Le gérant Patrick Scalabrini a savouré la conquête de cinq titres de la Ligue Can-Am, dont celui de 2013.

L'histoire des Capitales en 20 grands moments

L’histoire des Capitales de Québec est parsemée de victoires, de défaites; de personnages aussi importants les uns que les autres. Depuis leur naissance jusqu’à aujourd’hui, Le Soleil en a été un fidèle témoin. En marge de son 20e anniversaire, regard sur 20 moments marquants du club de la Ligue Can-Am de baseball indépendant.

1. Les années Jay Ward

Premier gérant, Jay Ward a permis à Québec d’obtenir sa crédibilité dans le baseball indépendant. Ancien instructeur des frappeurs des Yankees, l’homme arrivait avec une réputation et des principes. La fin de son règne a cependant tourné au vinaigre lorsqu’il a vilipendé certains amateurs et échangé des joueurs populaires. Il a dirigé le club à ses trois premières saisons. Il est décédé à 73 ans au Montana, en 2012.

2. Laplante avec les Expos

Avant d’être gérant et président, Michel Laplante a été un des meilleurs lanceurs des Capitales. À la première saison, en 1999, il s’impose avec une fiche de 11-2. Les Braves d’Atlanta s’intéressent à lui, mais il accepte l’offre des Expos en 2000, qui le cèdent à Ottawa (AAA) pour finalement le libérer après trois présences. «Quand on te considère comme le 12e lanceur d’un personnel qui en compte 11 et que tu en viens à te demander si le joueur de troisième-but ne lancera pas à ta place quand le pointage est de 7-0, pour l’adversaire, ce n’est pas tellement compliqué d’envisager le sort qui t’attend», avait-il imagé à son retour.

3. Olivier Lépine congédié

Un conflit de personnalités entre le gérant Jay Ward et Olivier Lépine a provoqué le congédiement du receveur québécois en 2001. Le premier critiquait le choix des lancers du second, qui n’était pas du genre à ronger son frein dans son coin. Il avait bouclé la saison avec les Pioneers d’Elmira, ce qui lui avait ensuite permis de venir frapper deux circuits dans un match… sous les yeux de Ward. Il a aussi joué un an dans les filiales des Marlins avant de revenir comme receveur régulier des Capitales, de 2003 à 2005.

4. Operation Shutdown

Septembre 2002, la colère gronde dans le vestiaire en raison du refus du propriétaire d’accorder des primes pour les séries. Le vétéran John Cotton recouvre alors le logo des Capitales d’un ruban où il est inscrit Operation Shutdown. Cotton sera rayé de l’alignement lors du match ultime, qu’il regardera de l’enclos des releveurs et les Capitales seront éliminés en cinq matchs. Il n’a jamais rejoué à Québec.

5. Jeff Harris dans les majeures

Plusieurs anciens joueurs des majeures ont porté l’uniforme des Capitales et quelques-uns ont aussi fait le chemin inverse. Le lanceur Jeff Harris a été le premier à atteindre le sommet après avoir séjourné à Québec. Détenteur d’une fiche de 9-3 en 2003, le droitier avait été retiré d’un match en cinquième manche, en juin 2004, pour apprendre que son contrat venait d’être acheté par les Mariners de Seattle. Un an plus tard, il accédait aux ligues majeures.

Eddie Lantigua reste, à ce jour, le joueur le plus populaire de l'histoire des Capitales. Sa saison 2005, où il a frappé 31 circuits et produit 112 points, sera difficile à dupliquer.

6. Joe Ferguson nommé gérant

Février 2003, les Capitales font appel à l’ancien receveur des Dodgers Joe Ferguson pour succéder à Andy McCauley. L’homme a une longue feuille de route, ses connaissances sont illimitées, mais le baseball indépendant ne semble guère lui plaire. Un joueur l’avise que son arrivée au camp sera retardée d’un jour ou deux, il lui dit de rester chez lui. Sur la route, il enfile son uniforme à l’hôtel, disparaît après les matchs, oubliant de rencontrer les médias. Darren Bush, qui est aujourd’hui l’instructeur des frappeurs des A’s d’Oakland, le remplacera en 2004.

7. Un Québécois à la barre

À la recherche d’un successeur à Darren Bush, les Capitales avaient d’abord les yeux sur Alex Agostino, mais il indique vite à Miles Wolff que le meilleur candidat est tout près de lui. En 2005, Michel Laplante devient le premier Québécois à la barre de l’équipe. Il imposera une philosophie qui perdure, où les valeurs humaines sont plus importantes que toutes les autres. Il a occupé ce poste de 2005 à 2009.

8. B45 prend son envol

Développé par un petit groupe de complices de Québec, un nouveau bâton de baseball en bouleau jaune fait son apparition en 2003. L’ancien des Expos Rondell White lui donne son baptême des majeures en 2007, avec les Twins, et le B45 prend son envol. Éric Gagné a depuis acheté la petite entreprise de Québec et la pousse plus loin.

9. Eddie! Eddie! Eddie!

Eddie Lantigua reste, à ce jour, le joueur le plus populaire de l’histoire des Capitales. Débarqué incognito en 1999, il est devenu un Québécois d’adoption et a obtenu sa citoyenneté canadienne. En 2005, il a connu une saison magique avec 31 circuits et 112 points produits. «Eddie, Eddie, Eddie», criait la foule. Son numéro 31 est le seul de l’équipe à avoir été symboliquement retiré.

10. Une grande rivalité

La rivalité entre les Capitales et le Spirit de North Shore a atteint des sommets au milieu des années 2000. Leur propriétaire Nick Lopardo n’a jamais été invité dans le bureau de Miles Wolff, le premier-but Vic Davilla ne laissait personne indifférent, le lanceur Bryan Morse y allait parfois d’un doigt d’honneur, le clan adverse jugeait souvent le calendrier trop favorable à Québec. Tout cela explique les bagarres générales entre les deux clubs! North Shore a mis fin à ses activités en 2007.

Le lanceur Karl Gélinas est le Québécois le plus prolifique de l'histoire de l'équipe. Il a récolté 75 victoires depuis 2007.

11. Le premier championnat

Les Capitales ont remporté en 2006 leur premier championnat, à leur huitième saison, à la faveur d’une victoire contre le Rox, à Brockton. Il s’agissait de la première de sept conquêtes, dont cinq d’affilée de 2009 à 2013, un exploit inédit dans la Ligue.

12. Sans point ni coup sûr

Karl Gélinas, qui en sera à sa 12e saison à Québec, détient à peu près tous les records de l’équipe chez les lanceurs. Mais l’unique match sans point ni coup sûr de l’histoire des Capitales fut l’œuvre d’Orlando Trias, en août 2008, contre le Pride de Nashua. Quelques semaines plus tôt, il avait confié à l’un de ses compatriotes du Venezuela qu’il lancerait un match sans point ni coup sûr en cours de saison.

13. L’altruisme de Scalabrini

Printemps 2009, Patrick Scalabrini est joueur-entraîneur avec les Capitales. Le receveur Pierre-Luc Laforest pourrait s’amener, mais tous les casiers de vétérans sont occupés. Dans un grand geste d’altruisme, il met sa carrière en veilleuse pour faire une place au puissant frappeur gaucher. Scalabrini reviendra au jeu dans le dernier droit après le départ volontaire d’Eddie Lantigua. Un an plus tard, il devenait le sixième gérant de l’histoire de l’équipe. Il entreprend sa neuvième saison à ce poste et compte cinq championnats à son actif.

14. Un Cy Young sur la butte

La nouvelle a l’effet d’une bombe : éclaboussé par le rapport Mitchell sur l’usage de stéroïdes dans le baseball majeur, le lanceur Éric Gagné revient au jeu… avec les Capitales. Vainqueur du trophée Cy Young dans la Ligue nationale en 2003, l’ancien releveur sera dorénavant partant. Son premier départ à Québec est difficile, il ne trouve pas le marbre. «Lâche pas Éric, on est avec toé», crie un spectateur dans un Stade municipal plein à craquer. «Ce n’est pas facile de lancer quand tu brailles», admettra-t-il après coup. En cours de saison, il lancera un match d’un coup sûr et un match complet à son dernier départ, l’avant-veille de la conquête championnat de 2009. «Game Over» portait bien son surnom. 

En 2009, les Capitales ont frappé un grand coup en attirant à Québec Éric Gagné. Sur la butte, le gagnant 2003 du trophée Cy Young dans la Ligue nationale a connu une saison modeste, mais a gardé le meilleur pour la fin, alors qu'il a lancé un match complet d'un seul coup sûr à son dernier départ avec l'équipe.

15. Vendus, repris, puis vendus

Au fil des ans, les Capitales n’ont eu que deux propriétaires, mais ils ont été vendus… trois fois! Actionnaire majoritaire de la première heure, Miles Wolff a tenu le fort jusqu’en 2010, lorsqu’il a vendu l’équipe à Jean Tremblay, dont l’homme de confiance a toujours été Michel Laplante. En 2005, il avait cédé ses parts à Genex Communication, alors propriétaire de Radio X, pour les reprendre quelques mois plus tard. Même chose en 2009, lorsque la vente à Jean-Michel Picard et Jean-Sébastien Monette avait avorté peu de temps avant l’entrée en scène de Tremblay, maintenant associé à Pierre Tremblay et Marie-Pierre Simard.

16. Le record de Jeff Duda

Jeff Duda a complètement mystifié les frappeurs adverses en 2012, bouclant la campagne avec une fiche de 15-1. Le droitier partage encore le record de la Ligue Can-Am pour le nombre de victoires en une saison. Il a conservé un impressionnant dossier de 28-2 et deux sauvetages en trois saisons à Québec.

17. Un Cubain à Québec

Le projet était à la fois audacieux et innovateur, même un peu fou : convaincre les autorités cubaines de permettre à ses joueurs de jouer en Amérique du Nord sans qu’ils n’aient à se sauver pour le faire. Une franche négociation et une simple poignée de main ont permis ce que l’on pensait impossible. À l’été 2014, Yuniesky Gurriel, fils d’un légendaire baseballeur cubain, devenait un pionnier en son genre avec les Capitales, qui alignent depuis des joueurs cubains chaque saison. Le partenariat a aussi mené à la visite de l’équipe nationale cubaine dans la Ligue Can-Am en 2016 et en 2017.

En 2014 débutait un partenariat entre les Capitales et les autorités cubaines. Depuis ce temps, quelques joueurs de l'île peuvent venir jouer en Amérique du Nord en toute liberté. Yuniesky Gurriel a été le premier Cubain à enfiler l'uniforme québécois.

18. Le fils de la Merveille

L’embauche fera jaser : Trevor Gretzky, le fils de la Merveille, jouera pour les Capitales en 2016. Grand et frêle, il s’est blessé en tout début de saison, soit le lendemain du passage au Stade de son père, Wayne Gretzky, et de sa mère, Janet Jones. Le célèbre numéro 99 avait été généreux avec les amateurs, signant une multitude d’autographes et s’adressant à la presse en fin de match. Il est aussi revenu incognito à Québec en 2017, lorsque son fils s’alignait avec les Aigles de Trois-Rivières.

19. La tragédie de 2016

Fête du Travail, septembre 2016, une tragédie secoue les Capitales. Actionnaire de l’équipe, le chansonnier Bob Bissonnette meurt dans un accident d’hélicoptère qui coûtera aussi la vie au pilote Frédérick Décoste. Le président Michel Laplante s’en tire, par miracle. Bob n’est plus là, mais les projets qu’il caressait avec ses partenaires sont bien présents. Même chose pour son âme et sa musique.

20. Une saison parfaite

Menés par la puissance de Kalian Sams, la constance de Yurisbel Gracial, la magie défensive de Yordan Mandulay, la qualité des partants, le brio de la relève, et ainsi de suite, les Capitales ont remporté le championnat 2017, balayant leurs deux séries pour conquérir leur septième titre. Tout cela sur une surface synthétique n’ayant pas dénaturé l’un des stades les plus chaleureux de la Ligue et qui permet désormais une plus grande utilisation et assure une rentabilité pour les années à venir.