Julia Mancuso a effectué la dernière descente de sa carrière sur le circuit de la Coupe du monde de ski alpin vêtue du costume de Wonder Woman et portant une cape ornée de la lettre «J», comme Julia.

L’heure des adieux pour Mancuso

CORTINA D’AMPEZZO — La skieuse américaine Julia Mancuso, championne olympique de slalom géant à Turin en 2006, a pris sa retraite vendredi, à 33 ans, après une dernière descente à Cortina d’Ampezzo, disputée sourire aux lèvres et en tenue de Wonder Woman.

Le chrono n’avait pas la moindre importance et Mancuso a très tranquillement descendu la Tofane, saluant régulièrement les spectateurs qui lui ont réservé une belle ovation.

En bas de la piste, l’Américaine, qui portait un costume de Wonder Woman et une cape ornée d’un grand «J», comme Julia, a été accueillie par une dizaine de concurrentes, dont ses compatriotes Lindsey Vonn et Mikaela Shiffrin, qui l’ont aspergée de champagne avant de lui tomber dans les bras.

«Je me suis dit que plus je m’habillais de façon folle, moins cela risquait d’être trop émouvant. Je suis vraiment heureuse d’avoir pu créer à nouveau un moment vraiment spécial ici à Cortina», a expliqué l’Américaine. Dans la matinée, elle avait annoncé sa retraite sportive dans un communiqué.

Mancuso a choisi d’annoncer sa retraite dans la station italienne où elle était montée pour la première fois de sa carrière sur un podium de Coupe du monde, grâce à une 2e place en super-G, en 2006.

«J’avais toujours pensé que Cortina serait l’endroit où je me qualifierais pour les Jeux olympiques, mais malheureusement mon corps et ma hanche n’ont pas pu suivre mon cerveau», a-t-elle ajouté.

Mancuso souffre de problèmes dégénératifs à une hanche depuis trois ans. Des soucis physiques qui pèsent sur son niveau sportif et l’ont empêchée de décrocher son sésame pour les Jeux de PyeongChang, qui se tiendront du 9 au 25 février.

Quatre médailles olympiques

«Malheureusement, je n’ai pas réussi à progresser suffisamment pour être à nouveau compétitive au plus haut niveau mondial, mais je suis fière d’avoir lutté jusqu’au bout. C’est avec le cœur gros que je dis au revoir à la compétition», a confié Mancuso dans un communiqué.

Championne olympique aux JO de Turin en 2006, la skieuse est l’Américaine la plus médaillée des Jeux d’hiver (quatre breloques), si l’on ajoute l’argent en descente et au combiné des Jeux de Vancouver en 2010, ainsi que le bronze au combiné des Jeux de Sotchi en 2014.

En Coupe du monde, elle a remporté sept courses, montant 36 fois sur le podium et participant à 398 courses.

«C’était un dur combat avec ma hanche depuis trois ans, j’ai mis tout ce que j’avais pour tenter de redevenir compétitive au plus haut niveau. Mon objectif était de participer à mes cinquièmes Jeux olympiques», explique Mancuso. Elle n’a plus gagné en Coupe du monde depuis près de six ans et son dernier podium remonte à Lake Louise en 2014, lors d’une 3e place en descente.

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VONN GAFFE, GOGGIA L'EMPORTE

L’Italienne Sofia Goggia a remporté la descente de Coupe du monde disputée chez elle à la suite d’une erreur de Lindsey Vonn. L’Américaine était nettement plus rapide que Goggia à mi-parcours, mais elle a mal atterri un saut et a dû mettre les freins pour s’assurer de négocier la porte suivante.

«La piste était vraiment bonne aujourd’hui, mais de toute évidence, la luminosité n’était pas excellente, a expliqué Vonn à propos du temps couvert. J’ai frappé une petite bosse avec mon ski et j’ai failli tomber.»

Goggia a terminé 47 centièmes de seconde devant Vonn. Il s’agit de la quatrième victoire de Goggia en carrière et sa deuxième d’affilée après avoir gagné une descente en Autriche la semaine dernière.

Mikaela Shiffrin, la meneuse au classement général de la Coupe du monde, a pris le troisième rang, à 84 centièmes, à sa première expérience en descente à Cortina. La Torontoise Candace Crawford s’est classée 38e. AP

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DOUBLÉ NORVÉGIEN À KITZBÜHEL

Aksel Lund Svindal a fait un retour triomphal sur la piste où une chute lors d’une descente a presque mis fin à sa carrière il y a deux ans.

Lors de la première épreuve du 78e Hahnenkamm, le champion olympique 2010 de super-G a guidé l’équipe norvégienne à un doublé en terminant une demi-seconde devant son compatriote Kjetil Jansrud lors de la dernière épreuve du genre au circuit de la Coupe du monde avant les JO de PyeongChang.

C’était la 16e victoire en super-G de Svindal en carrière, mais la première depuis celle à Kitzbühel en 2016, la veille avant qu’il se blesse gravement au genou droit. Il avait quitté le parcours, atterri dans le filet de sécurité de la Streif et avait ensuite été opéré pour une rupture du ligament croisé antérieur et des lésions au ménisque. Des mois plus tard, il avait déclaré que la blessure l’avait presque forcé à prendre sa retraite.

Vendredi, Svindal a dominé le super-G, qui a été retardé et déplacé sur un parcours différent plus haut dans la montagne en raison de la neige et de la pluie qui ont détérioré la piste originale plus bas pendant la nuit. «C’est vraiment quelque chose de spécial. C’était une course spéciale avec l’arrivée en haut de la montagne, a déclaré Svindal. Tout le monde était un peu nerveux, car nous ne savions pas trop à quoi nous attendre.»

Les Autrichiens Matthias Mayer et Hannes Reichelt ont pris les troisième et quatrième positions, à respectivement 0,56 et 0,57 seconde du vainqueur. Dustin Cook, de Lac-Saint-Marie, a fini au 21e rang, à 1,97 seconde de Svindal. Le meilleur résultat du Canadien cette saison est une 11e place obtenue au super-G de Lake Louise à la fin novembre.

Il s’agit de la 35e victoire en carrière de Svindal, et sa 30e dans une épreuve de vitesse. Seul l’excellent Autrichien Hermann Maier compte plus de victoires en descente et en super-G que lui, avec 39. AP