même qu’on pourra renouer avec la compétition assez rapidement. On voit une baisse (du nombre de cas de Covid-19) au Québec. À Rimouski, après une flambée causée par un jeune qui est allé à La Pocatière, ça semble vouloir se calmer aussi. Il faudra faire attention cependant car l’objectif n’est pas de devenir des agents de propagation du virus.»

Et quand l’Océanic pourra enfin reprendre le collier, ce sera bien sûr sans le surdoué Alexis Lafrenière, repêché par les Rangers du New York. Beausoleil aimerait cependant bien pouvoir compter sur le Tchèque Adam Raska et le Russe Alexander Lazarev, dont l’arrivée se fait attendre dans le Bas Saint-Laurent. «Bien sûr qu’on aurait aimé qu’Alexis revienne faire un tour à Rimouski en attendant la prochaine saison de la LNH. Les Rangers auraient pu emprunter cette avenue mais il ne l’ont pas fait et c’est tout à fait valable. Ils l’ont repêché et c’est à eux de décider», a-t-il affirmé.

Quant au statut de ses joueurs européens, il n’a pas voulu s’étendre sur la question même si quelques équipes, comme les Remparts de Québec et les Tigres de Victoriaville, ont déjà réussi à amener leurs joueurs internationaux dans la Belle Province. «On vit présentement une situation totalement hors-norme où tout est exacerbé...», a-t-il simplement laissé tomber en terminant.